Sakineh : BHL et Sarkozy ont-ils désinformé l’opinion ?

Publié le par Milton Dassier

Bidonnages et bidouillages des infos

 

De tous temps, les informations bidonnées ont été utilisées pour manipuler l’opinion publique en la préparant à accepter l’inacceptable.  On se souvient de l’incendie du Reichtag en Allemagne, commis par des militants nazis « déguisés » en communistes, on se souvient de l’attentat de Sarajevo qui fit démarrer la première guerre mondiale.

Opérations sous fausse bannière, manipulations médiatiques ou entreprises de désinformation ont été et sont encore, utilisées, pas seulement dans le domaine militaire mais dans le domaine politique et commercial.

Dîtes du mal de votre ennemi, ou accusez-le des pires barbaries et infamies pour convaincre vos amis de lever leurs réticences à l’attaquer. Voilà bien résumé, le principe de ce genre de manœuvre.

 

La première guerre du Golf fut lancée avec un tel scénario.

 

Juste après l’entrée des troupes de Saddam Hussein au Koweit, on accusa les soldats irakiens d’avoir massacré le personnel, les mères et les bébés d’une maternité.

Une jeune femme, déclarée comme infirmière rescapée de cette maternité, s’exhiba à l’ONU pour dénoncer ces horreurs. On sait aujourd’hui, qu’il s’agissait de la fille de l’ambassadeur du Koweit aux Etats-Unis et qu’aucun massacre de bébés n’avait eu lieu.

 

Manipuler pour faire peur ou discréditer

 

Tout dernièrement, les déclarations du ministère de l’intérieur sur une grande menace terroriste pesant sur la France juste avant deux alertes à la bombe bidon en plein Paris, sonnent comme une tentative de faire peur aux français à un moment où le gouvernement est sur la défensive.

 

Régulièrement, certains chefs d’états sont accusés d’être des barbares en occident. Depuis, le millenium, j’ai remarqué qu’un temps, on s’attaqua à Kahadafi et à Robert Mugabe, le président du Zinbabwe avant de mettre le paquet sur Hugo Chavez, le président du Venezuela et surtout le président de l’Iran, Ahmadinejad. Hugo Chavez eut droit à l’accusation d’antisémitisme, accusation fondée sur des rumeurs non vérifiées et infirmées par les leaders de la communauté juive de son pays.

 

Quant à Ahmadinejad, on l’accusa de vouloir détruire Israël avec une bombe atomique sur la seule foi d’une déclaration où il se contente de vouloir la disparition d’Israël de la carte, ce qui signifie plutôt qu’il espère voir les palestiniens reconquérir leur pays et donc le baptiser autrement. Avec le développement du nucléaire iranien, beaucoup de gens pensent que cette idée d’un Iran barbare et belliciste est crédible. Ils oublient ou ignorent que les gesticulations victimaires des occidentaux sont destinées à obtenir le consentement des opinions publiques.

 

Venezuela, Iran.. Tiens, tiens des gros producteurs de pétrole réfractaires aux usages occidentaux!

 

Tout est bon pour le pétrole iranien

 

Des cassandres avaient prédit, il y a six ans, une attaque nucléaire de l’Iran conte Israël avant 2010. Peu à peu, l’idée de lancer une guerre contre l’Iran a pris dans l’opinion mais avec de sérieuses réserves. A trop crier au loup pendant des années, on finit par ne plus y croire.

On tenta alors d’en rajouter sur le climat de répression qui eut lieu pendant les élections en Iran. L’opinion publique occidentale y fut sensible mais, de là à se lancer dans une guerre…

 

Il semblerait donc qu’une autre désinformation ait été trouvée pour relancer l’intérêt du public pour une punition militaire de l’Iran. Le cas d’une pauvre femme, victime d’une justice barbare au nom d’un islam décomplexée : Sakineh.

 

Quand, Bernard-Henry Lévy lança toute la presse et la classe politique contre l’Iran, je me suis demandé pourquoi on entendait qu’un seul son de cloche. Pourquoi, aucun journaliste français n’est allé se rendre compte par lui-même de la réalité des faits rapportés par BHL ?

 

Où l'on reparle de Dieudonné

 

Il aura fallu attendre que Dieudonné aille poser la question en personne au ministère de la justice d’Iran pour que la véracité des propos de BHL, de la presse française et de Nicolas Sarkozy soit entachée de terribles soupçons.

