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philosophie politique

Lundi 7 décembre 1 07 /12 /Déc 22:35

Je voudrais vous recommander les deux excellentes interviews de Michel Serres et de Noam Chomsky dans le journal « Les Echos ».

 

 Voilà des hommes, des philosophes qui ont à la fois le recul et l’acuité intellectuelle nécessaires pour comprendre et partager leur compréhension du monde complètement fou dans lequel nous vivons.

 

Questionné sur la crise économique et financière, Michel Serres évacue le sujet avec facilité pour se focaliser sur bien plus grave : la crise de l’éducation et du partage du savoir. Et, au bout du compte arriver à cette conclusion terrible : « La société préfère son argent à ses enfants ! »

Il évoque le tsunami (sic) de l’enseignement, la façon dont un peu partout dans le monde, on a laissé tomber les enseignants et donc les enfants.

Au même moment, une étude fait le constat que presque partout en Europe, le nombre d’enfants mauvais lecteurs augmente..

 

Mais Michel Serres va plus loin en invoquant les profonds changements de la condition humaine, de la démographie mondiale à l’espérance de vie des occidentaux en passant par la famine. Une humanité qui est passée de 1,5 milliards d’êtres humains à 7 milliards en 70 ans.

 

Cela m’inspire une interrogation.

 

Dans les régions les plus déshéritées du monde, l’espérance de vie est, tout au plus, de 40 ans. Celle des européens est de 80 ans. Certains esprits tordus pourrait même en conclure qu’un occidental vaut deux être humains du tiers-monde et qu’après tout cela fait partie de l’ordre des choses.

N’est-ce pas cela qu’on retrouve dans les faits économiques et sociaux ? Une sorte d’échelle de valeurs qui veut que l’enfant africain ou indien va travailler dés l’âge de huit ans et mourir à quarante ans, au nom de la doctrine de la libre entreprise mondialisée alors que l’enfant européen bien nourri, bien soigné, ira à l’école dés l’âge de 2 ans&1/2, travaillera à peine trois cents jours par an et par le jeu des prestations sociales vivra une retraite confortable jusqu’à sa mort à plus de 80 ans.

Le monde a donc considérablement changé et selon, Michel Serres, les politiques, les médias et les entreprises font comme si on était en 1950. Ils prennent les gens pour des gens manipulables. Quant aux philosophes, ils se sont confortablement installés dans une posture politique qui les rend improductifs sur le plan de la philosophie et de la réflexion sur l’avenir du monde.

 

Absurde, tout cela est absurde et combien nous sommes aveugles de ne rien voir tant nous sommes gavés de propagande.

 

Armes de communication massive

 

Propagande, un mot qui évoque les guerres, les régimes totalitaires. Pourtant, c’est le mot choisi par Noam Chomsky pour parler de marketing, de publicité, de communication de masse.

Il parle d’un désir de contrôler les comportements économiques, de maintenir à tout prix la consommation, l’un des moteurs de l’économie qui présente un triple avantage : faire tourner l’argent, permettre aux états de s’endetter, financer des instruments de domination et de grands projets technologiques générateurs de profits colossaux.

 

Et si l’on rapproche la position de Michel Serres et celle de Noam Chomsky, on constate qu’elles se complètent. Moins d’éducation pour plus de contrôle des individus. Donner une qualification oui mais avec un risque diminué de conscience qui pourrait remettre en cause la matrice. C’est bien là que les idées de fabrication du consentement de Noam Chomsky prennent tout leur sens. Seule l’opinion publique peut freiner ou orienter une politique. C’est bien parce que les écologistes se sont accrochés à leurs idées qu’on arrive aujourd’hui à faire de Copenhague un évènement planétaire auquel les Etats-Unis se sentent obligés de faire bonne figure.

 

Publicité et propagande idéologique et politique plus ou moins déguisée en séries ou jeux télévisés ont pris une place bien plus grande que celle de l’école dans la tête des enfants de l’occident. Il faudrait peut-être même trouver un moyen objectif de le mesurer ces phénomènes. Combien d’heures de publicité vue ou entendue par semaine, combien de séries télévisées mettant en scène des « déviants » (terroristes, criminels de toutes sortes, activistes politiques) arrêtés par de vaillants policiers futés, combien de jeux où l’on peut gagner une somme facilement y compris par SMS. Tout ça pour maintenir opérant le modèle du rêve de fortune, du rêve de pouvoir, du rêve de gloire.

