Sarkozy : « Le chômage va baisser dans les mois qui viennent ! »

Publié le par Milton Dassier

12439938-m.jpgIl n’avait peur de rien ce président qui voudrait être si populaire. Ah! Si ces français à la fois conservateurs et frondeurs voulaient bien l’aimer, ne serait-ce qu’un peu, il se dirait qu’il n’a pas fait tout ça pour rien.

 

Donc, hier soir, c’était la rencontre avec le bon peuple qui sent la bonne baguette de pain. Mais avec un genre nouveau : celui du cousin de Paris qui a "réussi" et revient faire un tour dans sa famille de province, justifie ses choix, écoute les problèmes, promet qu’il va voir ce qu’il peut faire et prodigue ses conseils.

 

Ou bien comme une thérapie familiale dans une famille qui se sent plombée parce que le chef du clan ne tient pas ses promesses et que la famille souffre alors qu’elle fait pourtant comme on lui a dit de faire.

 

Alors, on eut droit aux slogans de 2007 (« Travailler plus pour gagner plus »), aux justifications de 2008 (« le bouclier fiscal c’est pour retenir en France ceux qui peuvent y investir ! »), aux déclarations d’autosatisfaction de 2009 (« j’ai sauvé les banques françaises ! »).

 

Et à part ça ?

 

Le président a écouté, écouté, montré qu’il écoutait en prolongeant ses réponses composées spécialement pour avoir l’air d’être à l’écoute. Il a éludé les sujets qui pouvaient le gêner (les discriminations, le plan Marshall des banlieues, les fermetures d’hôpitaux..etc). Pour cela, il a un truc, il part dans des généralités bien documentées et joue au général, au patron qui fait des choix difficiles mais justes  pour le moral des troupes, pour rassurer ses employ pour le bien du pays.

 

Mais, comme, il n’était guère convaincant, que l’humour était impossible tant les difficultés des gens étaient patentes,  malgré quelques mensonges (le bouclier fiscal de l’Allemagne), il s’est avancé à annoncer :

« Le chômage va baisser d’ici quelques semaines, quelques mois ! »

 

Il a ainsi contredit tout ses experts et ses ministres qui estiment dans une belle unanimité que la situation de l’emploi risque de se dégrader et qu’au mieux on assisterait à une décélération de l’augmentation du chômage. Bref, question emploi, on va dans le mur mais à 70km/h au lieu de 110.

 

Mais, à part ça, le chômage va baisser d’ici quelques semaines, quelques mois !

 

D’autres s’y sont essayés.  Toujours sur le chômage : Giscard en 1980 : « Nous sommes au bout du tunnel ! ». On a vu comment les français l’ont remercié en 1981 d’avoir si bien trouvé l’entrée du tunnel mais pas la sortie !

 

Pour ma part, je suis rassuré. Il n’y a pas grand-chose à attendre de Nicolas Sarkozy. Il aura beau jouer les Obamas sympas, modernes, à l’écoute des vrais gens, je ne le croirai jamais. La France était sur le déclin. Avec Sarkozy, la pente s’accentue.
La France était l'un des grands moteurs de l'Europe tout en étant tournée vers des horizons lointains, au delà des mers, grâce aux régions d'outre-mer, grâce aux pays francophones, grâce à une relation privilégiée avec l'Amérique du Nord, avec l'Afrique, avec le monde arabe. Elle était une voix qui compte sur bien des problèmes du monde, elle savait être un pays "trait d'union" entre les peuples. Elle savait défendre ses intérêts bec et ongles mais elle savait aussi soutenir des causes justes et dire des vérités pas faciles entendre. Telle était son identité, sa spécificité dans le concert des nations du monde.


Vous n'avez pas l'impression que ce temps-là est révolu à jamais?
 

Le monde change rapidement. L'arrogance issue d'un passé et d'une culture trop glorifiés, a conduit les dirigeants français à l'aveuglement.

Le monde change si vite. Même les Etats-Unis ne font plus autant rêver.  Un conseil aux jeunes : apprenez des langues étrangères et faites de bonnes études en Europe, c
’est encore bon marché.

Puis, tirez-vous là où ça bouge, là où on est libre, là où la jeunesse a tous les possibles devant elle.

Publié dans opinions

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Pamphile 04/02/2010 17:36


Hé, fallait pas élire Fanfaron 1er !! Tout ce qu'il défend correspond exactement à ce qui a provoqué la CRISE. Et il persiste : grave intoxicatiob au dogme capitalisme...


ba 26/01/2010 23:16


belle article et surtout une bonne analyse. rien à rajouter vu que je pense la meme chose.
"identité nationale" quelle blague. on se bat pour que notre pays soit un exemple mais il y'en a qui ne defondent pas les interets de la france.


Milton Dassier 26/01/2010 23:40



Tout à fait d'accord, c'est la France qui perd son prestige et son identité de pays remarquable parmi les autres états. Les français restent français quelques soient leur origine. La seule
identité française est celle que donne la loi et la constitution : le droit du sol et du sang, la naturalisation pour d'autres et les valeurs de la république.



tathia 26/01/2010 19:46


dis moi Milton, c'est ou " là où ça bouge, là où on est libre, là où la jeunesse a tous les possibles devant elle " ? merci


Milton Dassier 26/01/2010 21:49


Australie, Canada, Brésil, Maroc, Inde, Argentine, Uruguay, Chili, Vénézuela, Corée, USA, Espagne sont les pays qui me viennent en premier à l'esprit. Des pays jeunes pour la plupart en
pleine expansion et modernisation avec un climat politique stable, où l'accueil des migrants est correct, où on recherche des gens qualifiés et dynamiques ou qui investissent.