compteur

opinions

Lundi 14 décembre 2009 1 14 12 2009 22:28

http://www.festivaldelacouille.com/wp-content/uploads/2009/05/dieudonne-j-ai-fait-l-con-again.jpgUne drôle d’idée m’a traversé l’esprit. Une de ces idées qui surgit dans le cerveau sans qu’on l’ait vraiment élaborée, réfléchie. En tous cas, pas comme l’aboutissement d’un raisonnement.

 

Et si tout ce qui est arrivé à Dieudonné avait été le signe précurseur qu’une extrême droite réactionnaire, raciste, xénophobe, traditionnaliste commençait à tisser sa toile et devenait tendance! Au point d’avoir droit de cité dans la presse et sur les écrans les plus respectables.

 

Dieudonné, si souvent catalogué d’extrême droite, est-il tendance ? Non, on voit bien qu’il ne se produit plus dans des salles « grand public », qu’il en est empêché, qu’il doit répondre de procès en rafales.

 

Sans le vouloir, Dieudonné a concentré sur lui des accusations d’antisémitisme voire de nazisme et, pendant la même période, une nouvelle extrême droite a eu de plus en plus d’influence au point qu’aujourd’hui, elle parfume de ses idées les allées du pouvoir, les corridors des ministères, les antichambres des palais nationaux.. Les pouvoirs exorbitants de la police, le débat sur l’identité nationale, la politique d’immigration, les lois sécuritaires en sont les signes les plus visibles..

 

Je me rends compte à quel point on s’est servi de Dieudonné. Grâce à la publicité faite autour de son sketch controversé de 2003, puis de ses déclarations, l’extrême droite s’est affranchie de son image malsaine et s’est ouverte sur sa droite non pas pour l’attirer à elle mais pour se répandre dans les partis de la droite parlementaire. Il faut dire que cela se passe un peu plus d’an après l’échec de Le Pen à la présidentielle de 2002…

 

Cette opération de blanchiment d’idées d’extrême droite a eu pour effet,  de permettre leur infiltration dans les programmes puis leurs défendeurs ont rejoint les rangs des cadres de l’UMP puis ses instances. Il fallait bien que des transfuges rejoignent les rangs de l’UMP pour leur vendre des idées. Et ainsi, ils étaient devenus respectables puisqu’ils avaient compris que le FN, le MNR ou le Bloc Identitaire ne les mèneraient pas très loin en terme de mandats électoraux et de pouvoir.

Ils savaient que l’antisémitisme à peine masqué de Jean-Marie Le Pen et de certains de ses acolytes empêchait le décollage du FN. Avec cette réputation sulfureuse, faite d’antisémitisme, d’antigaullisme et de nostalgie de l’Algérie française, même un FN en terme de voix aux élections ne pouvait rallier à lui l’électorat de la droite traditionnelle parlementaire. Pas assez convenable !

 

Ils ont donc contribué à ce que cela se fasse dans l’autre sens. Un électorat FN déçu de ne pouvoir gagner les élections pouvait se rallier à une UMP reprenant les idées les plus populaires du parti de Le Pen.

 

Et quoi de mieux de se situer par rapport à leurs anciens amis en taisant leur antigaullisme et leur racisme et en regrettant voire en condamnant l'antisémitisme de leurs anciens amis. Mais, il n’y a pas que cet aspect des choses. La gauche bien pensante, celle des intellectuels et des médias a fait, elle aussi, sa révolution de palais vers la droite.

 

Rappelez-vous le nombre d’articles parus à une certaine époque sur « le cas Dieudonné » ces cinq dernières années, notamment dans les années 2005-2006-2007.

Tous les éditorialistes, tous les chroniqueurs ont fait au moins un article, une déclaration sur Dieudonné.