Chomsky dit : « Contraindre les gens à s’intéresser aux choses superficielles de la vie, c’est une bonne façon de contrôler les personnes ! »

 

De là, s’expliquent parfaitement les tendances à la censure et l’autocensure : ne pas déprimer, ne pas décourager le citoyen consommateur d’adhérer à ce système très au point. Que surtout, ce brave type ne le remette pas en cause. D’où la volonté de museler l’internet qui reste un monde encore libre.

 

On évite donc soigneusement certains sujets liés à certaines pratiques mettant en cause des pays, des multinationales, des idéologies, des politiques.  Une sorte de « circulez, y a rien à voir » quand il s’agit du pillage des ressources de certains pays, de néocolonialisme, de travail forcé, d’exploitation de la misère, de droits faramineux pour les pollueurs, de contrôle des ressources sensibles.

Quelques personnes posent des questions sur le 11 septembre ? Circulez, y a rien à voir, vous êtes des fachos antisémites !

Quelques personnes posent des questions sur la corruption à l’échelle des états, des grandes institutions ? Circulez, y a rien à voir, vous êtes contre la paix dans le monde !

Quelques personnes posent des questions sur Monsanto, les OGM, la main mise de multinationales sur les ressources biologiques, énergétiques, minérales ? Circulez, y a rien à voir, vous êtes des archaïques.

Quelques personnes posent des questions sur la présence des armées occidentales au Moyen-Orient et l’injustice commise aux palestiniens, aux kurdes, aux tchetchènes et tant d’autres? Circulez y a rien à voir, vous êtes des islamofascistes certainement bourrés d’antisémitisme rouge, vert et brun.

 

Le tout est donc de ne pas se retrouver dans le camp de ceux qui condamnent par avance juste parce qu’on pose une question. Malheureusement, l’imprégnation des propagandes est si grande que même le plus libertaire peut devenir un procureur.

 

Poser des questions, c’est remettre en cause car dans toute interrogation, il y a un doute, une réponse qui ne demande qu’à s’échafauder à partir de données incomplètes. Il y a donc tout un rapport à la vérité qui est train de se modifier dans nos sociétés. Les propagandes se croisent, s’opposent, s’instrumentalisent et les mots n’ont plus que le sens que chacun a envie de leur donner.

 

Dans nos sociétés, l’urgence du présent n’est plus la vérité mais la persuasion.

 

Avec ça, on ne fabrique pas un monde qui s’émancipe mais des murs, des barreaux et des cages !

Par Milton Dassier - Publié dans : philosophie politique - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 19 juin 5 19 /06 /Juin 21:58
Patrick Chamoiseau vient de donner une interview à France-Antilles sur son dernier livre : "Les neuf consciences du malfini". Un ouvrage poétique avec une portée politique et philosophique.

On en apprend plus sur l'écrivain martiniquais souvent vu aux côtés d'Edouard Glissant ces derniers temps.


Je ne peux m'empêcher de vous offrir cette très jolie phrase tirée de cette interview:

La peur est toujours le signe qu'il y a en nous un geôlier qui nous tient, un geôlier invisible qui nous coupe de toute plénitude...
Par Milton Dassier - Publié dans : philosophie politique - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Lundi 25 mai 1 25 /05 /Mai 16:39

Il faut lire de toute urgence l’interview qu’a accordé Julien Coupat au journal Le Monde. Une interview réalisée par échange de lettres.

On y lit de façon claire et parfaitement argumentée une critique du système dans lequel nous vivons et dont nous voyons, chaque jour, les dérives nous rapprocher de l’abîme.

Julien Coupat est un libre-penseur comme on n’en fait plus. Normal qu’il soit considéré comme un danger par le pouvoir.

