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anticolonialisme

Mardi 17 novembre 2009 2 17 11 2009 00:20

Le débat sur l’identité nationale voulu par Eric Besson et Nicolas Sarkozy risque de se retourner contre ses initiateurs. Avec cinq millions de musulmans, 2 millions d’originaires de l'outre-mer et 500.000 français d’origine africaine, comment ne pas voir que la nation française n’est plus ce qu’elle était démographiquement alors que tout laisse penser le contraire quand on examine le pedigree de son élite politique et économique.

 

Comme par hasard, cette proposition de débat survient après quelques dérapages à peine contrôlés non pas de Dieudonné ou de Jean-Marie Le Pen mais de ministres ou leaders de la droite dite républicaine, d’intellectuels proches de conceptions européocentristes. Car l’européocentrisme cache un racialisme d’une nouvelle mouture qui trouve sa source dans celui issu de la colonisation.

 

Si on fait une rétrospective des déclarations à contenu raciste de ces dernières années, on s’apercevra que leur nombre ne fait que s’accroître malgré les excuses et autres regrets de leurs auteurs : Alain Finkielkraut, Georges Frêche, Philippe de Villiers, Brice Hortefeux, Eric Zemour, Philippe Val, Nicolas Sarkozy et tout dernièrement Eric Raoult pour ne citer que les plus emblématiques.

 

Ce qui réunit toutes ces personnes, c’est la défense d’un européocentrisme qui fait de la société et de la culture européenne la référence à l’échelle du monde.

L’Europe est une addition de nationalismes tempérés par la conscience aiguisée de ses intellectuels que sa culture rayonne sur le monde en particulier grâce à son histoire partagée lors des colonisations et des migrations massives vers les continents américains et l’Australie.

 

Les langues européennes des pays colonisateurs sont les plus parlées en dehors de leurs frontières d’origine. Or la langue parlée et écrite est à la base de tout média. Chaque langue détermine une zone d’influence internationale.

 

Des intellectuels et des politiciens européens voient leur aire d’influence menacée par ce qu’ils appellent eux-mêmes la mondialisation. Les échanges concernent tout autant les biens et les marchandises, que les informations. Et ainsi, l’on apprend que ce qui était présenté comme une vérité intangible n’est pas vu ainsi dans un autre pays ou un autre continent.

La glorieuse histoire de l’Europe, à travers ses conquêtes, ses apports de civilisation, ses progrès technologiques offerts au monde, revient au visage des européens sous sa forme obscure de massacres, d’asservissements, de déportations, de commerce d’armes, de trafics.

 

Toute individu peut penser que l’autre constitue un miroir qui lui renvoie un écho de ses paroles, une image de lui-même. Si l’écho et l’image ne correspondent pas à l’idée que l’individu a de lui-même alors, ne sachant plus vraiment qui il est, son équilibre identitaire est rompu. La réaction peut être alors de rendre le miroir responsable car trop déformant.

 

Il en va ainsi des relations entre cultures, des rapports entre civilisations comme des individus.

La dictature de l’image nourrit forcément des frustrations car chaque individu est un miroir pour tous les autres. Tout dépend du poids donné à l’image et à son miroir.

L’Europe et sa filiation occidentale se sentent menacées et cela est proportionnel à sa vanité. D’où ce besoin pour certains de fixer l’identité de leur nation à des valeurs, des clichés issus d’une histoire écrite sur mesure.

 

Quand Nicolas Sarkozy dit que la France en a assez de s’excuser et propose un débat sur l’identité nationale, il appelle les français les plus motivés à se regarder dans le miroir de leurs propres yeux et ainsi, nier le regard de l’autre.

 

D’ici quelques décennies, si elle contiue ainsi, le rayonnement de l’Europe sera à l’échelle de ce qu’elle est en réalité : un petit continent composé de moyens et petits pays qu’on admire pour leur histoire tumultueuse, leur art de vivre et la grandeur passée de leur culture.

En paraphrasant Hegel, on pourrait dire que l’Europe, et d’une certaine manière l’occident, aimerait continuer le jeu du maître qui invite ses anciens esclaves à sa table en pensant faire œuvre de grande humanité. N’est-ce pas l’esprit qui préside aux réunions internationales d’aujourd’hui?  C’est inscrit dans la mentalité des politiciens et intellectuels bien pensants de la droite européenne.

