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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 11 2009 19:10

Et un p’tit tour et puis s’en va. Il y a environ 5 millions de personnes qui habitent les banlieues de la petite couronne. Le président les a honorées de sa présence hier quand il s’est rendu en banlieue.

Cela fut organisé comme un voyage à l'étranger...

Mais il n’y avait pas foule sur le trajet du président, donc pas de foule, pas de bains. Sans doute que ça puait trop pour les narines délicates du président.

Bobigny, Epinay, Le Perreux : des petites villes fourmilières avec leurs joies, leurs bonheurs, leur vie citoyenne, leurs malheurs et leurs drames aussi.

La crise, la pauvreté galopante, les déficits, le chômage, on aurait pu s’attendre à un discours sur la cohésion sociale, sur le souhait que tout le monde se mette au travail ou se bouge afin que, tous, nous nous en sortions.

Raté, le président est venu en banlieue pour parler insécurité et délinquance, lutte contre le trafic de drogue et surtout pas du mal être des gens.

 

Surtout ne pas parler de la pauvreté dont l’INSEE nous annonce la lente progression depuis 2002 et son accélération depuis 2007.

Quelques chiffres pour comprendre :

 

  • En 2007, la moitié des gens vivent avec un revenu inférieur à 18.170€ / an, soit 1510€/mois.
  • 10% des gens vivent avec moins de 10.000€ par an.

 

On calcule ainsi le taux de pauvreté à partir de 60% de ce revenu médian, soit 10.902€ par an.

Et on trouve la proportion de gens qui vivent avec moins de 10.902€ par an, soit 13,4% pour 2007. Ce taux est en augmentation : il était de 12% en 2002. Il serait de 14% pour 2009.

 

Surtout ne pas parler des dépenses de santé des plus fragiles qui coûtent de plus en plus cher : cotisations à une complémentaire santé, forfaits hospitaliers et ambulatoires, soins non remboursée. Les dernières statistiques parlent d’une augmentation de 45% en 7 ans.

Or les plus fragiles sont plus nombreux dans les milieux populaires…

 

Surtout ne pas parler de l’avenir qui sera forcément sombre pour les plus pauvres.

Les déficits, les retraites. Qui va payer au bout du compte ? Les travailleurs qui s’appauvriront puisque pour ne pas plomber l’économie, ils ne verront pas leurs revenus progresser.

Il y a déjà plus de 2 millions de travailleurs pauvres qui vivent sous le seuil de pauvreté.

 

En parlant de sécurité, de délinquance, Sarkozy a-t-il voulu donner le signe qu’il craint que tous ces gens qui vivent si mal pourraient verser dans la délinquance ?


Mais il a un autre truc : opposer les pauvres entre eux grâce à un discours bien pesé sur l'immigration et l'identité nationale. Comme dans le sketch de Fernand Reynaud, le pauvre de souche française va s'en prendre au pauvre d'origine étrangère qui lui prend, donc lui vole, son pain, son boulot, ses alloc', son identité ...

 

 

En fait la politique du président consiste à jouer du bâton et de la carotte.

La carotte pour son électorat, sa classe sociale sous forme de bouclier fiscal, de suppression de taxe professionnelle et de TVA à 19,6%.

Le bâton, c’est pour les autres : police, caméras de surveillance, garde-à-vue,  contrôles d’identité, coups de matraque, détention, rétention.

 

Par Milton Dassier - Publié dans : sarkozy - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 11 2009 00:40

Sarkozy n'avait pas prévu cela. Jacques Chirac avait fait entrer au Panthéon deux écrivains : André Malraux et Alexandre Dumas.

A la mort d'Aimé Césaire, lors du début du quinquennat de Sarkozy, certains envisageaient l'entrée de l'écrivain au Panthéon. Sa famille avait refusé. Sarkozy n'avait pas tenté de récupérer la mort du martiniquais.


La semaine dernière, le président de la république a fait savoir son intention de faire entrer au Panthéon les cendres d'Albert Camus qu'il admire parait-il beaucoup.

On a du mal à le croire car Albert Camus était plutôt proche de l'anarchisme et prônait la révolte comme façon de vivre.