 

Il y avait là une influence non négligeable d’intellectuels à la mode, qui avaient basé leur « carrière » sur l’antitotalitarisme à l’époque de l’Union Soviétique. A l’écroulement des pays de l’Est, leur vrai visage atlantiste se révélait et ils glissaient progressivement dans des conceptions occidentalistes et surtout islamophobes. De quoi accroître le nombre de leurs lecteurs, surtout à droite.

En versant dans une islamophobie raisonnée et globale, ils prenaient position contre les anticolonialistes d’aujourd’hui plus à gauche qu’eux, les résistants palestiniens et libanais et le désir d’une plus grande souveraineté de certains pays.

 

Ces intellectuels proches de la gauche sociale-démocrate ont opéré un virage qui les conduit bien souvent à défendre l’occident tout comme le ferait un ancien d’Occident, le groupe d’extrême droite. Bernard-Henry Lévy, Finkielkraut, Glucksman, Bruckner, Philippe Val et d’autres se sont illustrés particulièrement dans la stigmatisation et le rejet des revendications de justice et d’égalité des indigènes des banlieues, du pain béni pour cette nouvelle extrême droite « UMPéisée ».

 

Il n’était donc pas étonnant de voir des militants d’extrême droite apprécier énormément un journal comme Charlie-Hebdo quand celui-ci s’en prenait à l’islam ou de croiser des bourgeois du FN à une conférence d’Alain Finkielkraut organisée par un club chrétien dans une ville de l’ouest parisien.

 

Dieudonné, issu des pipoles du spectacle à heure de grande écoute, a constitué le prétexte d’une sorte d’examen de passage. Il est toujours difficile d’abattre un humoriste populaire. En condamnant publiquement Dieudonné avec les mots les plus durs, beaucoup se sont offerts un brevet d’antiracisme et de philosémitisme. De quoi décourager tous ceux qui pourraient leur reprocher leurs fréquentations passées et présentes ou leurs idées bien imprégnées de fascisme.

 

Les organisations sionistes françaises ont parfaitement compris l’avantage qu’elles pourraient tirer de cette situation. Ces organisations sont celles, juives ou non, qui défendent non pas le projet sioniste de l’existence d’Israël mais la politique de domination de l’état israélien contre les palestiniens mais aussi contre ses voisins.

En invitant les personnalités publiques à condamner Dieudonné, elles ont considérablement agrandi leurs carnets d’adresses et donc leur influence politique.

On eut donc droit à une époque à des déclarations solennelles du Premier Ministre, du ministre de la justice et du ministre de l’intérieur condamnant sans le nommer les agissements de Dieudonné.

 

Cela a si bien marché que cela se poursuit et il n’y a même plus besoin d’invoquer le diable Dieudonné. On en a la preuve encore aujourd’hui, avec ce prix décerné par une organisation communautaire et corporatiste à Brice Hortefeux pour son « combat » contre le racisme et l’antisémitisme (l’Union des Patrons Juifs de France).

 

 

L’erreur de Dieudonné aura été de s’enfermer peu à peu dans un antisionisme de provocation plus judéophobe que pro-palestinien. Quand Dieudonné dénonce les excès de la politique  sioniste en les rendant responsables d’une bonne part de la misère du monde, il s’éloigne de son combat d’origine proche des pauvres gens chers à Léo Ferré, une approche faite de dérision cinglante constituant une véritable pédagogie par l’humour, à propos de la condition humaine.

 

Quand on regarde le sketch de l’émission de Fogiel de fin 2003, on s’aperçoit qu’il était prémonitoire de l’intransigeance d’Israël, du soutien hypocrite des occidentaux et de l’islamophobie d’aujourd’hui.


Dieudonné: sketch chez Fogiel - wideo
La vidéo qui a suscité tant de débats houleux. Maintenant, vous pouvez vous faire votre propre opinion.

 

Fin 2003…Entre temps, il y a eu une guerre au Liban, l’anéantissement de Gaza, des dizaines de milliers de colons supplémentaires à Jérusalem et en Cisjordanie et une mosquée incendiée par des colons d’extrême droite pas plus tard qu’hier juste pour protester contre la décision du gouvernement israélienne de geler certaines colonisations.