 

Frantz Fanon ne disait-il pas :

 

« Cette Europe qui jamais ne cessa de parler de l’homme, jamais de proclamer qu’elle n’était inquiète que de l’homme, nous savons aujourd’hui de quelles souffrances l’humanité a payé chacune des victoires de son esprit. »

 

Et malgré la misère et le mal vivre, beaucoup ont compris que la France et l’Europe, telles qu’elles sont aujourd’hui,  ne sont plus ces phares qui prétendaient éclairer le monde. Une Europe de moins en moins sûre d’elle-même. Une Europe qui a mal à son identité…

 

Ce que l’Europe craint c’est à la fois ce monde extérieur qui s’émancipe et une partie de sa population qu’elle traite comme des sous-citoyens, des indigènes. Qu’on se rende compte du prix du sang versé par les citoyens de l’outre-mer français à travers une dizaine de guerres petites et grandes sans que cela change grand-chose à la vision qu’en ont la plupart des élites dirigeantes françaises! Le fils du postier martiniquais dont les aïeux ont combattu à Verdun, à Monte-Cassino ou en Indochine se sent toujours un citoyen toléré quand il subit un contrôle de police.

 

Quand Eric Raoult explique que Marie Ndiaye critique trop durement la France et que même Yannick Noah et Lilian Thuram n’ont pas été aussi loin,  non seulement on sent pointer une belle once de racisme banania dans sa pensée mais il donne totalement raison à Frantz Fanon quand il disait :

 

« La première chose que l’indigène apprend, c’est à rester à sa place, à ne pas dépasser les limites. C’est pourquoi les rêves de l’indigène sont des rêves musculaires, des rêves d’action, des rêves agressifs. Je rêve que je saute, que je nage, que je cours, que je grimpe. Je rêve que j’éclate de rire, que je franchis le fleuve d’une enjambée, que je suis poursuivi par des meutes de voitures qui ne me rattrapent jamais. Pendant la colonisation, le colonisé n’arrête pas de se libérer entre neuf heures du soir et six heures du matin.  »

 

Des jeunes dans les cités ne font que reproduire ce qu’ils ont appris de la société française qui les a parqués dans des ghettos. Leurs parents ont joué le jeu de l’insertion sociale en travaillant, en donnant de la vie à ces quartiers et, surtout, en restant à leur place. Ces enfants n’ont vu que ce que la société leur a montré par  télévision et police interposées : société spectacle, argent facile, sexe, violence, école ringardisée, sport survalorisé, suspicion, stigmatisation.

 

La grande peur des grands sorciers de la rue du Faubourg St-Honoré est bien celle que décrivait Frantz Fanon, celle où les indigènes, décidant d’être leur histoire en actes, s’engouffrent dans les villes interdites…

 

L'urgence de ces chamams de l'identité nationale : pacifier la jungle avant que la savane ne s’embrase…

 

Par Milton Dassier - Publié dans : anticolonialisme - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Lundi 31 août 2009 1 31 08 2009 23:43

Lisez le texte ci-dessous. Il a été écrit par un pacifiste israélien, Neve Gordon, universitaire à Neguev. Il appelle au boycotte des produits de son pays car, selon lui, seules les pressions extérieures pourront forcer la main du gouvernement israélien et le conduire à accepter une solution équitable à deux états. Il a rejoint sans ambigüité le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lancé à Bilbao en 2008.

 

Pour avoir publié ce texte, Neve Gordon subit vexations et mises à l’écart.

Sa situation est partagée par un nombre de plus en plus important d’intellectuels israéliens qui ont compris que leur pays menaçait son existence de par sa politique d’apartheid, de militarisations de la société, d’hystérie patriotique sioniste.

Ces atteintes de plus en plus nombreuses à la liberté d’opinion signifient tout simplement que  la démocratie n’est plus l’une des vertus d’Israël.

 

On attend que les intellectuels de gauche bien en cour du Cercle Léon Blum et du Cercle de l’Oratoire dénoncent ces atteintes et la situation d'apartheid des palestiniens.

 

Voici le texte de Neve Gordon :

 

Boycottez Israël

 

Cet été, les journaux israéliens sont pleins d’articles coléreux sur la montée d’un boycott international d’Israël. Des films ont été retirés de festivals israéliens du film, Leonard Cohen est sous un feu mondial contre sa décision de jouer à Tel Aviv, et Oxfam a rompu les liens avec une porte-parole célèbre, une actrice Britannique qui fait aussi l’article pour des cosmétiques produits dans les territoires occupés. Clairement, la campagne pour utiliser les tactiques qui ont aidé à abolir la pratique de l’Apartheid en Afrique du Sud attire beaucoup de gens dans le monde.