Une révolte considérée par Camus comme la seule façon d'avoir un but dans la vie, une conscience aigüe de l'humain dans un monde dominé par des forces inhumaines comme le nazisme, le capitalisme, le stalinisme et les religions.

A la limite, un homme comme Julien Coupat ou même Dieudonné que déteste certainement Sarkozy sont bien plus proches d'Albert Camus qu'Alain Finkielkraut, ou Bernard-Henry Lévy.

Cette forme d'existentialisme s'opposait à celle de Jean-Paul Sartre et les deux hommes se querellèrent à ce sujet.

De là, une certaine tendance à voir Camus comme un anticommuniste viscéral donc un philosophe acceptable pour la droite.

 

J'imagine que Sarkozy a dû faire sienne cette phrase de l'écrivain en lui donnant un sens très personnel.

 

En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout.


Mais, Camus était au delà de cette quête de l'égo. Dans "L'étranger", ne met-il pas en scène un homme qui ne joue pas le jeu de la société où il vit et qui accepte son destin funeste parce qu'il refuse de mentir sur lui-même, sur le monde, sur les gens ?


Aujourd'hui on apprend que le fils d'Albert Camus refuse que les cendres de son père soient transférées au Panthéon car il ne veut pas qu'on se serve de cet honneur pour une récupération politique. Cette lucidité du fils aurait fait plaisir au père. Car Camus voyait dans la lucidité la qualité essentielle de l'homme en révolte. Apparemment, pour Sarkzy l'opération de com' est partie pour un flop.


Offrons-lui cette phrase très forte à méditer en ces temps de néocolonialisme et de politique sécuritaire.
 

Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme.

Albert Camus

Sarkozy pourra toujours se consoler en regardant le tout dernier épisode des Simpson où il apparait avec Carla Bruni. Une Carla un peu bourrée et juste un peu nymphomane qui drague le patron d'Homer, un Sarkozy qui mange du camembert avec une petite cuillière en or à son bureau, et répond au téléphone : "Hello, you're getting cosy with Sarkozy" ( Salut, Sarkozy pour vous mettre à l'aise!)




Par Milton Dassier - Publié dans : sarkozy - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 11 2009 19:19

Nicolas Sarkozy avec Dany Boon lors de sa remise de la légion d’honneur, s’est un peu lâché. Il se sentait bien, le président.  Au discours écrit, il a ajouté des tas de petits commentaires légers mais en fait bien lourds qui en disent long sur sa personnalité et sa vision de certaines choses. On connaissait Sarko en colère révélant son agressivité, on a ici Sarko, gentil, guilleret mais capable de dire le fond de son coeur: un coeur très ordinaire en fait.

 

Vous pouvez regarder la vidéo qui dure 11 minutes. En fait, Sarkozy lit un texte préparé mais y glisse régulièrement des commentaires et même des petites vannes. Voici le verbatim de ces petites perles spontanées parfois censées faire rire mais qui montre souvent aussi, une sorte de condescendance par rapport aux origines sociale, géographique ou ethnique. Par exemple, les vannes et l’hilarité autour du vrai nom de Dany Boon, Hamidou, laissent perplexe.

 

Il y a clairement chez Sarkozy, une tendance à mépriser, à moquer les noms à consonnance d’Afrique du Nord comme chez beaucoup de gens dans la bourgeoisie de la « vieille France catholique ».

 

Ce qu’il raconte sur Sangatte est étonnant. Un Sarkozy très surpris de la tolérance des habitants de Sangatte envers les migrants. Il met cela sur le compte des valeurs du Nord…

Cela montre qu’il n’a jamais fréquenté des gens dans la misère, ni même des pauvres. Pourquoi un pauvre en voudrait-il à un plus pauvre que lui qui n'aspire qu'à une chose: partir ?
 

On voit chez Sarkozy, une vision avec beaucoup de clichés sur la dignité, la réussite sociale, le peuple,  l’amour pour une femme, la façon d’affronter échecs et réussites dans la vie. Quelques réflexions amères à la fin sur ceux qui trichent pour leur image et que, lui, Président de la République est « obligé » de récompenser car leur semblable finalement.

