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racisme et xénophobie

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 12 2009 16:15

http://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2008/08/20/200808201083_zoom.jpgJe parlais de dérapages à propos du débat sur l’identité nationale. Des dérapages avec sortie de route qu’on justifie par le brouillard des médias ou l’erreur technique : « C’est pas moi M’sieu l’agent, c’est la voiture qui a un problème. Ma conduite est bonne, je n’ai jamais d’accident habituellement, j’ai même un bonus de 40% sur ma police d’assurance. »

 

Nadine Morano, Brice Hortefeux, tous nous ont fait le coup du malentendu, des propos sortis de leur contexte, de l’erreur d’interpération. Bref, on connaît la musique par cœur maintenant.

 

Là, je vais vous parler d’un truc nouveau. Il y a quelques jours, la mosquée de Castres a été profanée de façon très barbare par un groupe d’individus bien organisés. Tags, destruction de matériel et morceaux de cochon accrochés sur les portes. Et tout ça, juste après la tenue du débat sur l’identité nationale à la mairie de Castres et le vote contre les minarets en Suisse.



Quelques photos grands formats publiées sur Mediapart de Mickaël Hadgenberg  ici , ici et ici.

Beaucoup ont condamné l’acte raciste, à l’UMP comme ailleurs. Beaucoup sauf le maire UMP de Castres, Pascal Bugis. Il a simplement déclaré ceci : « «A chaque fois que l'on s'attaque à un symbole, c'est intolérable. Je ressens pour ma part la même chose lorsque j'entends, par exemple, que l'on siffle la Marseillaise. C'est du même niveau. Nous avons à Castres des tagueurs, qui expriment leurs haines de différentes manières. Et quand on touche aux symboles, cela fait très mal.»

 

Vous avez bien lu. Pour lui, ça n’est pas plus grave que La Marseillaise sifflée. Evacué le caractère raciste, évacué le délit d’atteinte aux biens.

Dans ce cas, allons taguer la mairie de Castres et laissons des abats d’animaux bien en évidence sur les portes.

 

 

Car, pour le moment, il n’est pas interdit de siffler un hymne puisque cela relève de la liberté d’expression. Taguer un lieu de culte, le souiller pour des raisons racistes relèveraient de la liberté d’expression selon le maire. Il dirait sûrement que c’est idiot mais, je pousse son  raisonnement jusqu’au bout.

 

Ce qui est incroyable est que Castres n’est pas le siège de tensions communautaires et la délinquance n’y bat pas des records. Tant mieux, cela prouve que la ville est bien tenue. Mais, alors, quel est le but du maire ? Il serait proche de Philippe de Villiers et ses adjoints appartiennent au parti très à droite du vicomte, il serait donc un de ces types de droite qui fraye avec des transfuges d'extrême droite et leurs idées sans le dire franchement.

 

C’est très tendance à l’UMP en ce moment…

 

On a donc là, un nouveau type de « dérapage » : le slalom maîtrisé sur route boueuse avec clin d’œil s’il vous plait.

 

Du grand art !

Par Milton Dassier - Publié dans : racisme et xénophobie - Communauté : Communauté de l'opposition
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 12 2009 14:23

http://www.pyepimanla.com/dec_jan_07/sep-oct-2007/images/photo-2/colonialisme.jpgElle dit que ses paroles ont été sorties de leur contexte. Hum !

Nadine Morano tente désespérément d’atténuer la polémique à son sujet.

Les propos qu’elle a énoncés n’en demeurent pas moins très ambigus.

Voyons de quoi il retourne.

 

Elle répond à une question sur la compatibilité de l’islam avec  la république.

 

«On ne fait pas le procès d’un jeune musulman. Sa situation, moi je la respecte. Ce que je veux, c’est qu’il se sente Français lorsqu’il est Français. Ce que je veux, c’est qu’il aime la France quand il vit dans ce pays, c’est qu’il trouve un travail, et qu’il ne parle pas le verlan. C’est qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers.

 

C’est vrai, il n’y a rien de franchement raciste ou xénophobe là dedans. Mais le sous-entendu est là, incontournable.

 

Elle veut qu’il se sente français lorsqu’il est français, sous-entendu : il ne fait rien pour cela.

 

Elle veut qu’il aime La France, sous-entendu : il a du mal à l’aimer.

 

Elle veut qu’il trouve du travail, sous-entendu : il n’en cherche pas.

 

Elle ne veut pas qu’il parle le verlan : sous-entendus, le verlan c’est nul, c’est une langue de délinquant,  une langue qui donne une image négative de celui qui le parle et puis le verlan nuirait à sa maîtrise de la langue française que sans doute il ne maîtrise pas puisqu’il est musulman.