Sans surprise, beaucoup d’Israéliens – même des pacifistes – n’y adhèrent pas. Un boycott international ne peut s’empêcher de porter des échos d’antisémitisme. Il pose aussi des questions sur un double standard (pourquoi ne pas boycotter la Chine pour ses violations évidentes des droits de l’homme ?) et sur l’attitude apparemment contradictoire d’approuver un boycott de sa propre nation.

Il n’est effectivement pas facile pour moi, comme citoyen israélien, d’appeler les gouvernements étrangers, les autorités régionales, les mouvements sociaux internationaux, les organisations croyantes, les syndicats et les citoyens à suspendre la coopération avec Israël. Mais à présent, alors que je regarde mes deux garçons jouer dans la cour, je suis convaincu que c’est le seul moyen de sauver Israël de lui-même.

Je dis ceci parce qu’Israël a atteint un carrefour historique, et les temps de crise appellent des mesures extraordinaires. Je dis ceci en tant que Juif qui a choisi d’élever ses enfants en Israël, qui a été un membre du camp de la paix israélien pendant près de 30 ans et qui est très angoissé sur le futur du pays.

Etat d’Apartheid, c’est la façon la plus juste de décrire Israël aujourd’hui. Pendant plus de 42 ans, Israël a contrôlé le sol de la vallée du Jourdain à la Méditerranée. Dans cette région habitent environ 6 millions de Juifs et près de 5 millions de Palestiniens. De cela, 3,5 millions de Palestiniens et près d’un-demi million de Juifs vivent dans les zones occupées par Israël en 1967, et alors que ces deux groupes vivent dans la même région, ils sont pourtant soumis à deux systèmes légaux totalement différents. Les Palestiniens sont sans Etat et dépourvus des droits humains les plus élémentaires. Contraste aigu, tous les Juifs – qu’ils vivent dans les territoires occupés ou en Israël – sont des citoyens de l’Etat d’Israël.

La question qui me tient éveillé la nuit, comme parent et comme citoyen, est comment assurer que mes deux enfants et les enfants de mes voisins Palestiniens ne grandissent pas dans un régime d’Apartheid.

Il n’y a que deux manières morales d’y parvenir.

La première est la solution par un Etat : offrir la citoyenneté à tous les Palestiniens et établir ainsi une démocratie binationale dans toute la région contrôlée par Israël. Vue la démographie, ceci reviendrait au décès d’Israël comme Etat juif ; pour la plupart des Israéliens, c’est l’anathème.

La deuxième façon de finir notre Apartheid est par la solution par deux Etats, qui implique le retrait d’Israël sur ses frontières d’avant 1967 (avec des échanges de terres 1 pour 1 possibles), la division de Jérusalem, et une reconnaissance du droit palestinien au retour à la condition que seul un nombre limité des 4,5 millions de réfugiés Palestiniens seraient admis en Israël, alors que le reste pourrait revenir dans le nouvel Etat palestinien.

Géographiquement, la solution par un Etat semble bien plus faisable parce que les Juifs et les Palestiniens sont déjà complètement emmêlés ; en vérité, « sur le terrain », la solution par un Etat (sous sa version d’Apartheid) est une réalité.

Idéologiquement, la solution par deux Etats est plus réaliste parce que moins de 1% des Juifs, et une minorité des Palestiniens, soutiennent le binationalisme.

Actuellement, malgré les difficultés concrètes, il est plus sensé de toucher aux réalités géographiques aux réalités idéologiques. Si dans le futur les deux peuples décident de partager un Etat, ils peuvent le faire, mais actuellement ce n’est pas une chose qu’ils veulent.

Alors, si la solution par deux Etats est le moyen de stopper l’Etat d’Apartheid, comment peut-on y parvenir ?

Je suis convaincu que les pressions extérieures sont la seule réponse. Au cours des trois dernières décennies, le nombre des colons Juifs des territoires occupés a terriblement augmenté. Le mythe du Jérusalem unifié a conduit à la création d’une ville d’Apartheid où les Palestiniens ne sont pas citoyens et manquent des services de base. Le camp de la paix israélien s’est réduit progressivement si bien qu’à présent il est presque inexistant, et la politique israélienne va de plus en plus vers l’extrême droite.

