Le plus grand d’Angers : son maire ou Dieudonné ?

Publié le par Milton Dassier

Sur mes livres et mes cahiers,

Sur mon pupitre et sur les arbres,

Sur le sable de neige,

J’écris ton nom.

 

Liberté...

 

 

Sauf à Angers, sauf à Angers…

 

Où le maire socialiste a pris la décision d’interdire à un saltimbanque de se produire en spectacle. Angers, ça rime avec danger et ça craint de recevoir un artiste qui pense sans façon.

Ce maire courageux, du moins le croit-il, estime qu’un clown représente plus de danger pour l’ordre public à Angers qu’une confiserie pour un diabétique. Un comble !

 

Dieudonné ne fait pas dans le bon sentiment à même de plaire au libertaire comme au libéral de gauche ou de droite. Il a réinventé les règles du rire. Quand l’humour éveille les consciences, il devient dangereux pour les adeptes du politiquement correct, ces néoconservateurs engoncés dans leur petit costume étriqué, ces élus qui édictent des arrêtés municipaux pour interdire au nom de la salubrité publique, la déambulation des chiens sans collier et les spectacles d’humour politique. Tout un symbole.

 

Eh oui ! Dieudonné aura toujours de l’avance sur la société. Il le prouve à chaque instant de sa carrière sacrifiée sur l’autel de la liberté d’expression.

De la démocratie et de la garantie des droits humains les plus élémentaires, il montre les limites. Ainsi grâce à lui, nous savons que celui qui plait aux princes et profère des paroles condamnées, peut être reçu en grande pompe à l’UMP et se voir recommandé à poursuivre dans sa voie sur les télés et radios nationales financées par le peuple. Nous savons aussi que dans notre démocratie si exemplaire, des boucs-émissaires, des parias de la parole peuvent se voir interdit d’antenne, d’édition, de spectacle juste parce qu’ils pourraient convaincre le peuple de la forfaiture d’une certaine élite finalement très peu sûre d’elle-même.

 

Dieudonné est l’âne de la fable, condamné à mourir pour avoir trop brouté là où il ne fallait pas. Les loups, les lions, les ours, les Le Pen, les Guéant, les Hortefeux sont intouchables, privilège de prince. L’âne braie là où les autres braillent. Pourtant, c’est l’âne le coupable.

Eric Zemmour peut savourer sa chance d’être populaire chez les jeunes Pops. Quel pied de se sentir courtisé par une myriade de professionnels du mensonge politique.

 

Dieudonné avait raison sur toute la ligne quand, en 2003, il dénonçait les crimes de la droite israélienne  avec une dérision qui semblait éteinte depuis la mort de Desproges et Coluche.

Il laissait entendre, au risque d’être poursuivi, que certains défenseurs d’Israël en France, avaient instrumentalisé l’accusation d’antisémitisme afin de décourager ceux qui se soucient du peuple palestinien. Edgar Morin, Alain Ménargues, Pascal Boniface peuvent en témoigner.

 

Dieudonné avait raison en 2005, quand il lança son spectacle 1905 sur la laïcité. Six ans après, cette laïcité si précieuse faisait l’objet d’un débat tronqué.

 

Dieudonné réfère parfois ses sketchs à la notion de d’appartenance communautaire et ethnique mais n’est-ce pas devenu une tendance irrépressible chez certains édiles de la droite et de la gauche républicaine si soucieux du « bien vivre ensemble », si prompts à invoquer l’échec de l’intégration et les errances du multiculturalisme?

 

Il y a longtemps, on ne s’en souvient guère, des artistes, des humoristes provoquaient et choquaient à coup de caricatures et de spectacles. Rappelez-vous Reiser, rappelez-vous Hara-Kiri, rappelez-vous Charlie-Hebdo du temps de leur splendeur. Leurs méthodes étaient décriées, ils les justifiaient par la nécessité de secouer le public afin de le sortir de la morosité, cet ennui qui rendrait l’horreur et l’infamie comestibles à l’occasion d’un bâillement.

 

L’aversion pour Dieudonné, c’est l’aversion pour le plus méchant. Il le fait tellement bien que beaucoup y croient et, ils ont si peur, les pauvres !  Si méchant qu’on le voit comme un chien enragé. Le maire d’Angers a bien senti le danger. Il protègera vaille que vaille les âmes de ses ouailles.

 

Un comédien sans scène, c'est un recul de la civilisation.

 

Et tant pis pour la liberté !

 

Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés

Sur les murs de mon ennui

J’écris ton nom

 

Regardez et écoutez Dieudonné parler dans son bus devenu scène de spectacle, de la liberté d'expression. C'était l'an dernier, en France...

 

Publié dans liberté d'expression

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