 

Entre temps, il y a eu en France et ailleurs, des procès, des poursuites et des accusations

d’antisémitisme contre des personnes pourtant très respectables : écrivains, sociologues, préfet et à l'étranger, même des ministres, des chefs d’état (Iran, Venezuela) et un prix Nobel de la paix (Desmond Tutu).

 

Le monde a énormément changé en quelques années : en occident, une droite à l’échelle internationale a imposé ses idées de domination du monde et de ses ressources. Malgré quelques nuances, un consensus existe. Quand Sarkozy joue la carte américaine à fond, il annonce son adhésion sans scrupule à ce projet de domination. L’occident a compris que sa survie implique qu’il soit sans pitié avec ceux qui contestent son leadership tout en gardant un masque de démocratie qui lui assure le soutien de son opinion publique. Pour cela, il a créé ou instrumentalisé des situations, des groupes, des personnes et même des états pour en faire des menaces, prétextes à ses agissements que bien peu auront l’envie de contester. A l’extérieur de ses frontières mais aussi à l’intérieur.


Au lieu de croire aveuglément que l'Iran est un ennemi très dangereux pour l'occident, observez une carte de la région où tout se jouera désormais et dont les occidentaux sont exclus pour des raisons géographiques. Afghanistan et aujourd'hui Pakistan sont de bonnes raisons de prendre une partie du controle des ressources énergétiques dela région et, en même temps de contrer l'influence de trois puissances nucléaires indépendantes mitoyennes : Russie, Chine, Inde.
 

On glose sur l'Iran et les atteintes aux droits de l'homme qu'on y recense. Souvenez-vous ! Quels états, quels dirigeants politiques occidentaux ont protesté contre Guantanamo alors que certains de leurs ressortissants étaient emprisonnés sans aucun droit? 

Par Milton Dassier - Publié dans : opinions - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Lundi 2 novembre 2009 1 02 11 2009 18:00

J'ai adoré le débat sur le 11 septembre organisé par Guillaume Durand sur France2.

Oui, un très bon débat avec deux icônes médiatiques très différentes : Matthieu Kassowitz et Jean-Marie Bigard.

Face à eux, deux journalistes très mal à l'aise en fait.

Deux journalistes obligés de défendre une version officielle. Un comble pour des journalistes car, s'ils défendent cette version officielle, ils peuvent défendre n'importe quelle version officielle en France ou ailleurs.


Deux journalistes obligés de critiquer les deux artistes sur la sincérité de leur démarche. Et là, c'était plutôt mal barré.


Qu'ont à gagner les deux artistes?


De l'argent en vendant un livre? Non rien de cela.

Plus de notoriété? Ils n'en ont pas besoin.

Un lancement en politique? Ils sont engagés sur le plan intelellectuel mais pas sur le plan politique.


Et puis, avancer des doutes, quoi de plus normal finalement. Diderot n'a-t-il pas vanté le scepticisme comme meilleure méthode pour approcher la vérité de près?

Et c'est là que ce débat fut révélateur de la chape de plomb qui règne sur les milieux intellectuels et médiatiques français.


Le 11 septembre est devenu un mythe, tout comme la shoah. Le devoir de mémoire impose de ne jamais le remettre en cause.


Comme tout totem, l'adoration et donc l'adhésion doit être sincère, complète et totale.

L'histoire révèle de drôles de surprises. Certains actes abominables deviennent des mythes relevant du sacré, d'autres restent des évènements historiques !


Certains se demandaient quel rapport entre des doutes surle 11 septembre, le négationnisme et l'antisémtisme. Une bien étrange équation régit le processus.

Douter de la version officielle du 11 septembre, c'est nier le 11 semtembre. Nier le 11 septembre c'est nier une souffrance et une abomination, nier cela, c'est s'offrir la possibilté de nier la shoah. Les deux sont devenus des mythes, des totems du monde occidental contemporain.


