Le principe de précaution appliqué.. sans précaution

Publié le par Milton Dassier

Quelqu’un m’a dit ce matin : toutes ces histoires de principe de précaution, c’est comme si tu aidais un type à enfiler son gilet de sauvetage. Tu serres si fort le gilet que le type ne peut plus respirer et se retrouve incapable de nager.

 

Comme un avion sans ailes

 

L’application du principe de précaution paralyse le ciel et les aéroports européens. Des dizaines de milliers de passagers sont bloqués et ne peuvent vaquer à leurs occupations. Voyages ajournés, séjours touristiques annulés, entreprises sans marchandises, sans collaborateurs.

Tout ça pour un nuage de particules de talc qui hante le ciel à 6000m d’altitude en provenance d’Islande.

Un volcan situé à 2500 km qui a mis l’Europe dans une situation comparable à une guerre.

 

J’ai le souvenir du volcan de Montserrat à 250km de la Guadeloupe qui avait craché de la cendre pendant plusieurs jours. Effectivement, le trafic aérien avait été interrompu pendant quelques jours sur toutes les îles entre Porto-Rico et la Martinique, soit sur une distance de 1200km. Les cendres s’amoncelaient un peu partout sur tout cet arc d’îles. Pourtant, le trafic aérien avait repris à peine une semaine après.

Pour mesurer le danger éventuel, les américains avaient envoyé des avions voler à proximité du nuage et, données scientifiques concrètes à l’appui, avaient pu donner le signal de la reprise dés que c’était possible. Ils sont comme ça les américains : ils évaluent puis décident ensuite. Il faut dire qu’ils ont une grande expérience en la matière. Quand un ouragan est annoncé, ils envoient des avions « renifleurs » de cyclone dedans pour l’évaluer de la tête aux pieds.

 

Là, on a décidé de fermer le ciel européen mais les aviations civiles, les gouvernements européens n’ont pas eu la bonne idée d’envoyer des avions dans le nuage avant aujourd’hui avec un F-16 de l’OTAN. Jusqu’ici, ce sont les compagnies aériennes qui le font à leurs frais avec le risque de résultats contradictoires…

 

La conclusion est sans appel. Les européens appliquent le principe de précaution sur un risque théorique d’accident pas sur le risque réel.

 

Comme un blaireau sans aide

 

On retrouve cette même tendance à théoriser le danger chez les français pour le zonage après la tempête Xinthia.

Sarkozy a voulu se faire mousser en se voulant protecteur de la vie de ces français du littoral vendéen. Résultat, ils vont se retrouver en situation d’insécurité totale puisqu’on va les expulser. Punis deux fois les pauvres. Tout s’est fait en catimini à partir de cartes un peu comme lors de la décolonisation où les pays d’Afrique avaient vu leurs frontières tracées à la règle sans tenir compte des réalités de la démographie et des cultures.

 

En France, on préfère dépenser de l’argent à racheter des maisons qui seront détruites par la suite que de le dépenser pour les sécuriser.

 

Là encore, la situation des Antilles et de l’outre-mer en général, aurait pu éclairer le gouvernement français. Dans les îles d’outre-mer, à chaque tempête tropicale, à chaque ouragan, se pose le problème de la construction près des rivières ou du littoral. Des maisons basculent à cause de coulées de boue, d’autres sont inondées par la houle de tempête.

Pourtant, peu de morts, peu de blessés, de graves dégâts.. Mais jamais on a décidé de raser les constructions qui avaient été touchées. Dans ces îles, tout un processus d’alerte est prévu quand un danger météo s’annonce pour faire face au pire. L’évacuation de zones à risque peut être décidée avec réquisition d’abris en dur quartier par quartier si besoin. Les gens le savent, s’y préparent et on compte ainsi peu de pertes en vies humaines.

 

Que conclure alors ?

 

Cela me fait penser que les hommes politiques français sont incorrigibles. Ils croient œuvrer pour l’intérêt général alors qu’en réalité, ils ne pensent qu’à se dégager de leurs responsabilités.  Rappelez-vous la grippe A !

 

 On ne veut pas faire courir le risque d’un seul accident, d’un seul mort donc on ne prend aucun risque politique…Alors ils préfèrent pénaliser tout le monde pour ne pas prendre le risque d’être désignés responsables de la mort d’un seul individu !

 

photo : volcan de Montserrat

Publié dans opinions

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A2N 20/04/2010 17:16


Bonjour Milton !

Tu ne crois pas si bien dire. L'ethnocentrisme va les tuer.Enfin, comme je le soulignais hier sur mon blog, Dame Nature a rappelé à ces "civilisés" qu'elle sera toujours vainqueur. Quelle leçon
d'humilité !

A+


Cyrille 19/04/2010 20:23


Marrant que Mere Nature mette en évidence l'incompétence et l'égoisme de ces politiques... Faut pas non plus sous estimer la puissance d'un volcan... rappelons nous des dégâts causés dans le monde
entier lors des explosions du Krakatoa au 19° siecle, et pire au 6° siecle... et des impacts causés sur le développement des civilisations...
"Terre Brûlée"...

http://www.courtois.cc/blogeclectique/index.php?post/2005/11/03/23-le-krakatoa-et-l-histoire-du-monde