Pourquoi ils veulent supprimer les 35 heures

Publié le par Milton Dassier

Certains d’entre vous, comme moi, ont dû se demander pourquoi le débat sur les 35h revenait sur le tapis. Copé, Juppé puis Valls se sont emparés du sujet et ont relancé la polémique.

Pourtant, chacun s’accorde à dire que la loi TEPA et l’exonération fiscale des heures supplémentaires permet de contourner la durée légale du travail de 35h.

Autre argument : la productivité horaire en France est l’une des meilleures d’Europe. Les français travaillent en réalité à peine plus que les allemands et plus que les néerlandais, peu soupçonnables d’être moins travailleurs.

 

Alors pourquoi tout ce ramdam autour des 35 heures ?

 

Pour pouvoir appliquer la loi des 35 heures, l’état exonère les entreprises de charges sociales, jusqu’à un certain niveau. Ainsi, l’état se passe de 25 milliards d’euros de recettes par an. Et il aimerait bien les récupérer. Sauf que les entreprises ne veulent pas perdre cet avantage et refuseraient de rester aux 35 heures sans cette contrepartie et sans les heures supplémentaires défiscalisées qui pourraient aussi disparaître.

 

L’idée est donc de supprimer les 35 heures et de ne les remplacer par rien. Ainsi, les entreprises pourraient imposer à leurs salariés des cadences de 40 heures voire plus sans augmentation de salaire et sans comptabiliser d’heures supplémentaires.

On encouragerait des négociations par branche pour par entreprise, négociations favorables par avance au MEDEF, étant donné l’état d’affaiblissement des syndicats dans le secteur privé.

 

Ecoutez Copé qui dévoile le fond de sa pensée:

 

 

Certains à l’UMP ont compris le danger en terme d’image de la droite et préfèrent que le débat soit tu jusqu’à l’élection de 2012. Sans doute pour le reprendre après.

Cela ne change pas qu’ils sont résolument d’accord sur le fond avec cette idée. Question de timing, question de stratégie, question de communication.

 

Valls est tombé dans un piège. Il a sans doute mal jaugé les intentions de Copé. Il n’a dû voir que la dimension symbolique de « remettre la France au travail ! » qui permet de séduire une partie de l’électorat, d’apparaître comme un blairiste pragmatique ou ouvert.

Il a parlé de faire travailler les français deux ou trois heures de plus et d’obtenir une augmentation de salaire en fonction des heures travaillées, ce nombre n’étant plus limité à 35 heures. Ce qui signifie la fin des heures supplémentaires… Il veut en quelque sorte réintégrer les quelques heures supplémentaires défiscalisées par le système Sarkozy dans le salaire normal.  Ce que les entreprises ne voient pas d’un bon œil puisqu’elles y perdraient en exonérations sociales et fiscales et verraient leurs charges salariales augmenter au moins un peu.

 

L’objectif de la droite est de récupérer des recettes pour l’état mais sur le dos des salariés bien plus que sur le dos des entreprises qui devront se satisfaire de cet apport à leur compétitivité.

 

Toujours à propos des 35 heures, Séguela dit que les salariés chinois sont payés à 10% du SMIC et qu’ils sont heureux ainsi, c’est exactement ce que les caciques de l’UMP souhaite obtenir des français : être heureux avec moins d’argent. Bizarre qu’ils ne se l’appliquent pas à eux-mêmes, non ?

 

 

Coluche avait une bonne blague : une administration répondait au courrier d’un de ses usagers se plaignant de ne avoir grand-chose pour vivre : « Indiquez-nous ce dont vous avez besoin, nous vous expliquerons comment vous en passer ! »

Publié dans économie

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dgidgi 06/01/2011 20:59


Valls ne tombe pas dans un piège. Valls a des idées de droite, sur les questions sociales. Il a par le passé exprimé plusieurs opinions dignes du meilleur de l'UMP, comme l'allongement de la durée
de cotisation pour la retraite (recul de l'âge de la retraite), il a exprimé des idées bien racistes, comme critiquer la présence de commerçants hallal ou encore sa sortie sur les noirs trop
nombreux à la brocante d'Evry (remplacez moi ces noirs par des blancs, des white,des blancos, etc...)
Martine Aubry lui a d'ailleurs demandé de quitter le PS, puis elle s'est tut. Valls a su se mettre le CRAN avec lui, sur l'affaire d'Evry, alors que ses thèses racistes pouvaient le déboulonner. Le
CRAN a donc malheureusement permis à Valls de continuer ses inepties. Ce qu'il sort sur les 35 heures maintenant est purement électoral et est fortement voulu par lui.
Valls nuit au PS, c'est certain.
Des socialistes réellement de gauche et non racistes, il n'y en a pas beaucoup.


Milton Dassier 06/01/2011 22:04



Excellent point de vue! Merci