Sarkozy aux pieds de Nelson Mandela
Rassurez-vous, Nelson Mandela est toujours... vert
Malgré son grand âge (89 ans) et en compagnie de son épouse, il entreprend à titre privé une visite eu Europe où il compte bien faire avancer ses initiatives humanitaires dans le domaine de la lutte contre le SIDA, la pauvreté et pour la promotion de l'éducation.
Première étape à Londres
Nelson Mandela a assisté à l'inauguration de sa statue à Trafalgar Square
Inaugurée mercredi 28 août en face du Parlement britannique en présence du Premier ministre Gordon Brown, elle a pour voisin d’autres statues comme celles de Winston Churchill ou Abraham Lincoln.
C'est une statue de bronze de 2,7 mètres à son effigie, les mains tendues vers la foule. La sculpture trône face à Big Ben, aux côtés des statues de Churchill, de Disraeli et du premier ministre afrikaner Jan Smuts. "Il ne s'agit pas seulement d'un hommage personnel mais (d'un hommage) à tous ceux qui ont combattu l'oppression, en particulier depuis l'étranger", a déclaré, lors de l'inauguration, le 29 août, l'ancien président sud-africain.
Dans son autobiographie intitulée «Un long chemin vers la liberté», Nelson Mandela évoquait une visite à Londres avec son compagnon de lutte Oliver Tambo: «Lorsque nous avons vu la statue du Général Smuts non loin de Westminster, Oliver et moi avons plaisanté sur le fait que peut-être un jour nous aurions la nôtre à sa place» avait-il écrit.
Ian Walters, militant de la lutte anti-apartheid, avait signé aussi le très controversé buste de Mandela placé devant le Festival Hall, en 1985. Mme Margaret Thatcher, Premier Ministre très réac de l'époque, avait qualifié cet hommage "d'encouragement au terrorisme".
2ème étape à Monaco
Il y a été reçu par le prince Albert pour une vente aux enchères dont les bénéfices iront aux différentes fondations que préside Mandela. Dans son discours, Albert a célébré en Mandela "l'homme qui a rendu sa dignité à l'Afrique et est devenu un exemple pour l'humanité". "Vous êtes un phare, l'une des rares lumières qui guident une vie", a déclaré Albert, saluant les efforts du vieil homme pour combattre la pauvreté, le SIDA, le trafic de drogue et le crime organisé
Il a eu le prix nobel de la paix et fait figure de sage puisqu'une fois arrivé aux affaires, il a su préserver la cohésion de son pays et ne s'en est pas pris aux blancs malgré l'étalage publique de leurs crimes. Rien à voir avec tous ces leaders africains écartés comme T. Sankara ou assassinés comme P. Lumumba au Congo ou A. Cabral en Guinée-Bissau car, trop anticolonialistes, ils risquaient de remettre en cause la présence de certains blancs, ceux qui faisaient de très juteuses affaires...
3ème étape à...Paris Orly !
La présence de Nelson Mandela est donc très recherchée un peu comme le Dalaï-Lama à une certaine époque. Gordon Brown a eu l'honneur de le recevoir officiellement en grande pompe pour la statue. Donc, notre cher président a tenté de s'immiscer dans le jeu médiatique en se déplaçant lui et tous les officiels au pied de l'avion du leader noir pourtant venu en visite privée pendant laquelle aucune rencontre politique n'était prévue. Il faut dire que c'est très tendance pour un jeune homme politique de s'afficher avec Mandela avant qu'il ne se retire de toutes activité publique alors, pour Sarkozy, ça valait bien un déplacement à Orly, au pied de la passerelle de l'avion avec Kouchner, Rama Yade et des dizaines de photographes prévenus pour l'occasion...
Pourtant Nicolas Sarkozy déclarait avec une naïveté déconcertante, il y a à peine deux mois à Dakar :
"Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles."
Contre toute-attente, le président sud-africain a salué le discours de Nicolas Sarkozy mais en omettant soigneusement de relever les points les plus "Y a Bon Banania". Après tout, dans Tintin au Congo, Tintin est très très gentil avec les congolais, sissi ! Cette attitude favorable surprend de la part de Thabo M'Beki mais cela s'explique facilement par les prétentions de l'Afrique du Sud d'obtenir un siège de membre permanent au conseil de sécurité de l'ONU...
Mais il faut croire que comme Aimé Césaire, sans renier ses convictions, Nelson Mandela a dépassé le stade de la protestation pour un pragmatisme efficace.
Donc pour ferrer Sarkozy et l'amener jusqu'à vous, soit vous faites pleurer la France entière au cours de quelque chose de grave, soit vous vous appelez Mandela.
Allo Jean Benguigui? Allo Laurent Ruquier? Pourquoi vous ne racontez plus votre fameuse blague?