 

Cliquez sur ce lien 

 

Voici quelques extraits dont auxquels j’ai ajouté des titres:

 

 

 

Son diagnostic politique et historique de la société française


Nous vivons actuellement, en France, la fin d'une période de gel historique dont l'acte fondateur fut l'accord passé entre gaullistes et staliniens en 1945 pour désarmer le peuple sous prétexte d'"éviter une guerre civile". Les termes de ce pacte pourraient se formuler ainsi pour faire vite : tandis que la droite renonçait à ses accents ouvertement fascistes, la gauche abandonnait entre soi toute perspective sérieuse de révolution. L'avantage dont joue et jouit, depuis quatre ans, la clique sarkozyste, est d'avoir pris l'initiative, unilatéralement, de rompre ce pacte en renouant "sans complexe" avec les classiques de la réaction pure – sur les fous, la religion, l'Occident, l'Afrique, le travail, l'histoire de France, ou l'identité nationale.

Face à ce pouvoir en guerre qui ose penser stratégiquement et partager le monde en amis, ennemis et quantités négligeables, la gauche reste tétanisée. Elle est trop lâche, trop compromise, et pour tout dire, trop discréditée pour opposer la moindre résistance à un pouvoir qu'elle n'ose pas, elle, traiter en ennemi et qui lui ravit un à un les plus malins d'entre ses éléments. Quant à l'extrême gauche à-la-Besancenot, quels que soient ses scores électoraux, et même sortie de l'état groupusculaire où elle végète depuis toujours, elle n'a pas de perspective plus désirable à offrir que la grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop. Son destin est de décevoir.

Dans la sphère de la représentation politique, le pouvoir en place n'a donc rien à craindre, de personne. Et ce ne sont certainement pas les bureaucraties syndicales, plus vendues que jamais, qui vont l'importuner, elles qui depuis deux ans dansent avec le gouvernement un ballet si obscène. Dans ces conditions, la seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c'est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. Elle seule, en fait, dans les émeutes qui ont suivi le second tour du rituel plébiscitaire de mai 2007, a su se hisser un instant à la hauteur de la situation. Elle seule, aux Antilles ou dans les récentes occupations d'entreprises ou de facs, a su faire entendre une autre parole.


Nouvelles formes de répression (qui pourraient concerner aussi les mésaventures de Dieudonné et de Kemi Seba)


Avec cette fable des "anarcho-autonomes", on a dessiné le profil de la menace auquel la ministre de l'intérieur s'est docilement employée, d'arrestations ciblées en rafles médiatiques, à donner un peu de chair et quelques visages. Quand on ne parvient plus à contenir ce qui déborde, on peut encore lui assigner une case et l'y incarcérer. Or celle de "casseur" où se croisent désormais pêle-mêle les ouvriers de Clairoix, les gamins de cités, les étudiants bloqueurs et les manifestants des contre-sommets, certes toujours efficace dans la gestion courante de la pacification sociale, permet de criminaliser des actes, non des existences. Et il est bien dans l'intention du nouveau pouvoir de s'attaquer à l'ennemi, en tant que tel, sans attendre qu'il s'exprime. Telle est la vocation des nouvelles catégories de la répression.


L’antiterrorisme


Est souverain, en ce monde, qui désigne le terroriste. Qui refuse d'avoir part à cette souveraineté se gardera bien de répondre à votre question. Qui en convoitera quelques miettes s'exécutera avec promptitude. Qui n'étouffe pas de mauvaise foi trouvera un peu instructif le cas de ces deux ex – "terroristes" devenus l'un premier ministre d'Israël, l'autre président de l'Autorité palestinienne, et ayant tous deux reçus, pour comble, le Prix Nobel de la paix.

…/…

L'antiterrorisme, contrairement à ce que voudrait insinuer le terme, n'est pas un moyen de lutter contre le terrorisme, c'est la méthode par quoi l'on produit, positivement, l'ennemi politique en tant que terroriste. Il s'agit, par tout un luxe de provocations, d'infiltrations, de surveillance, d'intimidation et de propagande, par toute une science de la manipulation médiatique, de l'"action psychologique", de la fabrication de preuves et de crimes, par la fusion aussi du policier et du judiciaire, d'anéantir la "menace subversive" en associant, au sein de la population, l'ennemi intérieur, l'ennemi politique à l'affect de la terreur.