 

Un peu comme si la réussite de Dany Boon, sa simplicité, sa gentillesse et l’amour qu’il suscite de la part des français intriguait Nicolas Sarkozy qui a réussi lui aussi mais d’une toute autre façon, au fond. En mordant. Il n'a pas obtenu l'amour du peuple. Elu, oui! Mais pas aimé. 

Chaque commentaire fait l’objet d’un paragraphe. Entre les deux, il y a le texte que lit Sarkozy sur le parcours de Dany Boon. On ne l’a pas reproduit ici.

 

J’ai bien connu les valeurs du Nord, même si c’est le Pas de Calais, à Sangatte. C’est pas une plaisanterie, je ne suis pas persuadé qu’il y ait beaucoup de villes de notre pays, qui auraient accepté ce que Sangatte a vécu pendant des années ; sans qu’il y ait, une seule violence, j’veux dire, entre la population et les malheureux qui se trouvaient là. Il y a eu de la violence, j’y suis allé cinq fois mais à l’intérieur du local. A Sangatte , il y a une rue et une cabine téléphonique, mais les gens de Sangatte, ils ont supporté pendant des années sans rien dire, ce qu’aucune autre ville n’aurait été capable de supporter. Je veux dire par là que les valeurs du Nord, c’est pas quelque chose de culturel qu’on aime à décrire spécialement quand on n’est pas du Nord, en disant certes, il fait pas toujours beau bon y a la côte d’Opale mais c’est une réalité que j’ai pu moi-même mesurer et dont vous êtes l’expression.

…/…

Vous êtes le fils d’un kabyle marié à une catholique picarde, un boxeur devenu chauffeur-routier à Armentières.. Bon ça commençait pas terrible ! Heureusement, la république vous a ouvert les portes. Disons que, question rêve, on part de loin !

 

 

…/…

Vous avez déjà choisi la fiction à la réalité en préférant le nom Dany Boon au très joli nom qu’était le vrai : Daniel Hamidou..(rire) Bon, ça s’aggravait de plus en plus ! (rires) Moi, je peux me permettre, moi, c’est Sarkozy mais Hamidou quand-même ! Allez faire une carrière avec ça ! Day Boon, ça a quand-même une dimension internationale

« Bienvenu chez les ch’tis », c’est pas un succès, c’est un truc inouï ! C’est extraordinaire, vous dépassez « La Grande Vadrouille » et Dieu seul sait que « La Grance Vadrouille, c’est 17 millions de spectateurs et qu’on décrivait ça comme quelque chose qu’on ne retrouverait jamais. Vous faites vingt millions.

Pour la première fois depuis vingt ans que, sur le marché national, la part du cinéma français dépasse la part du cinéma américain. Faut pas qu’on s’énerve, c’est l’arbre, l’énorme arbre, le baobab qui cache la forêt mais, malgré tout, pourquoi bouder son plaisir.

…/…

C’est pour Yaëlle que vous vous êtes converti au judaïsme. Franchement, je trouve ça passionnant parce que c’est la puissance de l’amour, l’engagement total, je veux dire, tomber amoureux de quelqu’un, se convertir, comprendre sa culture, intégrer son chemin, ne pas se comporter..enfin..dans une représentation classique. L’homme plein de succès qui conduit et la femme, derrière qui suit. Moi, je trouve que c’est assez bouleversant. Bon ! (s’adressant à Dany Boon), Faudra qu’on en parle. C’est un truc qui m’intéresse. Il y a plein trucs qui m’intéressen chez vous. Mais il faut qu’on fasse attention, il y a une caméra. Sinon, j’aurais été beaucoup plus loin. Vous pratiquez l’humour juif, maintenant vous pratiquez le judaïsme.

…/…

Et puis, je trouve que vous savez gérer la réussite. Je vous ai observé quand vous avez eu des revers à la fois personnels et professionnels. Vous avez gardé votre ligne, vous avez travaillé encore plus. Je vous ai observé quand vous avez eu des succès personnels et professionnels ; ça vous a pas fait changer d’un centimètre. Simplement, vous avez élargi votre palette. Et au fond, j’aimerais que vous puissiez réconcilier la réussite et les français.

