Parti à son tour en Libye, Dieudonné est-il l’antéBHL ?

Publié le par Milton Dassier

dieudonne.jpgDieudonné est en Libye. Beaucoup de monde s’étonne de ce que l’humoriste va faire là-bas.

Il devrait tenter de rencontrer Khadafi. La grande question qu’on se pose dans les gazettes : Soutien à Khadafi ou non ?

Il faut rappeler que la France et ses alliés américains et européens ont bien choisi leur ennemi. Un pays à la population peu nombreuse avec un armement performant certes, mais sans expérience militaire. Une guerre civile qui a failli mettre à bas le régime du dictateur.. Une cible facile non ?

Dieudonné n’est pas allé soutenir Khadafi. Il sait parfaitement que le dictateur ne tiendra pas très longtemps désormais. Mais il sait aussi que de nouvelles formes de néocolonialisme sont expérimentées. L’Irak fut une victoire très coûteuse en terme de crédibilité pour les nations occidentales. Les Etats-Unis étaient partis pour chasser un dictateur qui, paraît-il, menaçait toute la planète avec des armes de destruction massive. Le prétexte était de rétablir la démocratie et de rendre sa liberté au peuple irakien quitte à lui prendre sa souveraineté.

 

 On a vu ce qu’il en a été.

 

Il y eut aussi l’Afghanistan et sa guerre au terrorisme. Bientôt dix ans de guerre. Le terrorisme a-t-il disparu de la région ? L’Afghanistan est-il devenu un paradis démocratique prospère ?

 

La guerre à la Libye de Khadafi n’est rien d’autre qu’un test pour élaborer de nouvelles méthodes d’intervention. Les opinions publiques occidentales ne sont pas dupes comme auparavant. Elles sont très informées et, en dehors d’une menace avérée, n’accepteront une guerre que pour des motifs éthiques indiscutables. La guerre en Libye soulève bien des questions dans l'opinion mais dans une optique de moindre mal. BHL pourrait être mis à nouveau à contribution pour de nouvelles opérations!

 

Bien entendu, le pétrole libyen intéresse les occidentaux mais on sait aujourd’hui que les entreprises occidentales étaient déjà  parties prenantes de sa production.

L’intérêt géostratégique est de contrôler politiquement la Libye ainsi que son économie.

La France redore son blason terni par des années de soutien aux dictateurs, elle se donne bonne conscience pour pas cher. Le but de la France, c’est le contrôle politique du Maghreb, certes toujours sans l’Algérie, mais avec un pays producteur de pétrole comme la Libye.

Finalement, l’évolution dans les relations entre pays du tiers-monde et les puissances occidentales se fait ainsi vers un impérialisme soft dont les sous-traitants locaux auront une légitimité démocratique incontestable. Un grand facteur de stabilité.

 

Des leçons ont été tirées de l’expérience sud-américaine où les Etats-Unis ont soutenu des dictatures pendant des décennies. Une fois libérées, les peuples ont eu tendance à rejeter les Etats-Unis et à se méfier des occidentaux en général. Cela ne se limite pas aux cas de Castro à Cuba ou de Chavez au Venezuela, mais on relève la même méfiance de la part du Brésil ou de la part de l’Argentine.

Il fallait donc éviter aux occidentaux et en particulier à la France de perdre pied sur le continent africain en favorisant les transitions démocratiques, au moins en apparence.

 

La Libye est donc un test sur les opinions publiques et la prise de contrôle d’un pays producteur de pétrole.

Nous sommes toujours dans une logique de vassalisation et de séduction. Rappelez-vous la rivalité entre anglais et français dans la conquête de l’Amérique du Nord au 17ème et 18ème siècle. Les français soutenaient les amérindiens qui se révoltaient contre les anglais au nom de nobles et beaux principes, du moment que cela les affaiblissait militairement eux et les anglais.

A l’époque, quelque part entre le Canada et les futurs états du Maine et du Vermont, le BHL de l’époque s’appelait le Marquis de Montcalm…

 

Est-ce véritablement un progrès ?

 

 

Dieudonné est bien conscient de cette hypocrisie. Il va sans doute le dire à Khadafi s’il arrive à le rencontrer.

Mais l’intérêt n’est pas là.

 

La médiatisation de la venue de Dieudonné contribuera-t-elle à écorner l’image d’un intellectuel qui s’est attribué une mission diplomatique aux accents romanesques et aura favorisé une domination néocolonialiste habillée de démocratie?

Rien n’est moins sûr tant la propagande autour de la crise libyenne tourne à plein régime.

 

BHL a opportunément travaillé pour Sarkozy qui travaille à la fois pour Obama et les grandes entreprises françaises: Total, Bouygues, Vinci, Dassault, Thalès. On peut être sûr que la France et la Grande-Bretagne se partageront le gâteau du pétrole, de la reconstruction et du développement de la Libye.

Une fois le pays calmé et sur le chemin de la prospérité, il se pourrait même que les Etats-Unis y installe à terme une base militaire qui complèterait le dispositif de contrôle militaire des français et des anglais en Afrique… BHL est en lice pour obtenir le Prix Nobel de la Paix et son nom pour une rue à Benghazi. C’est plus classe que des enfants libyens prénommés Sarkozy !

 

Dieudonné est dans sa logique anticolonialiste radicale. Le soutien à l’Iran devait montrer que le pays des ayatollahs et d’Ahmadinejad était une cible qui ne justifiait pas qu’on se déchaîne contre lui comme Israël, les néoconservateurs américains et des intellectuels sionistes comme BHL, cherchaient à le démontrer chaque jour.

 

D’ailleurs, depuis les premières révolutions arabes, empêcher l’Iran de développer le nucléaire est devenue moins urgent.

 

Comme par enchantement ! 

Publié dans international

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le journal de personne 29/03/2011 16:10


Kadhafi à Sarkozy

Une amazone au colonel :
« Colonel, vous voulez vraiment que je transmette votre télégramme à l’AFP ?
Et vous tenez vraiment à ce que je le transcrive phonétiquement ? »
Le télégramme…

http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/kadhafi-a-sarkozy/