Pour moi, il est clair par conséquent que le seul moyen de contrer la tendance vers l’Apartheid est par une pression internationale massive. Les mots et les condamnations de l’administration Obama et de l’Union Européenne n’ont donné aucun résultat, pas même un gel de la colonisation, sans parler d’une décision de se retirer des territoires occupés.

Par conséquent j‘ai décidé de soutenir le mouvement Boycott, Désinvestissements Sanctions lancé par des militants Palestiniens en juillet 2005, et qui a rassemblé depuis un large soutien autour du monde. L’objectif est de garantir qu’Israël respecte ses obligations sous la loi internationale et que les Palestiniens reçoivent le droit à l’auto-détermination.

A Bilbao (Espagne) en 2008, une coalition d’organisations du monde entier a formulé la Campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions en 10 points
destinée à faire pression sur Israël d’une façon « graduelle et à long terme, adaptée au contexte et aux moyens ». Par exemple, l’effort commence par les sanctions sur, et le désinvestissement, des firmes israéliennes qui opèrent dans les territoires occupés, suivies par des actions contre ceux qui aident à maintenir et à renforcer visiblement l’occupation. Sur des voies parallèles, les artistes venant en Israël pour attirer l’attention sur l’occupation sont bienvenus, ceux qui ne veulent que se montrer ne le sont pas.

Rien d’autre n’a marché. Mettre une pression internationale massive sur Israël, c’est le seul moyen de garantir que la prochaine génération d’Israéliens et de Palestiniens – mes deux fils parmi eux – ne grandissent pas dans un régime d’Apartheid.


Neve Gordon a publié « Israel's Occupation” et enseigne la politique à l’Université Ben Gourion du Neguev (Naqab) à Beersheba (Bir As-Sab), Israël.
Un Israélien arrive à la conclusion douloureuse que c’est le seul moyen de sauver son pays.
Par Neve Gordon
Editorial d’opinion- Los Angeles Times
20 août 2009

 

 

Par Milton Dassier - Publié dans : anticolonialisme - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Samedi 27 juin 2009 6 27 06 2009 19:22

Cliquez sur l'image ci-contre et lisez attentivement. Ce sont les mots pleins de gratitude du Général de Gaulle aux antillais pour s'être libérés tous seuls, sans aide extérieure du pétainisme et du nazisme en juin 1943. Un soulèvement populaire 12 mois avant le débarquement en Normandie qui en dit long sur le patriotisme de ces populations.

C’est drôle le manque d’imagination et de mémoire de certains français ! C'est fou comment une partie des citoyens d'un pays devient xénophobe vis-à-vis de certains de ses compatriotes les plus patriotes. Un comble!

Quand on évoque une autonomie possible pour les Antilles, ils voient indépendance et tous les clichés coloniaux et européocentristes ressurgissent dans un salmigondis de réactions narcissiques. Un narcissisme national rempli de petitesse et d'étroitesse d'esprit. La lecture de la plupart des commentaires sur la question confirme donc que la France est un pays vieillissant, sur le déclin.

 

Dans l’Express, on a droit à :

 

jeanaimarre - 27/06/2009 08:54:07

Et oui, vous, vous voulez rester français ! Mais avez vous pensé que nous français, nous serions très heureux que vous soyez indépendants, et que vous appreniez à gérer, vous nourrir, et à vivre sans notre pognon.... . Un référendum en guadeloupe, ok, mais je veux le même en france.

 

Là, on a un racisme franchouillard déguisé sous une argumentation économique : "NOTRE pognon". Apparemment, pour ces gens, « le pognon » des antillais a été escroqué aux français, ce qui fait des antillais des profiteurs… Notez aussi le côté papa qui parle à ses gosses, le ton injonctif et la confusion entre Guadeloupe et Martinique!

 

Dans le Figaro, les lecteurs font pareil mais, en plus émotif pour certains : « c’est un beau gachis, l’île était pourtant belle ! » .
J’aime le « était belle », les antillais avec moins de France ne feraient que la salir, si on comprend bien. Les commentaires colonialistes restent très nombreux, majoritaires même.

« Fainéants », « assistés », sont les qualificatifs qui reviennent le plus. Certains vont jusqu'à exprimer leur peur que, face à un échec inéluctable de l’autonomie, les antillais appauvris ne débarquent en masse en France venant grossir le flot des immigrés.