L'essentiel, dans la guerre moderne, est cette "bataille des cœurs et des esprits" où tous les coups sont permis. Le procédé élémentaire, ici, est invariable : individuer l'ennemi afin de le couper du peuple et de la raison commune, l'exposer sous les atours du monstre, le diffamer, l'humilier publiquement, inciter les plus vils à l'accabler de leurs crachats, les encourager à la haine.


Le système est à l’agonie


Car ce qui s'avère, sous les dehors d'une "crise économique", d'un "effondrement de la confiance", d'un "rejet massif des classes dirigeantes", c'est bien la fin d'une civilisation, l'implosion d'un paradigme : celui du gouvernement, qui réglait tout en Occident – le rapport des êtres à eux-mêmes non moins que l'ordre politique, la religion ou l'organisation des entreprises. Il y a, à tous les échelons du présent, une gigantesque perte de maîtrise à quoi aucun maraboutage policier n'offrira de remède.

Ce n'est pas en nous transperçant de peines de prison, de surveillance tatillonne, de contrôles judiciaires, et d'interdictions de communiquer au motif que nous serions les auteurs de ce constat lucide, que l'on fera s'évanouir ce qui est constaté. Le propre des vérités est d'échapper, à peine énoncées, à ceux qui les formulent. Gouvernants, il ne vous aura servi de rien de nous assigner en justice, tout au contraire.


La prison comme condensé de la société


La prison est bien le sale petit secret de la société française, la clé, et non la marge des rapports sociaux les plus présentables. Ce qui se concentre ici en un tout compact, ce n'est pas un tas de barbares ensauvagés comme on se plaît à le faire croire, mais bien l'ensemble des disciplines qui trament, au-dehors, l'existence dite "normale". Surveillants, cantine, parties de foot dans la cour, emploi du temps, divisions, camaraderie, baston, laideur des architectures : il faut avoir séjourné en prison pour prendre la pleine mesure de ce que l'école, l'innocente école de la République, contient, par exemple, de carcéral.

Envisagée sous cet angle imprenable, ce n'est pas la prison qui serait un repaire pour les ratés de la société, mais la société présente qui fait l'effet d'une prison ratée. La même organisation de la séparation, la même administration de la misère par le shit, la télé, le sport, et le porno règne partout ailleurs avec certes moins de méthode. Pour finir, ces hauts murs ne dérobent aux regards que cette vérité d'une banalité explosive : ce sont des vies et des âmes en tout point semblables qui se traînent de part et d'autre des barbelés et à cause d'eux.


Le pouvoir


Ce qu'il y a, c'est une oligarchie vacillante sous tous rapports, et qui devient féroce comme tout pouvoir devient féroce lorsqu'il se sent réellement menacé. Le Prince n'a plus d'autre soutien que la peur qu'il inspire quand sa vue n'excite plus dans le peuple que la haine et le mépris.

Ce qu'il y a, c'est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique: soit nous passons d'un paradigme de gouvernement à un paradigme de l'habiter au prix d'une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s'instaurer, à l'échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d'une gestion "décomplexée", une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s'est jamais vu qu'une classe dominante se suicide de bon cœur.

 

Servitude


La servitude est l'intolérable qui peut être infiniment tolérée. Parce que c'est une affaire de sensibilité et que cette sensibilité-là est immédiatement politique (non en ce qu'elle se demande "pour qui vais-je voter ?", mais "mon existence est-elle compatible avec cela ?"), c'est pour le pouvoir une question d'anesthésie à quoi il répond par l'administration de doses sans cesse plus massives de divertissement, de peur et de bêtise. Et là où l'anesthésie n'opère plus, cet ordre qui a réuni contre lui toutes les raisons de se révolter tente de nous en dissuader par une petite terreur ajustée.

Nous ne sommes, mes camarades et moi, qu'une variable de cet ajustement-là. On nous suspecte comme tant d'autres, comme tant de "jeunes", comme tant de "bandes", de nous désolidariser d'un monde qui s'effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. Heureusement, le ramassis d'escrocs, d'imposteurs, d'industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l'heure tient le pays, manque du plus élémentaire sens dialectique. Chaque pas qu'ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Chaque nouvelle "victoire" dont ils se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d'autres termes : la situation est excellente. Ce n'est pas le moment de perdre courage.

