Sarkozy : quand l'illusion ne prend plus!

Publié le par Milton Dassier

Je m’amusais à reprendre les promesses du candidat Sarkozy et à voir la situation d’aujourd’hui. L’échec est retentissant.

Comment les gens font-ils pour ne pas envahir le faubourg Saint-Honoré et l’assemblée nationale dans un mouvement de mécontentement ?

Ben, c’est qu’ils sont bien vieux les français. La révolution, l’émeute et la grève générale illimitée, ils ne savent plus faire. Les jeunes ? Déjà, ils sont moins nombreux et en plus, leur diversité a tendance à les éparpiller.

Trop occupés à glander, à suivre la ligue 1, à se rendre à des apéros géants ou à se trouver un stage !

 

Donc, on va dire que dans son malheur d’être le plus mauvais président que la France ait jamais eu, Sarkozy a de la chance. Le Fillon bordé de nouilles pourrait-on dire!

 

Il a la chance de diriger des vieux et des apprentis vieux qui n’aspirent qu’à préserver leurs acquis sociaux et leur patrimoine tout en fustigeant les jeunes qui voudraient leur part du gâteau.

 

Il a la chance d’avoir des minorités visibles qui font parler d’elles, revendiquent plus d’égalité; comme ça, on peut les désigner comme ennemis de l’intérieur. Un débat sur l’identité nationale par ci, une loi sur la burqa par là et hop, on ne parle ni du chômage, ni de la mise sous tutelle de l’économie française par les banquiers véreux de Wall Street et de la City de Londres.

 

Il a de la chance que la coupe du monde de football commence bientôt.

La réforme sur les retraites va passer comme une lettre à la poste, c’est sûr. Et si la France gagne la coupe alors Sarkozy peut même rêver d’être réélu. Je vous fais un pari, si la France est en finale, Sarkozy assistera au match.

 

Oui, vous voyez bien, Sarkozy est très fort pour noyer le poisson de ses échecs.

 

Cependant, l’illusion a vécu. La magie n’opère plus, même sur les plus crédules de ses électeurs. A force de faire les mêmes tours, on commence à distinguer les cartes dans les manches, les boîtes à double fond, tous les trucs. La lumière des projecteurs fait couler le maquillage et donne au visage quelque chose de grotesque, de clownesque.

L’heure n’est plus au défilé, à l’exhibition chic. Même la « première dame » ne fait plus rêver. Elle redevient ce qu’elle a toujours été : une mannequin muette,  une chanteuse sans voix, une dandy assagie. Et aucune couverture de Paris-Match n’y changera rien.

 

Les affaires qui sortent en ce moment nous ramènent quelques années en arrière. Pasqua condamné, Balladur soupçonné. La fin d'un monde? Pas du tout!

Les contrats d’armement, les amis patrons de casinos, la Françafrique, l’obsession sécuritaire, les copains du Fouquet’s, du CAC 40 et des circuits financiers, tout ça fleure bon les affaires politico-financières des grandes années Chirac. A l’époque, on privatisait les grosses entreprises en plaçant à leur tête les amis des cabinets ministériels ou les plus méritants de l’inspection des finances. La plupart des grands patrons actuels sont issus de ce club. C’était la spécialité du duo Chirac-Balladur.

 

Entouré d’amis de promotion de l’ENA et de Sciences-Po, d’anciens hauts fonctionnaires, d’anciens flics, d’anciennes barbouzes, tous recasés dans des institutions d’état et des grosses entreprises multinationales, tous des obligés du système Chirac-Balladur-Pasqua, le trio infernal a créé toute une atmosphère propice aux affaires de haute voltige où tout un pan de la politique louvoie entre culture du secret et communication bien ordonnée, entre banquiers et marchands d’armes, entre services secrets et groupes armés. Là, un certain Charles Pasqua était particulièrement efficace…

 

La réalité est que Sarkozy est bien le fils de Balladur et Chirac et qu’il a pour parrain Pasqua.

La vie de Sarkozy a été marquée par ces trois hommes. Au point d’être entré parfois dans leur intimité. La fin justifie les moyens même s'ils sont frappés du sceau du déshonneur.

 

La façon dont il essayé de placer son fils Jean à la tête de l'EPAD est à l'image de ce que lui, Nicolas Sarkozy, a fait pour être là où il est. Se placer auprès des puissants de son époque pour les cotoyer puis grignoter leur pouvoir pour se l'accaparer, voilà sa vision politique. Pas étonnant que Rachida Dati l'ait séduit puis déçu tant elle lui ressemble.

 

Et en bon héritier, il applique la devise de ses pères : Se servir de la république en faisant croire qu’on la sert.

 

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A2N 21/05/2010 15:01


Bonjour Milton !

C'est sûr que l'on ne peut pas à la fois se rendre aux apéros géants, plutôt à la Biture Pride ( remarquable expression d'Alain Finkielkraut), et faire de la résistance au pouvoir en place. Comme
boire ou conduire, il faut choisir. Espérons que nos saoulards dans la joie se ressaisiront pour virer l'imposteur en 2012. Il ne reste plus beaucoup de temps pour abandonner les bouteilles
d'alcool et autres paradis artificiels.

A+