 

Elle ne veut pas qu’il mette sa casquette à l’envers, sous-entendu : la casquette à l’envers est un acte antifrançais. Un français authentique ne ferait jamais !

 

Ce qui signifie en gros, tu es musulman, tu dois faire des efforts. Cela fait vraiment conseil de classe !

 

C’est le racisme des colonies qui ressurgit ici. C’est le racisme qui tend à voir en un indigène un brave type au fond, qu’il faut éduquer et civiliser.

Vous n'êtes toujours pas convaincus? Alors, amusez-vous à remplacer "musulman, verlan et casquette à l'envers" par "antillais, créole, bonnet rasta" ou par "juif, yiddish, kipa", ou par "basque, langue basque et béret basque". Très probant!

Par Milton Dassier - Publié dans : racisme et xénophobie - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 12 2009 20:02

Nous voilà en plein débat sur l’identité nationale avec le sentiment amer pour nos dirigeants de droite que l’étranger est trop étrange pour être un bon français, surtout s’il a une religion différente, surtout si son visage de métèque ne cadre pas avec celui des campagnes verdoyantes du vieux pays de France.

Dans quelques jours,  les commémorations du Mont Valérien. La résistance sera à l’honneur. Sera-t-elle aussi instrumentalisée pour le débat sur l’identité nationale ? On verra bien si Nicolas Sarkozy évoque et honore, ceux de ces étrangers français par préférence qui ont le mieux servis la France leur pays de circonstance.

Espagnols antifranquistes qui libérèrent Toulouse, africains et maghrébins qui libérèrent Toulon, Marseille puis Strasbourg. Et les FTP-MOI. Oui, même la  résistance de l’intérieur a eu ses étrangers, ses métèques, ses basanés, ses immigrés. Sans doute, dans la France d’aujourd’hui, seraient-ils soumis à des reconduites à la frontière ou placés en centre de rétention !!  

La propagande française fasciste en bonne fille aînée du nazisme allemand avait tenté de faire peur à la population  en exhibant les têtes hirsutes et le teint « sale » de ces résistants parmi les plus emblématiques. Une affiche rouge sang était placardée un peu partout dans le pays. Le 15 décembre 1941, vingt-trois furent fusillés au Mont Valérien. Ils étaient arméniens, roumains ou hongrois, juifs, athées et chrétiens. Ils pouvaient même exécuter des généraux nazis en plein Paris pour le compte des FTP. Du terrorisme, disait-on à l’époque, du terrorisme dirait-on aujourd’hui !

 

Leur groupe s’intitulait : Les Francs-Tireurs Partisans- Main d’Oeuvre Immigrée.

 

Ils étaient communistes ou anarchistes. Ils étaient de l’ultra-gauche de l’époque.

La droite et la gauche  républicaines, elles, avaient bradé la république…

 

Missak Manouchian, l’un de leur leaders,  a laissé une lettre d’une dignité exemplaire que vous pourrez lire ici :

 

Aragon leur a rendu hommage dans le poème ci-dessous que Léo Ferré a mis en musique quelques années plus tard. Le clip comporte des photos d’époque.

 

Ils résistaient non pas pour se faire voir comme de bons français patriotes mais en combattants pour la liberté. Il leur semblait que défendre la France, était un authentique combat pour la liberté.


Le Figaro publie les photos inédites de leur exécution.



Leur combat continue…

 

Strophes pour se souvenir


Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

 

 

 

Par Milton Dassier - Publié dans : racisme et xénophobie - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 12 2009 17:32

http://193.251.82.94/pif-collection/nouveau_pif_gadget/pif_en_guyane.jpgTout de monde de sensé s'accorde pour dire qu'on ne peut pas faire un débat sur l’identité nationale dans le but de définir cette identité puisqu’on risque de définir une appartenance et une identité à la fois.

Le consensus est impossible et de toutes façons, chacun avec son histoire différente aurait une définition éloignée de son voisin. Et c’est heureux.


Les deux enfants sur la photo? Magrébins? Africains? Antillais? Guyanais? Réunionnais? Néocalédoniens? Polynésiens? Mahorais? Wallisiens? Vous avez vu, ils lisent Pif Gadget, donc forcément de bons et braves petits français non? Cela ne suffit pas? Promis, on les obligera à chanter La Marseillaise!
 

En réalité, la France est en panne de contrat social, de contrat républicain. Cette volonté de débat est un aveu. Celui de n’avoir pas su, ces dernières années garantir à chaque citoyen ce qui est inscrit au fronton des mairies : la liberté, l’égalité, la fraternité.

