Sarkozy veut-il vraiment aider Florence Cassez ?

Publié le par Milton Dassier

On connaissait Michèle Alliot-Marie et ses gaffes en cascades sur la Tunisie. L’avant-dernière, d’ailleurs, s’est terminée par le limogeage du ministre des affaires étrangères tunisien. Juste avant une suivante, quelques jours après, montrant que, pour remonter dans les sondages, une brouille avec le Mexique, un pays démocratique ami, valait bien deux ou trois pourcents supplémentaires de côte de popularité.

 

Florence Cassez est bien mal tombée avec des zozos pareils. La cour de cassation mexicaine rejette le pourvoi de Florence Cassez et voilà le Mexique accusé d’être un pays corrompu comme une insignifiante république bananière où la justice n’existerait qu’à temps partiel.

 

Pourtant, question justice, il en est du Mexique comme de la France. Certains dossiers ont une dimension politique, certains dossiers sont très sensibles à cause d’une opinion publique excédée par l’insécurité et le grand banditisme. La justice là-bas a peu de moyens et traîne des pieds autant qu’en France. Quand on se retrouve avec une fronde des magistrats, quand on connaît la façon dont Sarkozy traite les magistrats français, on se demande comment il peut oser donner des leçons à la justice mexicaine.

 

Vous imaginez si Patrick Dills ou les accusés d’Outreau avaient été mexicains ?

 

Avec toute la diplomatie et la délicatesse dont la France est capable, notre président a été plus loin que sa ministre des affaires étrangères : il a dédié l’année du Mexique à Florence Cassez.

Et il s’imaginait que le Mexique allait continuer dans cette mascarade et participer comme si de rien n’était ?

 

Il est bien triste de voir la politique étrangère de la France se réduire à une gesticulation théâtrale qui ne l’amènera qu’à paraître encore un peu plus ridicule aux yeux du monde.

Même Florence Cassez l’a compris, elle craint que cette attitude méprisante ne soit contre-productive.

 

De toute évidence, son dossier a été truqué par la police mexicaine mais avant d’accuser toute une nation d’en être complice, il faudrait plutôt agir afin de faire réviser son procès sur des bases solides en suivant la procédure mexicaine.

 

Il paraît que Sarkozy espère faire pression pour obtenir le transfert de Florence Cassez en France. Sans doute la France garantirait qu’elle y ferait toute sa peine d’emprisonnement mais, on sait, qu’à la faveur d’un changement de gouvernement au Mexique, et sans faire de vague, elle serait libérée au bout de quelques années maximum. Le Mexique l’a compris, alors il y a peu de chances qu’il accepte. Avec le ramdam diplomatique voulu par Sarkozy, l’opinion publique mexicaine a les yeux rivés sur Florence Cassez.

 

Et comme pour n’importe quelle opinion publique, elle considérera qu’accepter le transfert de Florence Cassez, c’est se coucher devant le nouveau Napoléon III français dont les troupes avaient été battues et jetées hors du Mexique en 1867.

 

Ce contentieux avec le Mexique est symbolique de ce qui reste du prestige de la France.

 

C'est-à-dire pas grand-chose…

 

 

 

 

 

 

 

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