Pas de gros navions: Ecrans de fumée pour suie blanche

Publié le par Milton Dassier

C’est terrible, ce volcan qui n’en finit pas d’éternuer. Après avoir échappé à la grippe A, nous voilà aux prises avec un nuages de particules, une sorte de talc qui pourrait endommager les moteurs d’avion.

 

Les frapadingues du jet lag, les jets-setters et certains politiciens au pouvoir qui aiment sauter d’un pays à l’autre comme nous passons d’une station de métro à l’autre, en seront pour leurs frais.

Pas de week-end à Marrakech, pas de soirée entre « très chers » en Corse ou en Sardaigne, pas de descente à ski à Courchevel ou à Gstaadt, pas de conseil d’administration dans la City, pas de colloque intergouvernemental dans des chambres à 2000€ la nuit escort-girls non incluses.

 

Vous pensez bien, ce qui anime l’ambition de ces élus de la république propulsés à la tête du pays, c’est ce privilège-là : le voyage en jet privé. Fillon, Estrosi et tout récemment Joyandet ont montré leur goût pour ces extras de plus en plus habituels.

 

Un tout petit volcan oublié au fin fond d’un glacier perdu d’Islande a décidé de faire la une des journaux. Pas besoin d’écrire un livre et d’en faire la promo, pas besoin de faire un exploit sportif, un volcan ça communique en fumée et en cendres. Bien plus efficace.

 

Les médias ont reconnu le toupet inhérent à ce genre de personnage. Monopoliser l’attention. Mieux que Sarkozy !

Face au tournis fumigénique, les médias ont dit tout et n’importe quoi pendant le week-end. I-Télé et LCI ont rivalisé d’audace pour avoir de l’audience.

 

I-Télé avait même un envoyé spécial en Islande. Pas pour nous parler des islandais qui souffrent peut-être pas mal, mais pour nous donner des nouvelles du volcan au nom imprononçable. Le volcan ne se visite pas. Trop loin, trop dangereux. Alors, vous imaginez le type dans sa chambre d’hôtel à Reykjavik, qui regarde la télé islandaise sans rien y comprendre et nous annonce que de la fumée sort toujours du volcan.

J’attendais avec gourmandise, l’interview d’un autochtone les cheveux cendrés, habitant tout près et disant avec philosophie : « Quand volcan pas content, lui toujours agir ainsi ! ». Au moins, notre valeureux reporter aurait pu se prendre pour Tintin !

 

Et puis, encore plus intéressant, ce correspondant, bloqué à New-York, qui nous fait le topo de ses malheurs depuis sa chambre d’hôtel tous frais payés par sa chaîne. Des vacances forcées pendant le boulot, quoi de plus réjouissant déprimant !

 

LCI a fait fort aussi avec des envoyés spéciaux dans des aéroports vides.

« Allo, la rédaction, je vous parle depuis l’aéroport de Roissy où il n’y a pas un chat et dont les portes viennent de fermer. »

 

Et puis, ces images cocasses de l’équipe de France de hand-ball bloquée en Islande et en train de se baigner dans un bassin d’eau volcanique à 35°. Sauf que l’équipe était déjà rentrée depuis deux jours en passant par la Norvège.…

 

Soyons philosophes, ce volcan a eu l’outrecuidance de troubler les activités de la fourmillière européenne. A cause de lui, les dirigeants européens ont décidé d’entamer une grève du transport aérien à grande échelle suivie à 90%. Un véritable succès avec en prime, l’impossibilité de se rendre aux obsèques du président polonais.

 

- Mince on peut pas venir à Varsovie en avion, c’est ballot!

- L’hélico ? On s’appelle pas Drucker ou David Halliday!

- Le train ? Vous rigolez !

- La voiture ? C’est pour les ploucs !

- Le car ? Y a pas marqué « équipe de foot » sur nos fronts !

 

C’est sûr qu’il y avait forcément mieux à faire ce week-end !

Publié dans opinions

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ankou 21/04/2010 22:11


Bonsoir, en même temps se déplacer en Pologne pour les obsèques d'un président homophobe et réac à souhait n'est pas indispensable.