Quand Sarkozy de bonne humeur se dévoile avec Dany Boon

Publié le par Milton Dassier

Nicolas Sarkozy avec Dany Boon lors de sa remise de la légion d’honneur, s’est un peu lâché. Il se sentait bien, le président.  Au discours écrit, il a ajouté des tas de petits commentaires légers mais en fait bien lourds qui en disent long sur sa personnalité et sa vision de certaines choses. On connaissait Sarko en colère révélant son agressivité, on a ici Sarko, gentil, guilleret mais capable de dire le fond de son coeur: un coeur très ordinaire en fait.

 

Vous pouvez regarder la vidéo qui dure 11 minutes. En fait, Sarkozy lit un texte préparé mais y glisse régulièrement des commentaires et même des petites vannes. Voici le verbatim de ces petites perles spontanées parfois censées faire rire mais qui montre souvent aussi, une sorte de condescendance par rapport aux origines sociale, géographique ou ethnique. Par exemple, les vannes et l’hilarité autour du vrai nom de Dany Boon, Hamidou, laissent perplexe.

 

Il y a clairement chez Sarkozy, une tendance à mépriser, à moquer les noms à consonnance d’Afrique du Nord comme chez beaucoup de gens dans la bourgeoisie de la « vieille France catholique ».

 

Ce qu’il raconte sur Sangatte est étonnant. Un Sarkozy très surpris de la tolérance des habitants de Sangatte envers les migrants. Il met cela sur le compte des valeurs du Nord…

Cela montre qu’il n’a jamais fréquenté des gens dans la misère, ni même des pauvres. Pourquoi un pauvre en voudrait-il à un plus pauvre que lui qui n'aspire qu'à une chose: partir ?
 

On voit chez Sarkozy, une vision avec beaucoup de clichés sur la dignité, la réussite sociale, le peuple,  l’amour pour une femme, la façon d’affronter échecs et réussites dans la vie. Quelques réflexions amères à la fin sur ceux qui trichent pour leur image et que, lui, Président de la République est « obligé » de récompenser car leur semblable finalement.

 

Un peu comme si la réussite de Dany Boon, sa simplicité, sa gentillesse et l’amour qu’il suscite de la part des français intriguait Nicolas Sarkozy qui a réussi lui aussi mais d’une toute autre façon, au fond. En mordant. Il n'a pas obtenu l'amour du peuple. Elu, oui! Mais pas aimé. 

Chaque commentaire fait l’objet d’un paragraphe. Entre les deux, il y a le texte que lit Sarkozy sur le parcours de Dany Boon. On ne l’a pas reproduit ici.

 

J’ai bien connu les valeurs du Nord, même si c’est le Pas de Calais, à Sangatte. C’est pas une plaisanterie, je ne suis pas persuadé qu’il y ait beaucoup de villes de notre pays, qui auraient accepté ce que Sangatte a vécu pendant des années ; sans qu’il y ait, une seule violence, j’veux dire, entre la population et les malheureux qui se trouvaient là. Il y a eu de la violence, j’y suis allé cinq fois mais à l’intérieur du local. A Sangatte , il y a une rue et une cabine téléphonique, mais les gens de Sangatte, ils ont supporté pendant des années sans rien dire, ce qu’aucune autre ville n’aurait été capable de supporter. Je veux dire par là que les valeurs du Nord, c’est pas quelque chose de culturel qu’on aime à décrire spécialement quand on n’est pas du Nord, en disant certes, il fait pas toujours beau bon y a la côte d’Opale mais c’est une réalité que j’ai pu moi-même mesurer et dont vous êtes l’expression.

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Vous êtes le fils d’un kabyle marié à une catholique picarde, un boxeur devenu chauffeur-routier à Armentières.. Bon ça commençait pas terrible ! Heureusement, la république vous a ouvert les portes. Disons que, question rêve, on part de loin !

 

 

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Vous avez déjà choisi la fiction à la réalité en préférant le nom Dany Boon au très joli nom qu’était le vrai : Daniel Hamidou..(rire) Bon, ça s’aggravait de plus en plus ! (rires) Moi, je peux me permettre, moi, c’est Sarkozy mais Hamidou quand-même ! Allez faire une carrière avec ça ! Day Boon, ça a quand-même une dimension internationale

« Bienvenu chez les ch’tis », c’est pas un succès, c’est un truc inouï ! C’est extraordinaire, vous dépassez « La Grande Vadrouille » et Dieu seul sait que « La Grance Vadrouille, c’est 17 millions de spectateurs et qu’on décrivait ça comme quelque chose qu’on ne retrouverait jamais. Vous faites vingt millions.

Pour la première fois depuis vingt ans que, sur le marché national, la part du cinéma français dépasse la part du cinéma américain. Faut pas qu’on s’énerve, c’est l’arbre, l’énorme arbre, le baobab qui cache la forêt mais, malgré tout, pourquoi bouder son plaisir.

