Putain ! Encore… quinze mois !

Publié le par Milton Dassier

12439938-m.jpgQuinze petits mois, c’est comme une peine de prison avec au bout, l’espoir d’une vie libre. Sauf qu'on ne nous met pas en prison. On en construit une tout autour de nous! Vous savez, un peu comme ceux qui mettent des portes blindées et des barreaux à toutes les fenêtres de leur appartement pour ne pas se faire agresser et cambrioler.

 

Quinze mois, c’est ce qui nous reste comme chemin à faire avec Nicolas Sarkozy.

 

Quinze mois à faire le dos rond, à écouter et voir ce président exhibitionniste nous annoncer avec le culot qui le caractérise qu’il défend le modèle français tout en le réduisant en charpie. Un président qui ne nous uara rien épargné. Même sa vie privée étalée régulièrement à la une jusqu'à la nausée. Son divorce, son remariage, ses fils, ses ex, les ex de sa nouvelle femme,  les ex de son ex, ses tremblements, sa petite taille, son éjaculation précoce, son malaise vagal, ses colères parce qu'il baise mal, ses sourires nerveux parce qu'il nous baise bien...

 

Français, ne vous laissez pas avoir encore une fois !

 

Vous vous rappelez : liberté, égalité, fraternité, solidarité, laïcité, république. C’est le modèle français et nous y sommes tous attachés.

 

La liberté se noie dans les eaux saumâtres du désir de sécurité et de tranquillité des plus puissants. Sécurité pour leurs millions, leur patrimoine, tranquillité pour leurs villas...

Vous ne le voyez pas car tout est fait pour vous le cacher, vous qui n’avez d’yeux que sur votre pouvoir d’achat. Alors, on vous filme à votre insu, on vous fiche et gare à vous si vous contestez, on vous flashe, on vous arrête, on vous bastonne. C’est sûr, on vous dit que celui qui n’a rien à se reprocher n’a rien à craindre ; rien n’est plus  faux, un petit ou un gros mensonge, un petit excès de vitesse, une petite fraude, un secret qu’on dissimule… Ne bougez pas, ne sortez pas des rangs même pour refaire votre lacet, ne vous faites pas remarquer sans autorisation car on a toujours quelque chose à se reprocher même en Corée du Nord !

 

 La liberté étouffe sous les coups de boutoir des puissants peureux et pleureurs si avares de leurs privilèges qu’ils préfèrent en priver les français plutôt que de voir les leurs remis en cause. Internet les gêne, Wikileaks les fait trembler, les roms ne vivent pas comme nous, les jeunes veulent faire des apéros géants, alors on légifère, on contrôle, on interdit, on condamne. Bref on prive.

 

L’égalité n’existe plus ni face à la justice, ni dans les écoles, ni dans la protection qu’elle soit publique, civile ou sociale.

La sécurité sociale agonise, les services publics sont en déliquescence, les solidarités ne sont plus promues. Seule une conception néoféodale est encouragée. En haut de la pyramide, les oligarques politiques, financiers et médiatiques, en bas, il y a vous, il y a moi, ceux qui travaillent, cherchent du travail, un logement, savent qu’ils n’auront pas de retraite heureuse puisque une addition de petits et grands malheurs leur sert de vie au présent.

 

La fraternité n’est plus que rivalité. On nous a répété que l’homme est un loup pour l’homme mais son frère est au mieux un rival qu’il faut chasser comme un chien, au pire un vulgaire mouton qu’il faut manger pour que la meute prospère. Donc, on ne sait plus où on en est. Bien formatés aux clichés sociaux, raciaux, culturels sur les uns et les autres, il ne fut pas difficile pour nos yeux de ne plus voir le monde des gens à la façon des caméras de surveillance.

A travers ces objets de terreur indolore, chacun est filmé sous son plus mauvais jour. Contrairement à la télé, les gens y sont moches et hirsutes la plupart du temps. Moches, hirsutes et sûrement agressifs, donc dangereux, disons potentiellement dangereux. Ce qui ne se voit pas est caché. Celui qui met une main dans sa poche dissimule forcément une arme puisque c’est caché. Un moche, hirsute et peut-être agressif ne peut pas avoir quoi que ce soit d’autre dans sa poche, à moins que ce ne soit le téléphone portable qu’il a volé le matin même !

 

Quinze mois avant d’en reprendre pour quinze ans avec Sarkozy ou un de ses nombreux clones : Copé, Juppé, Marine, Strauss-Kahn ou Valls.

 

Alors n’oubliez rien, ne vous laissez pas enrubanner, et ne prenez aucune autre résolution que ne pas perdre la mémoire de ces cinq longues années.

 

Publié dans opinions

Commenter cet article