Statistiques ethniques : Ce que pensent les français des "foncés"

Publié le par Milton Dassier

Le gouvernement envisage de procéder à l'autorisation de statistiques ethniques. Une idée qui fait débat. Peut-on procéder à de telles études sous l'égide d'une république qui exècre et punit les discriminations?


Les opposants considèrent que de telles études sont en elles-mêmes une discrimination. Ce qui voudrait dire, selon eux, que si on se base sur l'appartenance ethnique pour distinguer des français les uns par rapport aux autres, alors ce serait une approche raciale qui contredit les fondements de la constitution. Des arguments juridiques au service d'une logique de débat abstrait mais, finalement, tellement éloignée des problèmes au quotidien. D'autant que la république discrimine jusque dans le choix de ses ministères.


-Discrimination géographique: ministère des DOM-TOM

-Discrimination sur les origines: ministère de l'immigration et de l'identité nationale


Parmi les opposants à ce mode d'étude : des associations anti-racistes comme SOS-Racisme et une association communautaire comme l'UEJF. Elles ont commandé conjointement un sondage à l'institut CSA que Le Parisien publie ce matin.

Une des questions posées aux sondés est un modèle de contre-information provoquée:


"Croyez-vous à l'efficacité des statistiques ethniques?"


La réponse est "non" à 55¨% avec des disparités en fonction du niveau d'études : on est de plus en plus contre si on est au-dessus de bac +2, de plus en plus pour en-dessous du bac"


Avec un certain sens de l'à propos, on pourrait dire que ceux qui ont eu la chance de faire des études voient d'un mauvais oeil, une remise en cause de leur position enviée. Peut-être ne méritent-ils pas tant que cela leur réussite,  puisque certains "compétiteurs" n'ont pas pu accèder à la ligne de départ?


J'ironise sûrement.


Par contre, 40% des personnes interrogées disent faire confiance aux associations devant les enseignants (20%) et les hommes politiques (7%). Là, les dirigeants des associations commanditaires du sondage sentent leur bon et grand coeur battre un peu plus vite..


Pourtant, les statistiques ethniques ne seraient pas envisagées comme un comptage des gens en fonction de la couleur de la peau, de leur religion ou de leurs origines. Pas de dénombrement façon troupeau qu'on mène à l'abattoir, donc.


L'idée, serait de demander aux gens s'ils estiment faire partie d'un groupe, d'une communauté ce qui représenterait une importance à leurs yeux ou qui entraînerait, selon eux, un regard spécifique de l'autre, voire le sentiment de subir des discriminations.


Pas méchant en fait, sans danger. Enfin, sans danger, ça dépend pour qui!


Cela officialiserait ce que beaucoup savent déjà : les personnes qui sentent un regard spécifique, négatif, de la part de l'autre, à cause de leur couleur de peau, de leur religion, de leur origine, révèleraient ainsi leur nombre très important. De quoi faire peur aux électeurs et aux hommes politiques qui n'ont rien fait, rien dit, laissé pourrir, laissé mourir...


Une société privée (Solis) soucieuse de réajuster ses données marketing avait réalisé une étude sur la diversité. On les comprend. Si la pub ne s'adresse pas aussi aux français de la diversité, c'est autant de ventes perdues pour ses annonceurs.

Lire les résultats sur Afrik.com

Résultats qui surprendront ceux qui ne prennent jamais le métro pour aller travailler au ministère ou au parlement.

9% de la population française hexagonale est originaire d'Afrique, de Turquie et des DOM-TOM, soit 5,5 millions de personnes. Elle ne prend pas en compte d'autres origines, ni les personnes au delà de la première génération née sur le sol français. C'est donc la partie basse d'une fourchette qui pourrait atteindre 8 millions de personnes.


Si ça devenait des chiffres officiels, j'en connais que ça ferait flipper!

