Marie Ndiaye : La lauréate du prix Goncourt rappelée à l’ordre par Eric Raoult

Publié le par Milton Dassier

La France aime-la ou quitte-la !

C’est ce qu’avait fait Marie N’Diaye quand elle avait quitté Paris pour Berlin en partie à cause du climat parano, répressif et sécuritaire qui gagne la France peu à peu depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.

L’écrivain a reçu le prix Goncourt 2009 pour son roman « Les trois femmes ». Elle n’a rien demandé. Ce sont les éditeurs qui proposent des ouvrages au jury Goncourt.

 

Cela ne retire rien à sa liberté de parole, alors elle a déclaré en interview :


Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux.

Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : "La droite, c'est la mort". Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus. 

Seulement, ça ne plait pas qu’une artiste d’origine immigrée récompensée se permette de tels écarts d’opinion, voire de langage. Et c’est Eric Raoult, député UMP mais ancien compagnon de route de l’extrême droite, qui vient lui faire la leçon en invoquant un soi-disant devoir de réserve aux lauréats de récompenses littéraires. Il en appelle même au ministre de la culture. Ce qui est un comble quand on sait que le prix Goncourt est certes prestigieux et très médiatisé mais n’est rien d’autre qu’un prix créé par les maisons d’éditions privées.

 

Voici ce qu’il a écrit au ministre de la culture :

 

Monsieur Éric Raoult attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt. En effet, ce prix qui est le prix littéraire français le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française. A ce titre, le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l'image de notre pays. Les prises de position de Marie Ndiaye, Prix Goncourt 2009, qui explique dans une interview parue dans la presse, qu'elle trouve "cette France [de Sarkozy] monstrueuse", et d'ajouter "Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux", sont inacceptables.

Ces propos d'une rare violence, sont peu respectueux voire insultants, à l'égard de ministres de la République et plus encore du Chef de l'État. Il me semble que le droit d'expression, ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se  doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu'elle représente. C'est pourquoi, il me paraît utile de rappeler à ces lauréats le nécessaire devoir de réserve, qui va dans le sens d'une plus grande exemplarité et responsabilité. Il lui demande donc de lui indiquer sa position sur ce dossier, et ce qu'il compte entreprendre en la matière ?»

Eric Raoult est coutumier de ces retours du refoulé totalitaires ou fascistes. N’a-t-il pas ouvertement affiché son soutien au président de la Tunisie Ben Ali en fustigeant les journalistes français qui relaient certaines critiques des opposants tunisiens ?

Publié dans société

Commenter cet article

Daniella 17/11/2009 16:57


Oui, je le trouve condescendant et donneur de leçon quant à la citoyenneté française dont il s'en entiche de manière éhonté, s'évuertuant, ainsi, à intimider par des phrases nauséabondes,
injustifiées et redondantes!
Y'en a marre de cette hypocrisie!
Je ne suis pas sûre que Sarkozy est le pire président, car personne ne pourrait nous gouverner aujourd'hui, à part, un messie-surprise, mais je déteste cette "umpéisation" qui n'est guère mieux que
l'extrême-droite, une droite radicale, raciste, arrogante, bourrée de passe-droits et de morale digne de vieux faschos aussi aigris que profiteurs!
Dans mon pays, le lkp fout la merde, mais l'hypocrisie et beaucoup de métros qui vivent ici en profitent pour lâcher leur fiel et qui sont les méchants, les dégénérés, à votre avis ?
Les guadeloupéens et les guadeloupéennes!
Les métros restent des oies blanches, sauf exception près,...


jeanpierre 10/11/2009 19:41


désolé il s'agit de Marie Ndiaye


Milton Dassier 10/11/2009 20:27


Merci, j'ai effectué la correction


jeanpierre 10/11/2009 19:35


je me demande pourquoi tant de violences dans les propos de Marie N'Dyaye sur la politique du pays et le coté sécuritaire qui n'a rien à voir avec celui pratiqué en RDA , pays communiste . Elle
fait partie des personnes qui aiment opposer les francais entre ceux de gauche et ceux de droite .


Milton Dassier 10/11/2009 20:34


Rien à voir mais qui s'en rapproche petit à petit non? 500.000 personnes gardés à vue l'an passé, (soit 1% de la population adulte: un record absolu), des sans papier depuis 15 ans tjrs harcelés,
des enfants expulsés de France, des bébés placés en centre de rétention, 13 fichiers de police différents, empreintes ADN pour toute  personne en garde-à-vue y compris pour infraction mineure,
flicage d'internet commencé, journalistes sous controle, journalistes embarqués par la police pour qu'ils divulguent leurs sources, contrôles de police au faciès, justice à deux vitesses,
impunité de la police quand elle commet violence et bavure, certains sujets, certaines personnes interdits à la télé, juge d'instruction bientôt supprimé..etc.