 

L’aveu est soigneusement déguisé en accusation, en menace. Des gens seraient en France pour en saboter les principes et les valeurs ; pour la dénaturer dans ce qui fait sa profondeur, son enracinement.

 

Voilà ce qu’on nous dit au fond. Le débat est donc en filigrane un appel à la guerre, à la résistance contre ces ennemis de l’intérieur.

Seule concession : certains des ennemis n’ont pas compris ce qu’était la France, donc on le leur rappellera, histoire de leur donner une chance de changer en imitant le français de souche. Donc on martèle depuis quelques semaines que la France est chrétienne et laïque, que la France est européenne, que vivre en France, ça veut dire des droits et des devoirs sans s’interroger sur les devoirs de la France envers tous ses citoyens.

 

Et là, il est absolument nécessaire, indispensable même, de lire le texte de Raphaël Confiant où il parle des devoirs accomplis par des citoyens devenus français par un aléa heureux de l’histoire sans que la république fasse tous les siens, encore aujourd’hui.

 

Il rappelle que les antillais sont des citoyens français depuis 1848 sur des territoires qui le sont  depuis 1635, c'est-à-dire bien avant la Franche-Comté ou la Savoie. Il évoque la participation à toutes les guerres de la république depuis 1848 des antillais : sous Napoléon III (campagne mexicaine de 1862), sous la IIIème république (Crimée, 1ère guerre mondiale), dans les FFL lors de la 2ème guerre mondiale, sous la IVème république (Indochine, Algérie) et sous la Vème.

 

Ces français ont donc fait leur devoir, ils ont acquitté l’impôt du sang à de nombreuses reprises. Que ce soit outre-mer ou en métropole, ils participent à l’effort du pays. Les devoirs sont donc acquittés de la part de ces citoyens. Mais qu’en est-il des devoirs de la république envers eux notamment dans le domaine de la fraternité et de l’égalité ?

 

Mardi 9 décembre 2009, à l’assemblée nationale, Eric Besson a dit la phrase suivante :

Chacun peut être fier de ses racines, mais en même temps il existe un creuset, celui de la République (...) qui pour moi instaure une hiérarchie entre les appartenances.»

 

Dans la bouche du ministre, la précaution de ne pas confondre identité et appartenance n’est plus. On sait qu’elle mène obligatoirement à une vision « raciste » de l’identité. Ce n’est pas moi qui le dis, mais un philosophe comme Michel Serres, pourtant peu suspect d’engagement politique.

 

Confondre l’identité et l’appartenance est une faute de logique, réglée par les mathématiciens. Ou vous dites A est A, je suis je, et voilà l’identité ; ou vous dites A appartient à telle collection, et voilà l’appartenance. Cette erreur expose à dire n’importe quoi. Mais elle se double d’un crime politique : le racisme. Dire, en effet, de tel ou tel qu’il est noir ou juif ou femme est une phrase raciste parce qu’elle confond l’appartenance et l’identité.

 

 

Hiérarchie, le mot a donc été lâché par Eric Besson. Il y aurait des citoyens plus français que les autres. Il n’a pas dit selon quel critère mais, d’un seul coup, on comprend tout. D’autant que le ministre a reconnu les contrôles policiers au faciès comme un mal nécessaire.

 

L’antillais, français légitimé par la république, ayant accompli ses devoirs de citoyen à travers plusieurs générations, reste un français d’outre-mer qu’on confondra souvent avec un africain à cause de la couleur de sa peau lors d'un contrôle de police en métropole. Cela n'arriverait pas aux Antilles..  Il subira diverses discriminations voire des vexations de la part de certains de ses concitoyens et sera souvent traité par-dessus la jambe par les autorités de son propre pays. République à géométrie variable?

 

Les français d’outre-mer ne participeront pas à cette mascarade de débat, ce carnaval de fachos en herbe. Aux Antilles, la question est suivie de loin. Encore une lubie de là-bas pensent beaucoup de gens. D’ailleurs, rien n’est encore annoncé dans les préfectures. Normal, car les français d’outre-mer ont des appartenances multiples ceci par de nombreuses migrations forcées ou non qui se sont étalées sur des siècles. Afrique, Amériques, Indes, Indochine, Europe, Chine, Proche-Orient, Maghreb…etc.

 

Diversité assumée parce que chacun la vit dans son être. De par ses origines qui très souvent se voient, de par l’environnement géographique, de par l’histoire, de par la culture métisse, créole, ouverte sur le monde alors qu’il vit sur de petits territoires entourés d’océan bleu ou vert.

 

 

Par Milton Dassier - Publié dans : racisme et xénophobie - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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