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C’est pour Yaëlle que vous vous êtes converti au judaïsme. Franchement, je trouve ça passionnant parce que c’est la puissance de l’amour, l’engagement total, je veux dire, tomber amoureux de quelqu’un, se convertir, comprendre sa culture, intégrer son chemin, ne pas se comporter..enfin..dans une représentation classique. L’homme plein de succès qui conduit et la femme, derrière qui suit. Moi, je trouve que c’est assez bouleversant. Bon ! (s’adressant à Dany Boon), Faudra qu’on en parle. C’est un truc qui m’intéresse. Il y a plein trucs qui m’intéressen chez vous. Mais il faut qu’on fasse attention, il y a une caméra. Sinon, j’aurais été beaucoup plus loin. Vous pratiquez l’humour juif, maintenant vous pratiquez le judaïsme.

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Et puis, je trouve que vous savez gérer la réussite. Je vous ai observé quand vous avez eu des revers à la fois personnels et professionnels. Vous avez gardé votre ligne, vous avez travaillé encore plus. Je vous ai observé quand vous avez eu des succès personnels et professionnels ; ça vous a pas fait changer d’un centimètre. Simplement, vous avez élargi votre palette. Et au fond, j’aimerais que vous puissiez réconcilier la réussite et les français.

La réussite, c’est pas forcément mal dans notre pays. Et voilà Dany Boon. C’est l’exemple qu’on peut réussir sans faire scandale, sans insulter personne, sans se croire engagé dans ce qu’on appelle une pensée dominante. C’est assez étrange et en plus, les gens vous aiment.

Je trouve que c’est extrêmement réjouissant de voir ça. On n’a pas besoin de faire le faux intellectuel. On n’a pas besoin de cracher dans la soupe. On n’a pas besoin d’appartenir à un courant de pensée obligatoire quand on est dans un certain milieu.

On n’a pas besoin de la ramener. On n’a pas besoin de donner des leçons aux autres puisqu’on est soit même un exemple.

Je trouve que c’est extrêmement réjouissant de voir le succès qui vous arrive. Surtout quand on voit d’où vous partez. Ca prouve que la France reste un pays où tout est possible.

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Et moi, je suis pas obligé de décorer des gens que je ne connais pas, des gens que je n’apprécie pas, des gens qui ont dit du mal de moi.

Alors, je vais faire un truc étrange, je vais décorer quelqu’un qui le mérite, avec qui on s’est toujours bien entendu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans sarkozy

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A2N 15/11/2009 00:32


Bonjour, Milton !

Eh oui, la beaufitude peut conduire un pays ai suicide: Nicolas Sarkozy est à l'Elysée !

Pitoyable !

A+


dgidgi 14/11/2009 16:24


Dany Boon a réussi en se moquant du monde : en se moquant des gens du Nord qui vivent comme une tribu d'irréductibles gaulois, en se moquant des postiers qui boivent en travaillant depuis le petit
facteur jusqu'au directeur : la scène la plus drôle du film n'est elle pas celle où les deux personnages pissent dans la rivière de Bergue sans maîtriser leur comportement ethéré ?
Ce film m'a toujours laissé une drôle d'impression et une immense déception pour être le représentant du cinéma français, devant la Grande vadrouille ou la saga des Bronzés qui raclent dans le même
caniveau.
Cette impression de populisme, je la comprends mieux quand je découvre le côté sarkozien de l'affaire : on à affaire là à un racisme primaire : on se moque du pauvre (le nordiste, le réfugié, le
kabyle, le chauffeur de car) on a peur du comportement du pauvre, de sa réaction , et on est content quand sa réaction au pauvre est traitée de façon humoristique, risible, avec un peu de morale
respectable : on respecte tout de même la dignité humaine, ce sont les règles de la République, mais on a bien rigolé de toute cette pauvreté au passage, puisqu'on n'est pas concerné, cela se passe
dans le Nord, à la frontière, ou bien en kabilye, c'est à peine si c'est chez nous.
C'est le racisme ordinaire,en fait. Même si Boon s'en défend, même si sarko s'en défend : on n'est pas raciste devant les caméras, à l'intérieur des salles de cinéma combles.
Et puis autre révélation : Sarko se plait à jouer l'humoriste, à faire des numéros d'humoriste, à dominer l'humoriste pendant son discours (qui ne vaut pas grand chose au passage) uniquement parce
qu'il rêve lui-même de faire aussi un numéro de One man Show et que les règles de la préséance républicaine lui laissent une tribune : Sarko ne pense qu'à faire rire,et à partir de thèmes se
moquant de la pauvreté (je ne veux pas répéter racisme toutes les deux lignes) c'est cela sa politique.


BRAHIM 13/11/2009 22:23


C 'est lamentable........ces commentaires,une légion d honneur j en voie pas la nécessité , c est vrai on est entre copains on en profite quand au film "bienvenue chez les Chtis" Il n égalera
jamais le talent immortel de Bourvil et Funés