Les deux journalistes ainsi que Guillaume Durand étaient-ils aussi sincères que Matthieu Kaasowitz et J-M Bigard?


Aucun doute là-dessus car tous les trois ont été élevés dans une vision mythologique des Etats-Unis, de l'Amérique quoi!


Leur mythologie des Etats-Unis, c'est Lincoln, c'est Roosevelt et le New Deal, les GI en Normandie, Jonh Wayne, le jazz puis Elvis, c'est Martin Luther King et surtout les frères Kennedy, c'est la presse qui mit à bas Nixon avec le scandale du Watergate, les hippies, les surfers de Malibu et Bill Gates. Alors, vous pensez, les Etas-Unis font parfois des "erreurs" mais faciliter les attentats du 11 septembre contre leur propre pays, c'est impensable!


Ils sont représentatifs de gens qui pensent que l'exercice du pouvoir ou du leadership mondial d'une nation démocratique l'exonère par avance de toutes culpabilité à propos de coups fourrés, de guerres secrètes, d'assassinats ciblés et même du terrorisme au nom de la démocratie. Et tant pis pour les cubains, les vietnamiens, les chiliens, les argentins, les brésiliens, les irakiens et plus récemment les honduriens. Tant pis pour Guantanamo, les prisonniers torturés par la CIA et les palestiniens.


Par sa nature, une nation démocratique ne fait pas la guerre, jamais à une autre démocratie, elle défend les intérêts de son peuple et la liberté, à commencer par la sienne: celle de dominer et d'influer sur les affaires du monde. Bien commode n'est-ce pas?

A force de travestir la réalité, on ne voit plus que le déguisement...


La manipulation de l'opinion est devenue l'objet de la politique. Le talent en politique ne se mesure plus en idées et projets mais en capacités à désinformer, manipuler, dissimuler. Quand on dit qu'un homme politique est habile, que veut-on dire au fond ?


Des scandales d'état affleurent à la surface du jeu politique français, s'ajoutant à d'autres à l'étranger. Commissions et rétrocommissions sur des ventes d'armes, des contrats d'équipement juteux. Des langues se dénouent et laissent penser que ce qui apparaissait comme des attentats n'étaient que des opérations de représailles pour des trahisons supposés au sein d'affairistes de l'ombre et d'agents peu scrupuleux.


Même Al-Qaïda!

Les uns et les autres dissimulent en invoquant la lutte des démocraties contre le terrorisme ou le jihad contre les occidentaux. Manipulation des uns et des autres pour entretenir la peur et la colère et ainsi justifier encore plus d'actions abominables.


Israël est le modèle de ces peurs savamment entretenues y compris dans les pays occidentaux. Ce pays résume à lui tout seul l'injustice. Sa créatiion fut une injustice pour les palestiniens mais aussi pour les israéliens. En l'état actuel des choses, il faut être drôlement motivé pour aller s'installer en Israël. C'est donc bien là que la manipulation joue son rôle. Le peuple israélien ne se rend pas compte à quel point il est le dindon de la farce de l'entrecroisement des propagandes : sionisme, orthodoxie religieuse, néoconservatisme, nationalismes, occidentalisme.


Douter de la version officielle du 11 septembre, c'est pire que douter de la version officelle de l'assassinat de JFK car c'est prendre le risque de mettre à bas tout le système sur lequel est bâti le monde occidental depuis 1945 !

Par Milton Dassier - Publié dans : opinions - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 28 octobre 2009 3 28 10 2009 21:48

Pendant ces quelques jours, je me suis intéressé au bégaiement profitant de la journée internationale qui lui était consacrée le 22 octobre.

Et puis, j’ai assisté à l’annonce d’Eric Besson qui souhaite un débat sur l’identité nationale au plus tôt.