La réussite, c’est pas forcément mal dans notre pays. Et voilà Dany Boon. C’est l’exemple qu’on peut réussir sans faire scandale, sans insulter personne, sans se croire engagé dans ce qu’on appelle une pensée dominante. C’est assez étrange et en plus, les gens vous aiment.

Je trouve que c’est extrêmement réjouissant de voir ça. On n’a pas besoin de faire le faux intellectuel. On n’a pas besoin de cracher dans la soupe. On n’a pas besoin d’appartenir à un courant de pensée obligatoire quand on est dans un certain milieu.

On n’a pas besoin de la ramener. On n’a pas besoin de donner des leçons aux autres puisqu’on est soit même un exemple.

Je trouve que c’est extrêmement réjouissant de voir le succès qui vous arrive. Surtout quand on voit d’où vous partez. Ca prouve que la France reste un pays où tout est possible.

…/…

Et moi, je suis pas obligé de décorer des gens que je ne connais pas, des gens que je n’apprécie pas, des gens qui ont dit du mal de moi.

Alors, je vais faire un truc étrange, je vais décorer quelqu’un qui le mérite, avec qui on s’est toujours bien entendu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Milton Dassier - Publié dans : sarkozy - Communauté : Communauté de l'opposition
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 10 2009 16:50
Le titre est tapageur. Un million par jour pendant six mois. De quoi aider des chômeurs, des petites entreprises, des sans-logis,des travailleurs précaires ou tout simplement relancer un secteur en difficulté. Le chiffre vient de tomber dans un rapport de la Cour des Comptes dont Mediapart s'est fait l'écho : 171 millions d'Euros pour les six mois de présidence de l'UE.

L'article de Mediapart répertorie certaines des dépenses les plus folles comme le dîner des 43 chefs d'état invités pour ce qui ne fut, finalement, qu'une vaste opération de com, l'inauguration'de l'Union Pour la Méditerranée. Un dîner à 1 million d'Euros.
Pendant ce temps, les nombreux policiers et agents de sécurité utilisés pour assurer la sécurité du dîner avaient mangé pour 5183 € en tout (pas chacun!). On croit rêver!

En fait, les deux jours consacrés à l'organisation de la venue en grande pompe des 43 chefs d'états de l'Union Pour la Méditerranée auront coûté 16,6 millions d'Euros au contribuable français. Par exemple, la moquette posée pour deux jours et remise au placard ensuite : 91.000€! C'est que pour la vanité de Sarkozy, c'était essentiel. Il lui fallait réunir sur une même photo, le Premier Ministre israélien et le Président de la Syrie, ça fait cher la photo. Mais pour l'espoir d'un Prix Nobel de la Paix rien n'est trop beau, rien n'est trop cher!

Truculent aussi, l'affaire des "Assises européennes pour l'innovation" organisées à La Vilette avec pour Président Claude Allègre, histoire de préparer son éventuel ralliement au sarkozisme et peut-être au gouvernement. Donc, encore une opération de com'!
Côut des assises : 702.516€...

Et puis, il y ce logo pas terrible payé 57.408€ au designer Philippe Starck qui, selon Mediapart, ne l'aurait pas réalisé lui-même...


Mais ce n'est pas tout, comme la facture devenait trop salé, l'Elysée a fait appel à des sponsors pour 10.897.867€ qui s'ajoutent au total du coût de ces six mois de présidence française de l'Union Européenne...

Par exemple:

Areva a dépensé 1.200.000€ pour l'illumination de la Tour Eiffel pendant 6 mois aux couleurs de l'Union Européenne.

Lagardère a dépensé 107.000€ pour une carte géante de l'Europe surle Champ de Mars.

Les constructeurs automobiles français ont prêté 140 véhicules à l'Elysée pendant les 6 mois.

La folie des grandeurs a atteint son paroxisme avec Nicolas Sarkozy. Voyez ci-dessous...












Par Milton Dassier - Publié dans : sarkozy - Communauté : Communauté de l'opposition
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