Les incohérences de la Ligue Arabe
Très contradictoire, l’attitude de la Ligue Arabe. En deux jours, elle a pris deux résolutions qui en disent long sur sa façon d’envisager le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et les droits de l’homme.
La première est liée au président du Soudan accusé de crime contre l’humanité au Darfour. La Ligue Arabe lui assure son soutien. Au nom de quoi ? D’une forme d’anticolonialisme qui refuse la juridiction internationale chargée de le poursuivre et de le juger. Oui, ce sont toujours les petits pays qui subissent la loi des gros. Cela ne doit pas servir de prétexte pour agir comme on veut avec les peuples. La ligue Arabe aurait pu transiger en réclamant la même juridiction au président américain pour la guerre en Irak et ses autres exactions tout en n’accueillant pas le président soudanais ou en le condamnant.
La seconde est liée au référendum à Mayotte sur la départementalisation. Un référendum où le « oui » a remporté une large victoire. La Ligue Arabe estime qu’il faut rendre la souveraineté de Mayotte à l’archipel des Comores malgré le suffrage universel, donc contre la volonté de son peuple.
Finalement, la Ligue Arabe est un club de chefs d’état qui ne représentent pas vraiment leur peuple mais eux-mêmes. Certains ont du sang sur les mains et se sentent aux aguets. C’est la seule cohérence qu’on peut lui trouver. En tous cas, cela n’est pas brillant et son action ne peut pas servir de contre poids anticolonialiste légitime à la politique orientale et arabe des pays occidentaux.