Une chose en passant, cette opération de com’, car il s’agit bien de ça, a été voulue au plus haut niveau de l’état et préparée pour « divertir » l’opinion. Des journaux (Le Figaro, Le Point) ont été contactés pour servir de relais médiatique, un colloque est d’ores et déjà prévu bientôt avec pour président, le président de la république.

 

Certains problèmes évoquent une communication qui s’étouffe, qui bégaye dans ses contradictions.

L’identité nationale en est un justement.

 

D’après ce que j’en ai lu, le bégaiement est un trouble de la communication qui affecte des personnes par une sorte de conditionnement qui n’en finit pas. Plus la personne bégaie, plus elle risque de rester longtemps avec ce fardeau de plus en plus lourd à porter.

Parmi les facteurs qui aggravent le bégaiement, on trouve des conditions de communication qu’on pourrait qualifier de « toxiques ».

La parole de la personne est mal accueillie par ses interlocuteurs. Bref, on n’aime pas quand elle parle parce qu’on pense avoir mieux à faire, parce qu’on sait à l’avance qu’elle ne dira rien d’intéressant, on se sent agacé de sa parole, on l’écoute sans vraiment l’écouter et on parle à sa place. La personne voit un visage marqué par un agacement plus ou moins masqué. Parfois, de véritables maladresses sont commises : « Tu vois le mal que je me donne pour t’écouter.  »

 

Tout ça démarre dans l’enfance en général, l’enfant construit son bégaiement dans une famille où sa parole d’enfant n’a pas vraiment de place. Sa mère est pressée, son père pense à autre chose en l’écoutant et ils commettent des maladresses qui, en se répétant sur des mois, des années, entraînent que, pour l’enfant, prendre la parole devient une épreuve, une corvée. L’enfant a l’impression d’être jugé négativement dés qu’il ouvre la bouche, se crispe par peur d’être mal compris et mal vu avant de bégayer.

Cela n’empêche pas que ces parents aiment leur enfant. Seulement, ils lui montrent tout le contraire au fond, quand ils présentent leur visage agacé en l’écoutant de façon distraite.

 

Quand Sarkozy et l’UMP parlent d’identité nationale, ils parlent de diversité pour la souhaiter tout en la remettant en cause. On la souhaite et on la regrette en même temps.

Mais n’est-ce pas le fond du problème ? Les dirigeants français ont souhaité une immigration de masse pour travailler dans les usines françaises. Puis, avec les crises successives, certains ont regretté la présence de ces immigrés devenus résidents et citoyens, ce qui a suscité la montée du mépris.

Et par tout un jeu de paradoxes, ces mêmes dirigeants maintiennent le mépris à feu doux dans la population tout en le regrettant au nom des valeurs républicaines.

Le résultat, au bout de quelques années, est une communication qui bute sur des malentendus,  tousse sur des non dits, éructe des clichés de dévalorisation, grimace ses frustrations et ses sidérations. Ici désormais, l’identité nationale se bégaie au quotidien. Un bègue, parait-il, ne bégaie pas en chantant… même La Marseillaise.

 

Finalement, qu’est-ce que l’identité nationale ? Juste le rassemblement d’hommes et de femmes autour d’une nationalité, d’une langue et de quelques idées simples : la justice, la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité. Même l’histoire et la culture apparaissent surannées. Si on se réfère à ce qui se passe chez un enfant, la construction de l’identité de sa personne passe par l’image qu’on perçoit de sa propre existence et ce qu’on lui dit de lui.

 

Mais Max Gallo nous prépare déjà son cours d’histoire de France avec tremolos dans la voix, le visage grave et inspiré. On va ressortir des placards poussiéreux Napoléon et Clémenceau,  Ernest Renan et Charles Péguy ; Anatole France et Victor Hugo. Dans l’euphorie et l’enthousiasme de la lecture des belles lettres sur le cher pays, on taira que Victor Hugo avait choisi de quitter une France qu’il n’aimait plus pour l’exil à Bruxelles puis à Guernesey.