 

 

 

Par Milton Dassier - Publié dans : philosophie politique - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 16 janvier 5 16 /01 /Jan 18:32

et déteste leurs amis parce qu'ils sont trop méchants et forcément antisémites...

 

 

BHL fait dans la médiocrité. Normal quand on se veut le défenseur de la liberté des peuples, la vigie morale tout en prenant fait et cause pour Israël.

Dans sa dernière livraison, BHL se la joue naïf style « c’est génial l’entente de ceux que tout oppose malgré la guerre tout près d’eux ! ». Il parle bien sûr des rares lieux où une coopération et le respect existent entre palestiniens et israéliens.

 

Mais cela est à peu près comme ça partout dans le monde où des palestiniens et des juifs se sont exilés, installés, intégrés.

Il reproche aux soutiens des palestiniens de venir d’horizons très divers : extrême-gauche, extrême-droite, gauche, droite. Et alors ! Certains noms le surprennent : Dieudonné, Faurisson, Le Pen. Mais assimiler le soutien à la Palestine au fascisme européen, c’est ce que fait BHL fait avec perfidie, oubliant les déclarations de beaucoup d’intellectuels occidentaux pas spécialement politisés et les condamnations internationales.

 

Les arguments sont médiocres, un peu comme le ferait un bon élève de terminal, le style en plus.

BHL, c’est un peu comme un hippy qui a découvert que la vie "cooool" c’est tout de même mieux avec du fric et devient un yuppy capable de passer sur bien des paradoxes idéologiques et éthiques de son attitude. Et s’il se sent un peu honteux, alors la méchanceté et le bellicisme prennent le pas sur le « faites l’amour, pas la guerre, vivez en paix et heureux ». Donc, quand BHL devient agressif, il perd toute logique et le philosophe de salon se mue en moraliste partisan.

 

Car la démarche de BHL est claire : Assurer une propagande subtile visant à justifier les crimes de guerre d’Israël au nom de la défense de la démocratie, des valeurs de la liberté à l’occidentale, de la lutte contre ce qu’il appelle la barbarie et l’islamisme.

BHL essaye de nous faire croire qu’un chien affamé n’a pas le droit de mordre celui qui lui donne des coups de pieds à longueur de journée pour qu’il reste dans sa niche. Finalement, c’est vrai, dans cette logique, un chien n’a aucun droit…

 

Tout ça n’est pas très éloigné de ce que disait Moshe Dayan en 1967 :

les Palestiniens “continueront de vivre comme des chiens et ceux à qui cela ne plaît pas, peuvent partir”.

 

La seule différence entre Moshe Dayan et BHL, c’est que ce dernier pense que certains de ces chiens qui ne veulent pas partir, pourront devenir gentils et doux; ainsi  prévoir d’agrandir leur niche et la rendre confortable est un objectif rempli d’humanité.

Tout ça c’est histoire de noyer le poisson et d'empêcher les bonnes âmes de se dire que le sort des palestiniens est parti pour être exactement celui des peuples amérindiens d’Amérique du Nord : finir dans des réserves après s’être fait voler toutes leurs terres.

 

Ne voit-il pas qu’il est une sorte de pasteur dans un film de John Wayne, qui s’indigne en brandissant sa bible, de ce que les indiens, ces sauvages, ces barbares, attaquent les convois de braves pionniers.

On ne parlait pas de terrorisme à l’époque..

Rappeler qu'on s'est indigné un peu avant tout le monde du nettoyage ethnique voulu par les serbes contre les croates et les bosniaques et estimer légitime ce qui se passe en Palestine juste parce qu'il s'agit d'Israël correspond à une contorsion proche du grand écart facial.

Aïe ! J'en ai mal pour lui!

Déjà qu'il ne nous faisait plus tellement réfléchir ou nous éveiller aux hautes sphères de la philosophie mais là, BHL ne nous fait plus rire sauf quand il se prend une tarte à la crème sur la figure.

 

Par Milton Dassier - Publié dans : philosophie politique - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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