Pourquoi Breivik est un néonazi qui s’ignore

Publié le par Milton Dassier

D’après tout ce qui a été écrit, Breivik se voyait comme un chevalier prêt à bouter les musulmans hors d’Europe. Il avait renoncé à la démocratie pour faire passer ses idées et s’estimait en mission pour massacrer les futurs cadres du Parti Travailliste de Norvège, un parti qui mettait en œuvre une politique multiculturaliste néfaste à ses yeux. Il admirait le temps des croisades et ceux qui ont su empêcher les sarrazins de conquérir l’Europe.

 

  

Le délire est total. Le christianisme au temps des croisades et des guerres contre les sarrazins était aussi obscurantiste que l’islam. Il n’y avait aucun référentiel laïque ou agnostique qui aurait pu justifier cette lutte.

Il s’agissait de guerres de conquête ni plus ni moins, faites au nom de religions dont la seule utilité pour ces guerres, était de rassembler et motiver les rois, les troupes, les populations, les financements, ceci aussi bien du côté des chrétiens que du côté des musulmans.

Ce que Breivik et les tenants de cette nouvelle extrême droite, n’ont pas su voir, c’est que les immigrés sont attirés en Europe sur la promesse d’une vie meilleure, une vie où l’on est libre, où l’on consomme, où la justice pour tous  est une réalité. Rien à voir avec l’islamisme triomphant !

La religion de l’Europe d’aujourd’hui, c’est la quête de justice et liberté, c’est le désir d’une vie dans le confort et la consommation.

 

Si des références religieuses existent, c’est avant tout pour préserver des modèles familiaux traditionnels mis à mal par la rudesse des relations sociales dans des lieux de vie défavorisés et parfois déshumanisés aux abords des grands centres industriels. Ce qui choque « le français de souche »,  c’est surtout, l’apparition d’une vie communautaire d’entraide et de tolérance dans ces lieux où elle avait disparu.  Certaines cités de banlieues ont des aspects de village du sud où les gens se connaissent, se reconnaissent et  se saluent. Parfois, la délinquance, à travers « la débrouille » individuelle puis organisée et dans des organisations qui rappellent les clans maffieux,  s’ancre dans ces communautés multiculturelles, les utilisant comme un paravent bien commode tout en les rongeant de l’intérieur. Malheureusement, à des fins politiciennes, certains ont mâché et rabâché l’amalgame entre cette vie sociale récréée tant bien que mal et la délinquance qui s’y cache parfois.

 

L’islamisation est donc plus un fantasme qu’une réalité. Et ce n’est pas parce que des horaires de piscine réservés aux femmes existent pour les musulmans (et pour les juifs) dans certaines municipalités qu’il faut y voir une dérive vers l’islamisation de la société française. A partir du moment où il n’existe pas de lobby islamique influent et puissant, faisant les cent pas dans les couloirs de l’assemblée nationale ou dans d’autres institutions, possédant de nombreux relais médiatiques, offrant voyages d’étude, colloques dînatoires et autres gracieusetés à nos élus, il n’y a pas grand-chose à craindre.

 

Ceux qui aujourd’hui, « comprennent » les justifications avancées par Breivik, à savoir s’en prendre au multiculturalisme, au marxisme, à l’islam sont bien aveugles. Se débarrasser de ses adversaires politiques en les massacrant dés leurs premiers pas en politique au cours d’un rassemblement de jeunes travaillistes, ne leur semble pas une grave atteinte à la démocratie, aux libertés. Le racisme et la xénophobie ne sont pas les seuls moteurs des actes abominables de Breivik, c’est le désir d’exterminer ceux qui ne pensent pas pareil, parce qu’ils constitueraient un danger, qu’ils seraient des nuisibles pour leur propre pays.

 

Oui, Breivik emmène très loin les réacs qui jouent les apprentis fachos bien à l'abri chez eux, en se gavant de mots décrivant des solutions radicales soit par quête virile, soit par désir de trancher dans le vif pour « soigner » leur pays. Les idées de Breivik sont proches de celles de l’extrême droite ou de la droite réac. Rappelez-vous ceux qui clamaient comme Philippe de Villiers : « J’ai mal à ma France !». Rappelez-vous le slogan repris par Sarkozy en 2007 : « La France, aimez-la ou quittez-la !». Rappelez-vous le « karcher » et tout ce qui a suivi jusqu'à aujourd'hui. 

 

La grande différence avec Breivik réside dans ses actes jusqu’au boutistes censés mettre à l’œuvre les mêmes idées. Breivik a été déçu des slogans entendus ici et là. Non pas qu’il les désapprouvait mais dans un jeu démocratique où seule la majorité décide à travers les règles complexes des campagnes électorales et des scrutins, elles étaient vouées à n’être que partiellement appliquées et, vidées de leur radicalité, à subir les amendements, recours et  protestations les annihilant. Breivik a eu l'intelligence de s'en apercevoir assez vite. Lassé des mots et des slogans, il a choisi l'action.

Ainsi, Breivik nous prouve qu’il était animé par une idéologie proche du nazisme. Un  totalitarisme qui réside dans le désir d’une société purifiée de ses mauvais éléments, non seulement ceux qui appartiennent à une autre culture ou vivent différemment mais aussi ceux qui prônent les idéaux démocratiques de liberté, de fraternité et d’égalité des droits. La grande différence est qu’il ne se référait pas à une hiérarchie des races mais à un affrontement des cultures. Ce désir de pureté de la religion, de la culture, des consciences cache bien un désir de totalitarisme, qui ne peut s’assouvir que par les moyens les plus violents.

Publié dans opinions

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verite 28/07/2011 15:39


Revu et corrigé : "il existe UN lobby SIONISTE influent et puissant, faisant les cent pas dans les couloirs de l’assemblée nationale ou dans d’autres institutions, possédant de nombreux relais
médiatiques, offrant voyages d’étude, colloques dînatoires et autres gracieusetés à nos élus, il y a BEAUCOUP à craindre".

Ce lobby IMPORTE L'ISLAMISME COMME LE FERAIT UN LOBBY ISLAMISTE, MAIS POUR L'ATTAQUER A SON PROFIT SIMULTANEMENT !

Cela revient donc au même que s'il existait un réseau islamiste (séfarade en fait), et induit les réactions criminelles auxquelles on assiste de plus en plus. Ceci est voulu !

L'immigration de nature économique ne se substitue pas à tout ce qu'elle emporte avec elle !

Se cacher derrière le mot "extrême-droite" empêche de comprendre les tenants et aboutissants de l'immigration stimulée comme un combustible pour attentats, et de la peur stimulée comme son
comburant.

Il y a un criminel (avec un éventuel petit réseau à côté), mais il y a beaucoup d'allumettes de tous côtés dont on ne doit pas masquer la responsabilité en idéologisant les causes.


Milton Dassier 30/07/2011 15:16



C'est votre correction...;-)