Mardi 5 juillet 2 05 /07 /Juil 18:01

Dans l’affaire DSK, il y a des choses surprenantes. On est passé en quelques jours d’une possible condamnation à 74 ans de prison à un non lieu qui devrait être annoncé prochainement.

 

Etrange non ?

 

Plus étrange encore, pourquoi le directeur du FMI a-t-il été coupé du monde pendant dix jours quand il fut mis en prison, sans aucune possibilité de contact extérieur hormis avec ses avocats ? Le FMI en fut totalement paralysé et DSK, poussé à démissionner. Juste après cette démission, le juge accédait à sa demande de liberté sous caution avec contrôle judiciaire renforcé..

 

La chute du directeur du FMI est tout de même tombée à un moment où le FMI devait prendre des décisions essentielles qui, à en croire, Thierry Meyssan, ne plaisaient pas aux néoconservateurs occidentaux.

On ne le rappellera jamais assez, ceux-ci ont pour credo, le libéralisme économique et financier absolu. C’est le libre-échange qui régule les marchés. Dans cette partie de poker, celui qui gagne, c’est celui qui domine les autres.

Or, les Etats-Unis, pour peu que leur économie soit en mauvais état, veulent garder le privilège que leur dollar demeure la monnaie de référence pour les échanges commerciaux. Il leur suffit de faire marcher la planche à billets pour que leur passif soit digéré grâce au commerce mondial. Les pays émergents voient d’un mauvais œil le maintien de cette hégémonie qui les bride dans leur expansion.

 

Christine Lagarde fut nommée à la place de DSK, sans doute pour mener une politique bien moins audacieuse qui préservera les Etats-Unis de toute contrainte ou perte de domination.

 

Thierry Meyssan avance donc que DSK avait choisi une voie réformiste qui gênait les Etats-Unis même si ils ne l’annonçaient pas publiquement. DSK avait triplé les fonds propres du FMI et avait fait émettre pour 250 milliards de droits de tirage spéciaux (DTS) avec un poids réduit du dollar dans le panier qui les compose.

 

 

Ainsi, ces DTS  risquaient de devenir non pas un instrument monétaire technique mais une véritable monnaie de référence virtuelle qui aurait progressivement diminué l’influence du dollar. On entrait ainsi peu à peu dans un embryon de gouvernance financière mondiale articulée autour du FMI.

 

Et, quand cette monnaie de référence devait-elle devenir officielle ? Le 26 mai 2011 lors du G8 à Deauville… Bien entendu, tout cela a été suspendu…

 

Dans son analyse, Thierry Meyssan va plus loin et explique qu’un pays d’Afrique avait décidé de mettre en place une monnaie de référence africaine basée sur le cours de l’or et la monnaie virtuelle du FMI (les DTS), pour se passer à terme du dollar dans les échanges interafricains. Un pays riche, aux finances saines, disposant d’une ressource énorme et ayant investi en Afrique dans de vastes projets de développement transnationaux aux côtés de la Chine et de la Russie.

Projets de voies ferrées, de routes, d’autoroutes pour relier entre eux tous les pays du Maghreb d’Est en Ouest et les pays du Sahel du Nord au Sud en passant par le Tchad.

 

Mais quel est donc ce pays ?  

 

La Libye

 

On ne saura pas si la chute de DSK a été voulue par les américains et leurs alliés français et anglais. Cependant, on ne peut qu’être frappé par la coïncidence des dates. DSK tombe juste avant de pouvoir mettre en place les nouvelles règles du FMI, la Libye est envahie fort opportunément depuis le mois de mars, soi disant pour aider des rebelles dont on est incapable de savoir s’ils sont d’authentiques démocrates. A côté des livraisons d’armes et de l’instruction militaire fournie par l’OTAN, les occidentaux ont aidé les rebelles à la mise en place d’une structure financière, une banque centrale des insurgés tout en bloquant les avoirs de la banque centrale du régime Kadhafi.

On voit donc bien qu’assurer un contrôle sur les finances de la Libye était bien plus urgent pour les occidentaux que des institutions démocratiques, sanitaires ou judiciaires que le peuple libyen « libéré » aurait pu désirer !

 

Si l’histoire confirme ces éléments et cette analyse, il semblerait donc qu’on assiste d’une part à un sauvetage de l’hégémonie financière occidentale et à une recolonisation de l’Afrique au profit des occidentaux, américains en tête. Les enjeux étant si importants, si colossaux que le sacrifice de DSK ne représente pas grand-chose aux yeux de ceux qui l’ont voulu.

 

Vous noterez que la grande presse marchande française n'a pas dit un mot ni sur la politique financière du FMI de DSK, ni sur les enjeux financiers et géopolitiques que représente la conquête de la Libye.

 

 

 

 

Par Milton Dassier - Publié dans : géopolitique - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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