 

Il y a aussi ceux qui sont venus aux Antilles en touristes, ont eu un problème d’accueil et assimilent tous les antillais à celui qui s’est mal comporté avec eux. Là aussi, nombrilisme dominateur et arrogant qui voit sans doute les antillais en larbins, en -nés pour servir et sourire- !

 

L’autodétermination des peuples pourtant prévue dans la constitution et garantie par l’ONU est également occultée avec des commentaires style : « oui à un référendum mais qu’on consulte aussi les français. Pas de deux poids, deux mesures !» 

 

Sur Libération, d’autres s’imaginent que l’idée vient de Sarkozy lui-même qui voudrait en faire un plébiscite pour sa politique. Les pauvres sont fort mal documentés et oublient que l’idée vient d’une majorité d’élus martiniquais. Seule une personne semble voir que Sarkozy s’est senti contraint d’annoncer lui-même cette initiative à cause de la grogne aux Antilles, histoire de garder la main.

 

Bref, des gens qui n’ont qu’une vision très étriquée des relations géopolitiques et de la géographie de leur propre nation.

Pratiquement pas un pour se rappeler que de nombreuses formules sont possibles : la large autonomie de la Polynésie Française, le statut d’état américain d’Hawaï si autonome qu’il peut légiférer comme n’importe quel état américain, le statut d’états associés de Porto Rico ou des Antilles néerlandaises.

Des gens qui confondent autonomie, indépendance et souveraineté.

 

Des gens qui ne remettent pas en cause une seconde, la politique de LEUR pays, la France. Au moins Sarkozy, dans ses discours le fait. Il a au moins cette honnêteté. Car aux Antilles, c’est la France qui est en échec et non les seuls antillais.

A lire les commentaires de certains comme plus haut et leurs non dits, c’est un échec qui touche toute la France par le peu de cas dont certains des citoyens de son élite se font de l’intégration de leurs concitoyens d’origine antillaise mais aussi maghrébine ou africaine.
Un échec dont
Le Monde se fait l’écho dans un article bien documenté. Mais, malgré les efforts de la presse,  beaucoup de français sont comme certains amnésiques, inconscients de leur maladie qui échafaudent des théories erronées à partir de souvenirs éparpillés et non datés, juste pour avoir l'illusion de la cohérence.

Cohérence? La France perd tout son attrait pour les jeunes diplômés français au teint basané. Une France qui forme ces jeunes bac +3, bac +5, bac +7 mais ne sait pas les retenir à cause des discriminations, de la méfiance, des sourires qui en disent long, des regards par en-dessous ou des yeux qui toisent.

15.000 de ces jeunes surdiplômés obligés de s’exiler ont trouvé des situations, des carrières à hauts salaires au Canada et aux USA.

 

15.000 ? C’est énorme et leur constat est loin d’être flatteur.

Extrait :

 

Que d'amertume chez ces jeunes Français de la diversité, qui nous disent être partis dans le " ras-le-bol ", le " rejet ". Le " dégoût ", même, de leur pays ! Ils " étouffaient ", ont fui les discriminations au travail et dans la vie de tous les jours, tous ces " stéréotypes " qui leur collaient à la peau, un sentiment désagréable de passer pour " responsables de tous les maux de la société ", voire les " boucs émissaires de Sarkozy "

D’autres parlent des quatre contrôles de police par jour qu’ils devaient subir aux abords de leur quartier et qui n’ont pas lieu au Canada.

 

Le Canada mais aussi la Grande-Bretagne et les USA disent merci aux français d’avoir investi à perte sur la formation de ces jeunes.. Merci à ces français assez stupides pour avoir payé par leurs impôts la formation de tels talents avant de les avoir laissé partir pour servir d'autres pays qui ont eu, eux, l'élégance de bien les accueillir.

 

Aux Antilles, pour beaucoup d’antillais, le problème est avant tout celui de la citoyenneté, du sentiment de faire partie d’une communauté nationale. Or, les droits ne sont pas tout. Et les devoirs ont été remplis autant que n’importe quel français. Que manque-t-il alors pour que d’un côté, les antillais se sentent pleinement français n’importe où en France, et pour que les français soient capables, sans arrogance et sans méfiance, de les reconnaître pleinement français malgré leur différence ?

 

La fierté de soi passe par la dignité aux yeux des autres.