 

On oubliera, qu’à partir du moment où l’on définit ce qu’est être français, on prend le risque d’exclure. Et l’on oubliera aussi que les quatre derniers prix Nobel français de littérature venaient quand même un peu de « l’étranger » : Albert Camus né en Algérie, Saint-John-Perse né en Guadeloupe, Claude Simon né à Madagascar, Jean-Marie Gustave Le Clézio, franco-mauricien.

 

Quid des français d’outre-mer ? Quid des français de l’étranger ? Quid des français binationaux ? Quid des français très imprégnés de la culture de leur région ou du pays de leurs ancêtres?

 

Pour ne pas entendre certaines personnes tout en proclamant son désir de les écouter, on aura pris le soin de répertorier certains mots qui « remettent à leur place » ceux qui se montrent trop euh…impertinents !

Parmi ces mots, il y a primaire, archaïque, délinquance, déviance, inculture, échec, manque, motivation, jeunesse (au sens d’immaturité), communautarisme, victimisation, islamisme, incivilité, incivisme, sans repères, sans respect.

 

Le consensus sera impossible forcément. En gros, on va laisser entendre qu’avoir une carte d’identité française n’est pas avoir une identité française. On va nous refaire le coup des droits et des devoirs de chacun sans parler des devoirs de la communauté nationale envers les plus démunis, les moins chanceux, les moins bien nés, les derniers arrivés. L'identité française devra se mériter comme la légion d'honneur!

 

Et comme, le débat ne peut mener qu’aux identités multiples, j’en conclus donc, que ceux qui lancent ce débat veulent faire émerger une concurrence des identités et  laisser croire que la France n’est plus La France, que les français sont en danger, qu’ils vont disparaître. Diviser pour mieux régner, vous vous souvenez ?

 

Qu’on ne s’étonne pas alors que le mépris ajouté au silence de celui qu’on ne veut pas entendre, ultime violence sociale, ne débouche pas sur la violence aveugle de ceux qui n’ont rien à perdre puisqu’ils n’ont rien !

 

Par Milton Dassier - Publié dans : opinions - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 15 octobre 2009 4 15 10 2009 18:14

Dans le sillage de Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy est en train d’inventer une nouvelle forme de pouvoir. Une dictature soft consensuelle en trompe-l’œil démocratique.

 

 Don Silvio a plus de mérite en fait, son pouvoir est plus fragile. En Italie, les frasques de Berlusconi peuvent être interrompues à tout moment si le parlement le décide, car le président du conseil italien n’est là que parce qu’il est l’homme fort de la majorité parlementaire. Si cette majorité change au gré des alliances et mésalliances, Le néo-duce tombe.

 

Mais en France, contrairement à l’Italie, l’homme fort est le président de la république élu au suffrage universel direct. Il possède la majeure partie des pouvoirs. Il peut même se maintenir au pouvoir et garder une voix prépondérante voire la haute direction sur les aspects essentiels des affaires du pays en cas de changement de majorité.

 

Un pouvoir présidentiel fort doit avoir des contre-pouvoirs solides pour être considéré comme démocratique. Aux Etats-Unis, par exemple, le président a des pouvoirs très importants, mais il est sous le contrôle du congrès et du sénat, qui peuvent le mettre en minorité et l’empêcher d’accomplir certains projets.

 

Nicolas Sarkozy a, non seulement les pouvoirs que lui offre la constitution mais il a changé de pratique de gouvernance en façonnant peu à peu les institutions pour les mettre au service de son camp politique et à l’intérieur de celui-ci, au service de son clan.

 

Car les affaires sont florissantes pour les Balkany et autres Bolloré. En Afrique, par exemple. Patrick Balkany devisant gentiment et offrant son soutien au chef de la junte guinéenne Dadis Camara, ça fait désordre quand on sait que la scène se déroulait 11 jours avant que ce dernier commette un massacre qui fit plus de 150 morts et que la commission européenne appelle un crime contre l’humanité.