 

Ainsi, on apprend que Sakineh n’est pas condamnée à mort pour adultère mais pour meurtre.

Elle aurait drogué son mari avant de le tuer durant son sommeil avec la complicité de son amant. Lui aussi, a été condamné à mort.

 

Ainsi, on apprend qu’elle ne sera pas lapidée mais pendue puisque d’après ce qui a été dit à Dieudonné et repris par Thierry Meyssan, la lapidation a été abrogée quand la république islamique a été instituée alors qu’elle existait bel et bien dans l’Iran du Shah soutenu par les occidentaux !

  

Ainsi, on apprend que l’avocat de Sakineh n’est pas le sien mais celui de son fils, qu’il vit en exil à Paris et fait partie d’un groupe d’activistes de l’opposition armée au régime iranien actuel, un groupe soutenu par les services secrets occidentaux : les Moudjahidin du peuple.

 

Il ne reste plus qu'à attendre la vérification des propos des Dieudonné par des journalistes soucieux de la vérité.

 

Alors j'ai cherché sur le net. Des lapidations ont eu lieu en 2006 et 2008 selon Amnesty International. Le gouvernement iranien a démenti et affirme que la lapidation n'existe pas dans son code pénal. Personnellement, j'aurais tendance à croire plus facilement Amnesty International que le gouvernement iranien. D'autres sources rapportent que le code pénal iranien décrit  la taille réglementaire des pierres pour qu'elles fassent mal...  

 

Si la lapidation existe bien dans le code pénal, ce qui se vérifie facilement si on a accès à ce code et sa traduction en français, pourquoi le gouvernement iranien le nie-t-il?

 

On est dans le flou le plus total...

 

Si les propos de l'humoriste sont confirmés, on pourra dire que s’emparer du pétrole iranien conduit à toutes les extrémités, toutes les hypocrisies.

 

Que diront nos philosophes spécialistes de l’indignation et notre diplomatie, si Sakineh n’est pas lapidée mais pendue? Que leurs pressions ont eu de l'effet sur l'Iran?

 

Y aura-t-il seulement un journaliste digne de ce nom pour leur poser la question ?

 

Attendons la suite des évènements...

 

 

 

Publié dans presse et médias

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dgidgi 18/09/2010 19:56


Restons opposés à la peine de mort, surtout en temps de paix.
Lapider ou pas, condamner à mort reste une démarche insoutenable, non pas difficilement supportable, mais insoutenable tout simplement.

Cela dit, les citoyens du monde régis par une justice ayant dans sa palette la peine de mort doivent se compter par milliards, et les condmnés à mort du monde entier méritent qu'on déplore leur
sort.

Des ONG spécialisées (Amnesty International) luttent contre cela, et quand on est réellement contre la peine de mort, on n'insiste pas sur le côté de la désinformation autour de Sakiney.
Nul ne doit être tué par ses semblables.
C'est peut-être utopique, mais avec quelles valeurs humanistes peut-on tergiverser ? Pas avec la tuerir, e tous cas.


Milton Dassier 18/09/2010 23:40



Entièrement d'accord d'autant que la peine de mort existe encore en France d'une certaine façon. Le nombre de suicides en prison, cette loterie macabre qui touche les prisonniers les plus
fragiles le montre. Là aussi, une profonde injustice contre laquelle le gouvernement occidental français, démocratique et humaniste ne fait rien... Mais donner des leçons à l'Iran, pays menacé de
destruction depuis 6 ans, encerclé par les occidentaux au sud, à l'ouest et à l'est;  ça on sait le faire...



Cjuju 18/09/2010 08:52


http://www.voltairenet.org/article149946.html

5) L’homme lapidé pour adultère la semaine dernière l’a été par un tribunal local, dans un district sunnite, en violation de la loi fédérale iranienne, laquelle prohibe la lapidation depuis 2002.
C’est la première fois depuis le moratoire de 2001 qu’une lapidation est pratiquée et c’est un scandale national. Le ministère fédéral de la Justice est intervenu pour empêcher la lapidation de la
femme adultère et a ouvert une enquête qui devrait déboucher sur la sanction des juges locaux. Rappelons que l’Iran est un pays décentralisé où les lois sont appliquées de manière très différentes
selon les régions.

6) La lapidation est une sinistre sanction traditionnelle de certaines régions sunnites. Elle n’existe pas dans le chiisme et n’a donc aucun rapport avec ce que l’on nomme péjorativement le «
régime des mollahs » qui y est opposé.