Rachida Dati et la politique du rasoir jetable

Publié le par Milton Dassier

princessinchains-ani5.gifIl faut écouter l’interview de Rachida Dati sur RTL. Il faut l’écouter en oubliant le discours convenu sur l’honneur, les ragots, la crise et s’intéresser aux petites locutions qui ponctuent les phrases retenues par coeur, à cette voix chargée d’émotion et de colère si difficile à contenir.

 

Rachida Dati a bien appris son texte mais Jean-Michel Apathie la crible de questions qui ne portent que sur sa capacité à résister à ce qu’on pourrait qualifier de disgrâce. Elle est donc obligée de se montrer encore plus convaincante, de rappeler qu’elle est forte et qu’elle reste loyale au président malgré les malheurs qu’elle subit.

 

Sa défense : rester persuadée que ce qui lui arrive n’est pas du fait du président Sarkozy mais de son entourage, nier aussi ce qui se dit sur une enquête qui la concernerait. Une façon de laisser la porte ouverte au cas où.... Pourtant, Jean-Michel Apathie lui rapelle que des textos auraient été interceptés, des conversations téléphoniques écoutées.

 

Une ancienne ministre qui affirme qu’elle est venue en politique « pour l’action et par l’action ; pas par autre chose ». "Pas par autre chose!" Elle le martèlera en le disant trois fois en 30 secondes « Pas par autre chose ! ». Pathétique cette manière de se disculper du soupçon d’avoir bénéficié d’une « promotion canapé », ce que personne n’a jamais déclaré de toutes façons.

 

 

Le climat est incroyable, du jamais vu. On sent que le parti présidentiel se fissure, que des gens osent parler et remettre en cause le style de gouvernance du président, la façon dont il instrumentalise aussi bien sa vie privée que ceux qui sont à son service uniquement pour le faire briller.

 

Rachida Dati ne fut qu’un coup médiatique après tout. Tant qu’elle était dans le rôle d’une Cendrillon basanée qu’on sort du ruisseau, qu’on rend glamour et qui montre sa gratitude, elle pouvait exister et prétendre à quelque haute fonction subalterne. Mais, ses ambitions à la mairie de Paris, sa façon de se mettre en avant,  de s’abriter sous le parapluie de son mentor, ne plaisent plus car elle n’est plus d’aucune utilité.

 

Elle eut son heure de gloire, elle fut ministre de la justice et, ensuite exilée à l’assemblée européenne. Elle fit savoir son courroux, tenta de reprendre sa place sur la scène médiatique. Mais que de maladresses ces derniers mois !

 

Finalement, elle gêne plutôt qu’autre chose alors elle se fait éjecter comme une malpropre. Une belle traversée du désert en perspective.

 

Le pouvoir sarkozyste, le clan, les courtisans, les amis du Fouquet’s, tout ce petit monde vacille sur ses bases. Fini l’arrogance de ceux qui ont tout, en veulent encore plus et se croient tout permis parce que intouchables.

 

Le signal est clair. Les courtisans doivent se calmer, calmer leurs appétits et leur libido qui s’étale sur la place publique comme on le voit avec la démission de la suppléante de Patrick Balkany, Marie-Claire Restoux. Elle l’accuse quasiment de harcèlement sexuel et de favoriser un homme condamné par la justice pour de sombres magouilles politiques, Didier Schuller. Peu au fait des mœurs politiques, l’ancienne championne olympique de judo se voit humiliée aujourd’hui par le couple Balkany qui la traite de « Bécassine » et de "syphonnée". Un véritable aveu ! Une question vient forcément à l'esprit: Pourquoi alors l'avoir choisie comme suppléante?

 

Il semblerait que Sarkozy et son clan aient mis au point une méthode de communication et de marketing politique qu’on trouvait jusqu’à maintenant dans les grandes marques internationales ou les mafias. Elle consiste à s’adjoindre des personnalités qui présentent bien, des ambassadeurs de charme qui susciteront l’adhésion populaire et ainsi voileront les aspects négatifs des actions du clan. Chacun se souvient la mise en scène de la rencontre Sarkozy - Tom Cruise au ministère de l’intérieur en 2006.

 

Quelques personnalités populaires : Bernard Kouchner, Martin Hirsh (compagnon de route de l'Abbé Pierre)

Quelques sportifs en vue ambitieux: David Douillet, Chantal Jouanno, Bernard Laporte.

Un chanteur : Gilbert Montagné.

Quelques basanés  : Rachida Dati, Fadela Amara, Yazid Zabeg, Rama Yade. Presque tous sans expérience politique ou administrative…

 

Sans oublier la courte apparition de Doc Gynéco lors de la campagne présidentielle de 2007.

 

 

Mais si certains de ces figurants de luxe s’imaginent qu’ils vont s’affranchir de leur fonction de faire-valoir, alors ils se verront avertis, remerciés, éconduits, jetés.

 

Passer des sunlights à l'ombre de l'oubli comme un rasoir émoussé dans une poubelle.....

 

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pach 09/04/2010 12:14


Appel pour une marche le samedi 10 avril à 15 heures, place République afin que toute la lumière soit faite sur la mort de Said Bourarach, agressée par 6 individus et retrouvé noyé dans les eaux du
canal de l’Ourq à Bobigny.

VENEZ NOMBREUX !!!!


A2N 08/04/2010 15:48


Bonjour Milton !

Tu as dit:"Rachida Dati ne fut qu’un coup médiatique après tout. Tant qu’elle était dans le rôle d’une Cendrillon basanée qu’on sort du ruisseau, qu’on rend glamour et qui montre sa gratitude, elle
pouvait exister et prétendre à quelque haute fonction subalterne. Mais, ses ambitions à la mairie de Paris, sa façon de se mettre en avant, de s’abriter sous le parapluie de son mentor, ne plaisent
plus car elle n’est plus d’aucune utilité."

C'est bien de ça qu'il s'agit. Or, on ne peut pas diriger un pays de manière aussi aléatoire et peu cohérente. Moralité, le chateau de cartes s'effondre, entraînant derrière lui une crise
institutionnelle. Si les Hommes politiques étaient courageux, ils demanderaient illico une présidentielle anticipée. Deux années de sarkozysme peuvent précipiter ce pays dans un chaos irréversible.
Attention danger !

A+

A2N