Réforme Sarkozy : la retraite par confiscation

Publié le par Milton Dassier

La mobilisation grandit alors que Sarkozy espérait qu’elle se tasse et ne soit plus qu’un baroud d’honneur. Plus de trois millions de personnes dans les rues, c’est énorme.

La réforme des retraites nous fait passer de la retraite par répartition à la retraite par confiscation dans un processus qui commence aujourd’hui et se poursuivra jusqu’en 2018 et au-delà.

 

Confiscation des cotisations pour renflouer les déficits, confiscation des années de repos, confiscation de la santé et de la dignité des travailleurs.

 

C’est drôle mais le mouvement qui a lieu contre la réforme des retraites en France, pourrait évoluer comme celui avait touché la Martinique et la Guadeloupe en 2009.

 

Aux Antilles, le blocage ne venait pas de la mobilisation des grévistes mais surtout du blocage de la distribution d’essence à cause de la grève de la raffinerie et de la mobilisation des consommateurs pour perturber la grande distribution.

Il faut dire que le mot d’ordre général était la vie chère. Mais, cela cachait aussi, un sentiment de profond ras-le-bol vis-à-vis du fonctionnement de la société.

 

La similitude existe si on sait la voir. Les raffineries et les transports sont peu à peu bloqués et la pénurie d’essence menace déjà certaines régions. Finalement, c’est le meilleur moyen pour les français de faire grève sans être pénalisés par des retenues sur salaire.

Après tout, si on ne peut plus se déplacer, on ne peut pas se rendre à son travail…

 

Le ras-le-bol français ne concerne pas la vie chère comme aux Antilles mais la manière dont on fait payer aux plus démunis et aux travailleurs salariés, la facture de la crise.

 

L’intransigeance du gouvernement face à des syndicats au comportement très responsable, risque de déboucher sur une situation pré-insurrectionnelle. Non pas, par des manifestations qui dégénèreraient en affrontements avec les forces de police mais par une paralysie du pays.

Pas d’essence, pas de transports, pas d’approvisionnement, activité commerciale très réduite, services publics plus ou moins bloqués.

Le danger est que, malgré leur volonté de négocier et face au silence du gouvernement, les syndicats pourraient être débordés par leur base, qui pourrait choisir d’organiser localement un rationnement des approvisionnements dans les commerces, la grande distribution, les hôpitaux.  Quand une contestation prend la forme radicale de l’exercice d’un pouvoir sur les besoins immédiats d’une population, cela s’appelle une insurrection.

 

Aux Antilles, ce sont les collectifs de travailleurs et d’associations de consommateurs qui décidaient de ce qui pouvait fonctionner ou non, de l’ouverture des stations-services, des commerces et de leur approvisionnement.

Si le mouvement reste soutenu par une part importante de la population, toutes les forces de police et de gendarmerie n’y pourront rien.

 

Alors que le gouvernement a eu des mois pour négocier et qu’il a choisi de ne pas le faire, il serait le premier responsable de ces conséquences funestes.

 

 

 

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