Le « Karachigate » : une bombe qui pourrait faire sauter Sarkozy

Publié le par Milton Dassier

Une petite casserole est aimantée aux pieds de Nicolas Sarkozy et elle fait de plus en plus de bruit. Le bruit, se sont des articles qui sortent depuis quelques mois sur l’attentat de Karachi et l’hypothèse qu’ils ont été commandités par des militaires pakistanais pour se venger de l’arrêt du versement de commissions liées à un contrat d’armement sur la vente de trois sous-marins.

 

Nicolas Sarkozy avait balayé cette théorie d’un revers de main quand un journaliste lui avait posé la question lors d’une conférence de presse en juin 2009. Mais la gêne était perceptible, nous en faisions état ici même. Vous pouvez revoir la vidéo pour vous en persuader.

 

 

 

Le président actuel occupait les fonctions de ministre du budget et de directeur de campagne d’Edouard Balladur pour l’élection présidentielle de 1995 qui avait vu l’élection d’un Jacques Chirac très remonté contre ses anciens amis de droite. Il avait décidé l’arrêt du versement des commissions et ainsi, provoqué la colère des intermédiaires pakistanais et libanais mandatés par les gouvernements français et pakistanais. On pense que l’attentat de Karachi quelques années plus tard serait une opération de représailles.

 

Un livre sur le point de sortir tente d’y voir plus clair et semble démontrer que la campagne d’Edouard Balladur ne pouvant bénéficier des fonds du RPR tenu à l’époque par Jacques Chirac et ses amis, aurait été financée en partie par des versements illégaux de rétrocommissions par des intermédiaires libanais dans au moins deux contrats d’armement. Rétrommission? En gros, c'est je te donne une commision pour la réussite du contrat mais tu m'en redonnes une partie sous la table ni vu ni connu.

 

Le livre qui sortira le 19 mai 2010 s’intitule « Le contrat (Karachi, l’affaire que Sarkozy voudrait oublier). Il est signé par deux journalistes de Mediapart : Fabricle Arfi et Fabrice Lhomme.

 

Lire des extraits du livre sur le site de l’Express

 

 

Cet argent aurait servi aussi à renflouer les caisses du Parti Républicain qui soutenait la campagne de Balladur.

Plus fou encore, le contrat de vente des sous-marins se faisait à perte pour le gouvernement français qui trouvait le moyen de se faire de la publicité et de toucher des dessous de table. L'ouvrage cite un témoin qui affirme carrément que pour le gouvernement pakistanais, acheter ces sous-marins était totalement inutile et qu’il est légitime de soupçonner à travers ce contrat une opération de blanchiment d’argent sale de grande envergure.

 

 

Le livre publie des témoignages de personnalités qui ont entendu parler de l’affaire ou y ont été impliqués. On apprend ainsi que l’un des intermédiaires libanais se réclame d’une amitié forte avec Nicolas Sarkozy qui aurait fait appel à lui par la suite pour obtenir la libération des infirmières bulgares.

 

On apprend également que l’Arabie Saoudite fut le théâtre de tractations secrètes entre la garde rapprochée de Balladur et le gouvernement saoudien pour des contrats qui pourraient avoir l’objet d’un système illégal de rétrocommissions versées pour la campagne de Balladur. On dit que Brice Hortefeux aurait servi régulièrement de sherpa auprès des saoudiens. Lui qui n’aime pas les arabes, c’est un comble. Apparemment, pour lui, c’est quand ils ont beaucoup d’argent que ça ne pose plus de problème !

 

Le rôle de Nicolas Sarkozy apparaît très ambigu. Il était en première ligne en tant que ministre du budget et de directeur de campagne de Balladur. Des documents prouvent qu’il a donné son aval à la création de société off-shore destinées au traitement financier de ces contrats.

 

En 2006, à 6 mois de l’élection présidentielle de 2007, encore ministre de l’intérieur, il aurait mis fin à un litige l’opposant à des dirigeants d’une des sociétés en question en obtenant leur promesse de rester muets sur cette affaire.

 

 

Cette affaire est très grave, elle est plus grave en gravité que celle du Watergate aux USA qui avait abouti à la démission du président Nixon.  Elle pourrait certainement amener le président à démissionner si les investigations confirment le travail des journalistes. C’est d’ailleurs à la façon dont les choses se dérouleront qu’on saura si la France peut s’enorgueillir d’être une démocratie exemplaire.

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Cyrille 06/05/2010 01:40


ça ressemble beaucoup au scandale de la banque BCCI en 1992... énorme blanchiment et vente d'arme internationale.
http://www.fas.org/irp/congress/1992_rpt/bcci/
ça concernait le clan Bush, décidément l'idole de Tsarko