Par Milton Dassier - Publié dans : anticolonialisme - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 06 2009 20:53

Sarkozy a prouvé une nouvelle fois qu’il est bien plus fin qu’il veut le faire croire.

Avec son idée de référendum sur l’avenir institutionnel de la Martinique, il a pris de court pas mal de monde.

Il propose que les martiniquais réfléchissent sur la possibilité d’un statut élastique à autonomie variable en rappelant que St Pierre et Miquelon est un TOM dans une autonomie proche d’un DOM et que la Polynésie est un TOM à l’autonomie proche d’un pays indépendant.

Les martiniquais n’auraient donc qu’à proposer un statut à la carte, même un statut évolutif serait possible.

Il a rappelé aussi que, de toutes façons, le statut quo actuel ne permet plus d’avancer. La preuve : les grèves insurrectionnelles de l’hiver. De quoi faire grimacer certaines personnalités UMP locales ou nationales.

On a compris donc qu’en prenant la gauche autonomiste martiniquaise au mot et la droite à contre-pied, Sarkozy envisage en fait un désengagement de l’état. Finalement, on pourrait presque dire qu’il est prêt à laisser aux antillais la prise en main de leur destin tout en gardant la main mise sur les Antilles. Car on peut conclure que ce qui est important pour la France de Sarkozy, c’est de garder les Antilles, pas les antillais.

 

Ce sera donc aux élus martiniquais d’être pointilleux dans leurs prises de décision. En fait, une partie d’échecs débute avec sa guerre élégante et ses gambits qu’il faudra savoir négocier.

Ils auront toujours à se rappeler qu’aux échecs, on a toujours un coup d’avance sur son adversaire, pas plus.

 

Bref, il faudra la jouer fine.

 

La nomination de Marie-Luce Penchard, la fille de Lucette Michaux-Chevry, comme ministre de l’outre-mer est un signe de reprise en main pour la Guadeloupe où les élus sont dans les choux et le patronat à nouveau chouchouté.

La situation est différente entre les deux îles.

Par leur inaction lors de la grève menée parle LKP, les élus de Guadeloupe ont perdu une bonne part de leur crédibilité.

En la Martinique, les élus ont eu l’intelligence de se poser en arbitres bienveillants du mouvement insurrectionnel. C'est du moins l'image qui ressort.

 

Deux de ces élus se sont mis particulièrement en avant : Alfred Marie-Jeanne l'ancien, leader indépendantiste et président du conseil régional; Serge Letchimy, le jeune député-maire de Fort de France, et héritier politique d’Aimé Césaire.

 

Par leur action tant auprès du préfet que du collectif du 5 février, ils ont permis que le mouvement insurrectionnel ne dérape pas dans la violence quand, par exemple, Serge Letchimy s’était interposé entre gendarmes, manifestants pro-békés et sympathisants du collectif des quartiers populaires de Fort de France, prêts à en découdre.

 

Des élus qui ont un chantier immense car, ils vont devoir décider du statut institutionnel de l’île en fonction d’un projet de développement, voire d’un projet de société. Ils vont devoir examiner plein de questions : l’énergie, la fiscalité, la gouvernance administrative, les besoins sanitaires, les relations extérieures, les relations avec l’UE, l’emploi, la formation, l’éducation, les acquis sociaux, l’agriculture, la pêche, l’environnement, les technologies.
Par exemple, comment favoriser l’investissement privé étranger dans des secteurs respectueux de l’environnement tout en préservant les acquis sociaux malgré la concurrence des autres pays de la Caraïbe ? Quelles secteurs économiques porteurs développer.

 

Et tout ça, avec des dilemmes compliqués. 

 

Un exemple parmi d’autres à propos de l’énergie: Avoir le statut de TOM très autonome permettra certainement à la Martinique de siéger au Caricom et de rejoindre le groupe PetroCaribe mis en place par Hugo Chavez, qui permet d’importer du pétrole du Vénézuela à des prix inférieurs au marché. Cela fera baisser les prix des carburants de façon significative.

 

Mais ce statut de TOM aboutira peut-être aussi, à la fin de l’alignement du prix de l’électricité sur la métropole et donc, à une augmentation du prix de l’électricité.

D’où le recours aux énergies renouvelables et une politique pour les développer.

 

Le défi est énorme.

 

Par Milton Dassier - Publié dans : anticolonialisme - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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