 

Les affaires seront encore plus florissantes avec le projet du Grand Paris et dont le contrôle de l’EPAD par Jean Sarkozy apparaît comme une garantie de bonnes affaires immobilières pour l’extension de quartier de La Défense, dans le cadre de ce projet.

 

Finalement, Jean Sarkozy n’est que le prête-nom des amis de son père. Sa candidature est le signe à tous ceux qui voudraient s’y opposer, y compris à droite, que le président, en personne, approuve les projets de son clan pour s’en mettre plein les poches.

 

Dans les Hauts-de-Seine, à Levallois-Perret et à Courbevoie, on se frotte les mains après cette période de vaches maigres immobilières. Les bureaux d’études vont faire chauffer les stylos et les imprimantes, les promoteurs se battre pour les terrains, les banquiers faire le plein d’enveloppes, les entrepreneurs se bousculer dans les mairies et les conseils généraux !

Le lobbying le plus débridé va caresser les plumes de la nouvelle poule aux  œufs d’or et les rétrocommissions pleuvoir sur les gens les plus influents ou les plus débrouillards…

 

Silvio Berlusconi avait misé sur les médias pour asseoir son pouvoir au point de se salir les mains, Nicolas Sarkozy va faire mieux, il va miser sur l’immobilier et les juteux contrats dans les anciennes colonies sans se salir les poches puisque ses amis s’en chargent. Fréquenter de près Jacques Chirac et Charles Pasqua lui aura au moins appris cela.

Après tout, vu le nombre d’ascenseurs envoyés à ses amis, il n’a pas besoin de s’impliquer de façon trop poussée pour s’assurer des lendemains qui chantent. Les ascenseurs redescendent toujours…

 

Je parlais de dictature consensuelle. Vous devez vous dire que ce sont des mots forts.


Oui, il y a un consensus pour ne pas réagir à ce qui constitue de véritables scandales où le clientélisme, les affaires, la main mise sur la justice, l’instrumentalisation de la police, le népotisme, le trafic d’influence, les cadeaux aux amis, un parlement sous contrôle, un Premier Ministre humilié et content de l’être, souillent au final les valeurs de la République.

 

Un consensus réglé comme du papier à musique par des agents d’influence et des médias enfumés par de beaux discours, des débats, des prises de position, des commissions de réflexion qui donnent l’illusion de la démocratie et de la défense de l’intérêt général ou du pays.

Seuls le sérieux de quelques médias et le web permettent que l’interprétation de la symphonie du consensus subisse quelques fausses notes. Des couacs qui entraînent le plus souvent, quelques coups de baguettes appuyés sur les doigts des moins attentifs et des plus retors.


Oui, cela équivaut à une quasi dictature mais façon ancienne colonie avec le clan et les courtisans, le bling-bling et des institutions démocratiques pour la galerie. On en prend le chemin sans rien dire, c'est dire si de citoyens nous sommes devenus des sujets.
 

Une dictature maquillée en république, juste le temps des conférences de presse. Un ancien chanteur comme porte-parole du gouvernement, un ancien raconteur d’histoires de stars à la télé comme ministre de la culture viennent nous exhorter à disculper un cinéaste violeur, à accepter un gamin de 23 ans, sans diplôme, sans expérience comme gestionnaire de 115 millions d’Euros de fonds publics et à élire un pipole affairiste, ancien champion de judo comme député.

 

Une dictature habillée de démocratie juste le temps des élections les plus déterminantes avec défilé de femmes ministres glamours au sourire enjôleur, à la voix captivante, nouvelles sirènes de l’Odyssée élyséenne.

 

Bonimenteurs, jongleurs de valeurs, trapézistes de nouvelles lois, redresseurs de torts, dompteurs de délinquants, acrobates du marketing politique, contorsionnistes du slogan qui fait mouche, La France n’est plus une république mais un cirque Barnum et presque une  Foire du Trône.

 

 

Par Milton Dassier - Publié dans : opinions - Communauté : Communauté de l'opposition
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Rechercher

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés