Sujet tabou : Sarkozy paupérise volontairement la France d’en-bas

Publié le par Milton Dassier

Une nouvelle est passé inaperçue et n’a pas été répercutée par les médias.

C’est dommage car elle en dit long sur les choix politiques, économiques et sociaux de Nicolas Sarkozy.

 

Pour la cinquième année consécutive, le SMIC n’a bénéficié d’aucun coup de pouce. Il n’a augmenté que de la valeur de l’inflation,  maintenant tout juste le pouvoir d’achat des smicards. Pour l’année 2011, les smicards ont donc droit à une augmentation de 18€ net par mois !

 

Jusqu’à Nicolas Sarkozy, tous les présidents de la république de droite comme de gauche avaient augmenté le SMIC au-delà de l’inflation.

Avec Nicolas Sarkozy, changement radical et ce n’est pas lié à la crise puisqu’il a agi ainsi dés la première année de son quinquennat, c'est-à-dire avant le crack financier.

 

Le SMIC est en quelque sorte le bouclier social des salariés. Il a été conçu pour être le chiffre de référence de l’échelle des salaires, des petits salaires notamment.

 

Or, que constate-t-on ? Que le nombre de personnes salariées en dessous du SMIC n’a cessé d’augmenter. Lisez bien le chiffre ci-dessous : 21,5% des salariés en France gagnent moins que le SMIC ! Ils sont près de cinq millions.

 

La précarisation de l’emploi est une volonté politique de Sarkozy et du MEDEF. Le SMIC, c’est pour les contrats à durée indéterminée et ce genre de contrat est devenu rare…

Par ce nivellement par le bas, le smicard d’aujourd’hui est à peine plus bas que le revenu médian des français (1580€ net/mois). La moitié des salariés a un salaire inférieur à 1580€ par mois.

 

La justification avancée par ces messieurs du gouvernement et leurs experts, est d’affirmer que les bas salaires s’accompagnent de mesures d’aide de l’état : prime pour l’emploi, RSA. Le maintien du pouvoir d’achat des petits salariés n’est donc pas le fait des entreprises mais de l’état sur des fonds publics.

 

Car, c’est bien de cela dont il s’agit. Faire en sorte que les entreprises ne perdent pas une once de compétitivité dans la guerre commerciale mondiale.

On cherche sans le dire à s’aligner sur les pays à bas salaire tout en cherchant à garantir un certain niveau de consommation « subventionné » par l’état. Mais, dans le même temps, on protège les plus riches.

 

Il y a huit millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté en France, c'est-à-dire  qui ont moins de 900€/mois pour vivre. Parmi elles, des Rmistes et des chômeurs mais aussi de plus en plus de travailleurs !

 

Il y aurait donc trois types de salariés : les salariés qui peuvent négocier leur salaire au-dessus du salaire médian parce qu’ils sont très qualifiés, les salariés sous le salaire médian mais en CDI dans des secteurs protégés, les salariés précaires en CDD ou en intérim.

 

L’avenir est donc loin d’être radieux pour tous ceux qui sont promis à devenir des employés mal payés et corvéables à merci. Pas étonnant donc que certains préfèrent au moins provisoirement la « débrouille » qui paye bien mieux.

 

Quel beau bilan que le sarkozisme !

 

4,3 millions de demandeurs d’emploi, 8 millions de pauvres, la moitié des français avec un revenu inférieur à 1580€ par mois.

 

On a placé la moitié de la France dans une situation telle qu’elle n’a plus l’énergie et la volonté de voir la réalité de sa pauvreté en face. Ainsi toute revendication, toute velléité apparaît comme un luxe. Le désespoir et la honte d’être pauvre, la crainte de le devenir étouffent la colère légitime. Pour combien de temps ? L’histoire se prépare-t-elle à bégayer ? La Grèce et l’Italie commencent à verser dans les attentats anarchistes façon début du 20ème siècle, époque où les ouvriers, les petits crevaient la dalle !

 

C’est sûr, la neige qui tombe en hiver, un train qui arrive avec 12 heures de retard, ça empêche de parler de ce bilan catastrophique.

 

Il y a paraît-il, pas mal d’anciens travailleurs au black, d’anciens voleurs ou dealers qui, une fois rangés, ont monté des entreprises légales florissantes. C’est toujours mieux que d’empiler toute la journée des cartons de boîtes de conserves en contrat d’intérim dans un entrepôt poussiéreux à 900€ /mois net ou de courir dans les caisses d’allocations familiales pour obtenir le RMI!

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goc 28/12/2010 18:22


le pire n'est pas tant dans le refus du coup de pousse, que dans la monté permanente des prix des logements (et donc des loyers qui sont indexé justement sur le prix de l'immobilier)
or ces hausses sont totalement artificielles (pour ne pas dire volontairement amplifiés par les agences commissionnées) et pourraient être stoppées sans problème
la vraie paupérisation est surtout là, car elle entraine aussi le rejet des moins riches vers des banlieues de plus en plus lointaines, donc du stress, donc du contrôle plus complet des
travailleurs
car il ne faut pas oublier que si le sort des plus pauvres est dors et déjà scellé, le pouvoir continue de s'attaquer aux classes moyennes de travailleurs (celles qui votent mal), en cherchant à
les amener au même niveau que les plus pauvres