Sarkozy : quand courir ne suffit plus !
Sarkozy a-t-il compris qu’il est sur une corde raide ? Un endroit peu propice aux joggings matinaux ! A l’entendre ces derniers temps, oui !
On ne compte plus les revirements que le président de la république s’impose. Prise de position sur l’interpellation musclée et humiliante de l’ancien patron de Libé, désaveu de la ministre de la justice qui ne faisait, pourtant, que reprendre une des propositions du candidat Sarkozy aux élections. Remise en cause des méthodes policières et économiques. Il semblerait que le vent fasse tourner la girouette. Oui, le vent de la contestation est encore une brise mais son souffle est perceptible. Les actions de vandalisme par des anars contre la SNCF, le blocage de la Guyane par la population, les émeutes en Grèce, un début de grogne dans certains lycées et établissements universitaires, le corps enseignant déboussolé et les nombreuses annonces de licenciement constituent un cocktail explosif, d’autant plus dangereux pour le pouvoir que rien ne se passe pour l’instant.
photo BBC
Eh oui ! La France se réveille au bord du gouffre économique alors qu’elle pensait que son problème numéro un était l’insécurité et l’immigration clandestine.
Pas de chance, les promesses ont été tenues en la matière mais au prix de drames humains qui font de la France un bien petit pays que la Chine n’hésite pas à menacer et humilier juste pour une rencontre avec le Dalaï-Lama.
Toute l’idéologie de Sarkozy a volé en éclat avec le déclin américain et la crise mondiale. Sarkozy a embrassé les USA à contre temps de l’histoire. Il a fait allégeance à George Bush au moment où celui-ci tentait de masquer la déconfiture de sa politique dans tous les domaines.
En politique, on ne traverse pas l’Atlantique pour venir s’agenouiller aux pieds d’un has-been !
Les problèmes de la France sont comme ceux d’avant finalement, en pire même ! Rappelez-vous la célèbre « fracture sociale » citée par Chirac en 1995. Amélioration sous Jospin grâce à une forte croissance mondiale puis rebelote.
L’économie va encore plus mal, c’est indéniable. Le pays voit remonter son taux de chômage pourtant si habilement manipulé par des critères d’exclusion statistique.
Avant, on mesurait la santé de la France et des français en partie grâce au taux de chômage car personne n’imaginait que le dénuement et la précarité pouvait toucher les travailleurs. Mais, là, on a dévalorisé le travail pour baisser les coûts de production et obéir aux lois du marché.
Quelle dignité y a-t-il à travailler au SMIC et à dormir dans un mobil-home ou sa voiture ?
Quelle fierté y a-t-il à travailler, élever ses enfants et se rendre, chaque soir, le cœur honteux, aux restos du cœur ?
Sarkozy avait misé sur une reprise de l’emploi à la fois par les départs à la retraite et une croissance mondiale en plein essor. L’emploi devait reprendre, le sentiment d’insécurité diminuer, l’immigration se réduire et, ainsi, il devenait possible de revenir sur les lois sociales. Le résultat n’est pas flatteur : la vie est plus dure ! Plus dure pour les plus vulnérables : les familles monoparentales dont le parent est au chômage, les personnes âgées, les mal logés, les SDF, les roms, les citoyens issus de l’immigration, les étudiants, les intérimaires, les petits travailleurs. Et le mal atteint les classes moyennes, subrepticement, en catimini. Car tout coûte de plus en plus cher malgré les trucages de chiffres.
Et personne ne dit rien. Les français seraient-ils devenus des moutons ?