Quelle politique étrangère française pour les pays arabes?

Publié le par Milton Dassier

horefminisQuelle ambiance délétère dans les coulisses, en haut de l'état !

On tire à hue et à dia sur la politique étrangère de la France. Il faut dire qu'il y a de quoi!

 

D’élection en élection, de sondages désastreux en sondages catastrophiques, de remaniement en remaniement,  la France s’enfonce de plus en plus dans le marasme économique et social et perd de son influence dans le monde, une influence miraculeusement préservée jusqu’ici au fil des décennies malgré les erreurs, les errances, les fourvoiements.

 

La diplomatie française n’est plus que l’ombre d’elle-même. Dans une France alignée sur les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, Israël et l’Allemagne, dans une Europe en panne de leadership et sans poids véritable, dans un monde où tout va très vite, y compris les changements de régime politique, la diplomatie française devrait être en pointe pour envisager les évolutions du monde, à défaut de les anticiper.

 

En effet, elle a connu presque toutes les régions du monde de façon intime à travers ses conquêtes, à travers la colonisation. Elle reste présente sur tous les continents avec ses régions et territoires d’outre-mer, elle a une langue parlée par des centaines de millions de personnes, une histoire qu’on lui envie, une expérience politique internationale extrêmement riche, un siège permanent au conseil de sécurité. Cela fait de sérieux atouts pour peser au moins un peu sur le cours du monde.

 

Et bien non ! Rien de cela ! La politique étrangère de la France se limite à des coups de menton médiatiques, des promesses de contrats (pas toujours tenues) et la mise en œuvre d’une propagande qui prend de moins en moins.

 

C’est terrible tout de même ! Les dictateurs sanguinaires n’étaient pas ceux qu’on avait annoncés. Merde alors, on nous aurait menti ? Rappelez-vous, ce n’est pas vieux !

 

Ahmadinejad, nouvel hitler, était l’homme à abattre pour tous les défenseurs des droits de l’homme.

Chavez était le dictateur fanfaron avec lequel il ne fallait pas transiger, ne pas commercer ou le moins possible.

Au Zimbabwe, Mugabe était infréquentable jusqu’à ce qu’il quitte le pouvoir.

 

Par contre, on trouvait que Khadafi faisait des progrès, avait abandonné sa démarche terroriste, il était prêt à se ranger, à promouvoir la démocratie peu à peu. On espérait que les échanges commerciaux allaient lui donner le goût de la stabilité et de la démocratie. Il fallait donc le ménager.

 

Ben Ali était présenté comme un type honnête, plein de bonne volonté mais résolument opposé aux « islamofascistes ». Il était donc un pur démocrate, attaché à la liberté de son peuple qu’il tenait d’une main de fer pour lui éviter la tentation islamiste. C’était pour le bien du peuple qu’agissait Ben Ali, forcément ! Voilà ce qui se disait à l’Elysée !

 

Moubarak était auréolé d’être le successeur, que dis-je, l’héritier spirituel de Sadate, l’homme des accords de paix avec Israël, présenté comme un martyr assassiné par les forces obscurantistes qui agitaient, paraît-il, la population égyptienne dans les basses fosses de l’islamisme terroriste et antisémite.

Moubarak, lui aussi, tenait son pays d’une main de fer mais c’était pour la bonne cause, c’était pour que la démocratie survive, pas en Egypte mais en Israël !

 

L’Arabie Séoudite et sa monarchie absolue et religieuse d’inspiration salafiste trouvait grâce aux yeux de Nicolas Sarkozy qui allait même jusqu’à dire : « «La politique de civilisation, c’est ce que fait l’Arabie Saoudite sous l’impulsion de sa majesté le roi Abdallah, c’est ce que font tous ceux qui s’efforcent de concilier le progrès et la tradition, de faire la synthèse entre l’identité profonde de l’Islam et la moderniser sans choquer la conscience des croyants»

 

Et il ajoutait :

 

Une politique de civilisation, c’est une politique de solidarité, une politique de partage. C’est une politique qui ne veut pas seulement s’occuper des conséquences mais qui veut aussi s’attaquer aux causes, aux causes de la misère, aux causes de l’inégalité.
C’est une politique qui reconnaît tous les hommes et tous les peuples égaux en droits, égaux en devoirs, égaux en dignité, c’est une politique qui place la vie au-dessus de tout. C’est une politique des intérêts vitaux de l’humanité. C’est une politique de responsabilité vis-à-vis des générations futures, vis-à-vis de la planète
. »

 

Dommage que les idées humanistes qui ont façonné la France, ne soient devenues qu'un bon cirage pour les bottes des riches dictateurs!

 

Les peuples arabes chassent leur dictateur et, par un étrange hasard, dans un clin d’œil de l’histoire, il s’agit de despotes avec lesquels l’occident était ami, ne se souciant pas une seconde de leurs peuples sauf pour les empêcher d’avoir l’idée d’immigrer en Europe.

 

Le changement devra être très profond car il concerne les mentalités des occidentaux savamment formatés à se méfier des arabes envisagés soit comme des apprentis terroristes soit comme des futurs immigrés, résultat de la propagande néocolonialiste, occidentaliste et sioniste.

 

 

 

Publié dans international

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