 

Et puis, par un étrange effet miroir, cela mettrait en évidence l'image de la société française. Car, affirmer qu'on se sent noir, métis, arabe, musulman, turc, juif, rom, gitan, plus que  français tout simplement, c'est démontrer l'échec des politiques d"intégration, d'égalité des chances, le niveau de racisme d'une partie de la population et de ses élites.
Et, de surcroit, c'est recadrer le problème du racisme non pas en termes d'hostilité et de rejet imbécile mais de relation dominant-dominé, supérieur-inférieur, colon-indigène, maître-domestique, béké-esclave ...


Le sondage parle aussi des mentalités. En effet, il révèle un terrible paradoxe :

- 96% des Français considèrent qu'il est grave de tenir des propos reflétant des préjugés ethno-raciaux et
- 82% des sondés pensent qu'il faut des mesures pour favoriser la mixité et lutter contre le racisme mais, car il y a toujours un mais...

48% trouvent que les étrangers savent mieux profiter du système de protection sociale,
- 38% que les Juifs ont plus d'influence que les autres dans la finance et les médias,
- 24% que les noirs sont plus forts physiquement et
- 12% que les arabes sont plus voleurs.


 Hegel écrivait il y a fort longtemps :"


Le Blanc est un maître qui a permis à ses esclaves de manger à sa table".


Magnifique phrase car elle parle beaucoup en très peu de mots...


Ainsi, le blanc s'imagine lavé de toute faute et si ses nouveaux convives s'en plaignent, il dira qu'ils sont forcément des foncés du bulbe, que ce sont des ingrats ou des racistes...

Publié dans racisme et xénophobie

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Manu 15/03/2009 21:18

Vaste question... To be or not to be...

Mixite culturelle, sociale, religieuse, professionnelle, parité... Personne n'en veut...

Je me souviens d'une rencontre professionnelle dont l'objet portait sur la question de l'emploi des jeunes.
Plus particulièrement il était question de trouver des leviers pour la promotion des "jeunes diplômés" issus des quartiers dits populaires. A cette rencontre siègeaient - sur "commande du Préfét" (guéguerre UMP/PS) - La Chambre de Commerce, Le MEDEf local, Les Services publics de l'Emploi + des acteurs associatifs locaux accompagnés de plus d'une centaine d'habitants concernés par ces problématiques (de bac + 2 à "double doctorat dans des filères pourtant porteuses).

"Ces jeunes diplômés" firent collégialement état de leurs parcours, révélant plus que jamais la réalité sociale de notre pays : discriminations dans l'accès aux stages et à l'embauche, représentations et racismes en tout genre, réseaux cloisonnés, assignations et relégations montrant les limites des politiques d'accueil, d'intégration ou plutôt d'"assimilation"...

Face à cette richesse non reconnue, la question des quotas fut posée comme une des hypothèses possibles... Elle horifia les "pontes", en choqua plus d'un... On leur dit que c'était la même chose pour les salariés handicapés, ou les femmes... Voire pour les gens du sud de la France montés à Paris il y a 20 ans!!! On nous parla du Jazz qui vait mis 50 ans à être reconnu!!!

On leur parla du "fameux contrat d'autonomie", de "mon cul sur la commode en somme... Enfin cela ressemblait à un vrai mail type (de refus...)... Excusez moi de vous demander pardon semblaient dire la majorité des "jeunes", un 1/3 d'entre eux étaient plus offensifs et nommaient les faits tels que l'exprimait Hegel... Les réunions se suivent encore sur ce sujet... La suite au prochain épisode...

Le combat continue, il s'agit de poser vraiment les questions "qui fachent" et la réalité. Il existe de vrais problèmes de reconnaissance réciproque et de transmission des pouvoirs pour la jeunesse de France surtout si elle réside sur un espace de vie "mal aimé"...

Ce n'est pas un questionnaire de plus ou de moins qui changera les choses... Il faut assigner les décideurs devant leurs responsabilités...

Kenavo.

Milton Dassier 16/03/2009 01:12


C'est ce qui est drôle, c'est que les meilleurs diplomés des minorités trouveront parfois du boulot en GB ou en Europe. Ils pourront dire ainsi tous en coeur: "merci la
France pour cette formation de haut-niveau pas trop chère et qui profite à d'autres!"