La France de Sarkozy : Cirque Barnum ou Foire du Trône ?

Publié le par Milton Dassier

Dans le sillage de Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy est en train d’inventer une nouvelle forme de pouvoir. Une dictature soft consensuelle en trompe-l’œil démocratique.

 

 Don Silvio a plus de mérite en fait, son pouvoir est plus fragile. En Italie, les frasques de Berlusconi peuvent être interrompues à tout moment si le parlement le décide, car le président du conseil italien n’est là que parce qu’il est l’homme fort de la majorité parlementaire. Si cette majorité change au gré des alliances et mésalliances, Le néo-duce tombe.

 

Mais en France, contrairement à l’Italie, l’homme fort est le président de la république élu au suffrage universel direct. Il possède la majeure partie des pouvoirs. Il peut même se maintenir au pouvoir et garder une voix prépondérante voire la haute direction sur les aspects essentiels des affaires du pays en cas de changement de majorité.

 

Un pouvoir présidentiel fort doit avoir des contre-pouvoirs solides pour être considéré comme démocratique. Aux Etats-Unis, par exemple, le président a des pouvoirs très importants, mais il est sous le contrôle du congrès et du sénat, qui peuvent le mettre en minorité et l’empêcher d’accomplir certains projets.

 

Nicolas Sarkozy a, non seulement les pouvoirs que lui offre la constitution mais il a changé de pratique de gouvernance en façonnant peu à peu les institutions pour les mettre au service de son camp politique et à l’intérieur de celui-ci, au service de son clan.

 

Car les affaires sont florissantes pour les Balkany et autres Bolloré. En Afrique, par exemple. Patrick Balkany devisant gentiment et offrant son soutien au chef de la junte guinéenne Dadis Camara, ça fait désordre quand on sait que la scène se déroulait 11 jours avant que ce dernier commette un massacre qui fit plus de 150 morts et que la commission européenne appelle un crime contre l’humanité.

 

Les affaires seront encore plus florissantes avec le projet du Grand Paris et dont le contrôle de l’EPAD par Jean Sarkozy apparaît comme une garantie de bonnes affaires immobilières pour l’extension de quartier de La Défense, dans le cadre de ce projet.

 

Finalement, Jean Sarkozy n’est que le prête-nom des amis de son père. Sa candidature est le signe à tous ceux qui voudraient s’y opposer, y compris à droite, que le président, en personne, approuve les projets de son clan pour s’en mettre plein les poches.

 

Dans les Hauts-de-Seine, à Levallois-Perret et à Courbevoie, on se frotte les mains après cette période de vaches maigres immobilières. Les bureaux d’études vont faire chauffer les stylos et les imprimantes, les promoteurs se battre pour les terrains, les banquiers faire le plein d’enveloppes, les entrepreneurs se bousculer dans les mairies et les conseils généraux !

Le lobbying le plus débridé va caresser les plumes de la nouvelle poule aux  œufs d’or et les rétrocommissions pleuvoir sur les gens les plus influents ou les plus débrouillards…

 

Silvio Berlusconi avait misé sur les médias pour asseoir son pouvoir au point de se salir les mains, Nicolas Sarkozy va faire mieux, il va miser sur l’immobilier et les juteux contrats dans les anciennes colonies sans se salir les poches puisque ses amis s’en chargent. Fréquenter de près Jacques Chirac et Charles Pasqua lui aura au moins appris cela.

Après tout, vu le nombre d’ascenseurs envoyés à ses amis, il n’a pas besoin de s’impliquer de façon trop poussée pour s’assurer des lendemains qui chantent. Les ascenseurs redescendent toujours…

 

Je parlais de dictature consensuelle. Vous devez vous dire que ce sont des mots forts.


Oui, il y a un consensus pour ne pas réagir à ce qui constitue de véritables scandales où le clientélisme, les affaires, la main mise sur la justice, l’instrumentalisation de la police, le népotisme, le trafic d’influence, les cadeaux aux amis, un parlement sous contrôle, un Premier Ministre humilié et content de l’être, souillent au final les valeurs de la République.

 

Un consensus réglé comme du papier à musique par des agents d’influence et des médias enfumés par de beaux discours, des débats, des prises de position, des commissions de réflexion qui donnent l’illusion de la démocratie et de la défense de l’intérêt général ou du pays.

Seuls le sérieux de quelques médias et le web permettent que l’interprétation de la symphonie du consensus subisse quelques fausses notes. Des couacs qui entraînent le plus souvent, quelques coups de baguettes appuyés sur les doigts des moins attentifs et des plus retors.


Oui, cela équivaut à une quasi dictature mais façon ancienne colonie avec le clan et les courtisans, le bling-bling et des institutions démocratiques pour la galerie. On en prend le chemin sans rien dire, c'est dire si de citoyens nous sommes devenus des sujets.
 

Une dictature maquillée en république, juste le temps des conférences de presse. Un ancien chanteur comme porte-parole du gouvernement, un ancien raconteur d’histoires de stars à la télé comme ministre de la culture viennent nous exhorter à disculper un cinéaste violeur, à accepter un gamin de 23 ans, sans diplôme, sans expérience comme gestionnaire de 115 millions d’Euros de fonds publics et à élire un pipole affairiste, ancien champion de judo comme député.

 

Une dictature habillée de démocratie juste le temps des élections les plus déterminantes avec défilé de femmes ministres glamours au sourire enjôleur, à la voix captivante, nouvelles sirènes de l’Odyssée élyséenne.

 

Bonimenteurs, jongleurs de valeurs, trapézistes de nouvelles lois, redresseurs de torts, dompteurs de délinquants, acrobates du marketing politique, contorsionnistes du slogan qui fait mouche, La France n’est plus une république mais un cirque Barnum et presque une  Foire du Trône.

 

 

Publié dans opinions

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A2N 16/10/2009 13:13


"Une dictature habillée de démocratie juste le temps des élections les plus déterminantes avec défilé de femmes ministres glamours au sourire enjôleur, à la voix captivante, nouvelles sirènes de
l’Odyssée élyséenne."

Milton,

100% d'accord avec toi. "Tout ça va mal finir", comme disait François Léotard.Quand va t-il être pendu sur la place publique ? Cela promet !

A+


Milton Dassier 21/10/2009 01:05


Oui, d'accord mais l'homme est habile et a de gros soutiens. C'est un manipulateur avant tout...


maurice 15/10/2009 19:15


eh oui cela pue la merde à Sarko dans le pays dit des droits de l'homme riche.