La leçon de justice des Etats-Unis à la France

Publié le par Milton Dassier

Dans l’affaire DSK, je suis admiratif de la justice américaine. Non pas que je me réjouisse de l’arrestation de DSK et de l’humiliation qu’il subit peut-être pour rien. Je constate que question procédure, cela  n'a rien à voir, je crois, avec le système français.

 

Pour commencer, je m’étonne du silence du gouvernement français qui aurait pu manifester sa solidarité et garder sa confiance en DSK tant qu’il n’est pas reconnu coupable, tout en affirmant avoir confiance en la justice américaine.. Ainsi, l'on saura que le tutoiement et les "cher ami" au cours d'un dîner entre "amis" ne présagent en rien d'une amitié sincère...

 

En écoutant les diverses réactions, les divers commentaires sur l’affaire, j’ai imaginé les mêmes faits en France.

Prenons un homme comparable à DSK, qui serait accusé de viol et d’agression sexuelle dans les mêmes conditions, mais en France.

Ce serait un homme politique d’un grand pays étranger ami, avec des responsabilités importantes mais non couvert par l’immunité diplomatique.

Il aurait séjourné dans un palace parisien et se verrait accusé des mêmes faits que DSK par une femme de chambre ghanéenne, en France depuis six mois, une immigrée.

 

Vous pensez sérieusement que les choses se passeraient de la même façon ?

 

Déjà, la première chose que feraient les policiers une fois avertis, ce serait de ne pas prendre la plainte et d’en référer immédiatement au ministre de l’intérieur qui informerait du problème le ministre des affaires étrangères et l’Elysée.

Etant donné le risque pour les relations bilatérales entre la France et le pays d’origine du suspect, on se dépêcherait de le laisser partir en invoquant une immunité en cours de vérification mais probable, tout en soupçonnant la victime de ne pas être assez fiable dans ses accusations. Les fameuses "zones d'ombre" seraient utilisées à charge contre la victime...

 

Et si la pauvre femme frustrée d'une telle injustice, en venait à alerter les médias, on préparerait des communiqués visant à disculper le suspect. Pour cela, on  le présenterait comme victime d’une cabale étrange que la police s’évertuerait à éclaircir en plaçant la pauvre femme en garde à vue.

 

On aurait droit à un grand déballage de la vie de cette dernière, les conditions « douteuses » de sa venue en France, ses fréquentations, ses revenus, son équilibre psychique.. Tout serait évidemment transmis à la presse!

 

Quelque élu UMP mettrait la main sur une fiche de la police comme pour Ali Soumaré.

 

Quelque procureur aux ordres la mettrait sur écoutes ou la harcèlerait en la convoquant sans cesse pour la piéger ou obtenir qu’elle se contredise dans ses déclarations, histoire d’introduire le doute. C’est ce qui était arrivé à l’ancienne comptable de Liliane Bettencourt, non ?

 

Et si la femme de chambre se montrait vraiment trop bravache, on pourrait même la piéger en l’interpellant pour une infraction routière, de façon très musclée à huit policiers contre elle.

On la présenterait alors comme une sauvage très athlétique donc brutale et dangereuse… Vous vous rappelez « l’affaire Eunice Barber » ?

 

J’ai souvenir de plaintes pour crime de guerre ou crime contre l’humanité, déposées contre Donald Rumsfeld, ancien ministre de G.W. Bush, contre des personnalités politiques et militaires rwandaises ou israéliennes qui ont pu, malgré tout, séjourner en France sans être inquiétés…

 

Mais aux Etats-Unis, rien de cela. La justice, pas forcément exemplaire dans certains cas, a suivi son cours, sans excès de sa part. Le puissant patron du FMI a été traité comme n’importe quel délinquant. Seule la presse a forcé le trait...

Publié dans justice

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H-Yves 27/05/2011 00:05


Bien dit!
Cependant, je trouve que les palaces sont de moins en moins fréquentables. Je croyais que les femmes n'étaient inquiétées par des racailles machistes que dans les banlieues pleines d'immigrés
illettrés et drogués, mais, je découvre que même dans palaces traînent des racailles. Enfin...je voulais dire des présumés innocents.(Du coup, je renonce à collectionner les chèques-vacances pour
passer mes prochaines vacances dans un palace par peur qu'on me vole mon iPod!)

Mais, je suggère un autre scénario possible.
La femme est musulmane...
En France,le ministre de l'intérieur aurait sûrement lancé un nouveau débat sur l'immigration et la laïcité... Quel aubaine! Une immigrée qui en rajoute alors qu'elle a la chance de vivre dans le
pays des droits de l'Homme...quel culot!
En France, on aime pas les bonnes (femmes) qui pleurnichent pour un simple troussage. En France, elle aurait été expulsée comme l'a été le père malien qui a perdu ses enfants dans l'incendie de
2005 :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100129.OBS5207/sarkozy-a-t-il-fait-expulser-un-malien-par-vengeance.html

Sans doute,en France, aurait-on demandé aux managers de palaces de limiter le nombre de femmes noires (...forcément athlétiques,comme tous les noirs) de travailler dans ce genre d'hôtel en
instaurant des quotas (en non-dit).


ocom 3pom 19/05/2011 01:34


Observations très justes. Le "système" français tend à trop s'illustrer dans l'hypocrisie, la mauvaise foi et l'opportunisme "intellectuel"...


christian nc 17/05/2011 21:43


excellent,

Mon chère Milton


Milton Dassier 17/05/2011 22:28



Merci