L'opération "Albert Camus" au Panthéon fera-t-elle un flop?

Publié le par Milton Dassier

Sarkozy n'avait pas prévu cela. Jacques Chirac avait fait entrer au Panthéon deux écrivains : André Malraux et Alexandre Dumas.

A la mort d'Aimé Césaire, lors du début du quinquennat de Sarkozy, certains envisageaient l'entrée de l'écrivain au Panthéon. Sa famille avait refusé. Sarkozy n'avait pas tenté de récupérer la mort du martiniquais.


La semaine dernière, le président de la république a fait savoir son intention de faire entrer au Panthéon les cendres d'Albert Camus qu'il admire parait-il beaucoup.

On a du mal à le croire car Albert Camus était plutôt proche de l'anarchisme et prônait la révolte comme façon de vivre.

Une révolte considérée par Camus comme la seule façon d'avoir un but dans la vie, une conscience aigüe de l'humain dans un monde dominé par des forces inhumaines comme le nazisme, le capitalisme, le stalinisme et les religions.

A la limite, un homme comme Julien Coupat ou même Dieudonné que déteste certainement Sarkozy sont bien plus proches d'Albert Camus qu'Alain Finkielkraut, ou Bernard-Henry Lévy.

Cette forme d'existentialisme s'opposait à celle de Jean-Paul Sartre et les deux hommes se querellèrent à ce sujet.

De là, une certaine tendance à voir Camus comme un anticommuniste viscéral donc un philosophe acceptable pour la droite.

 

J'imagine que Sarkozy a dû faire sienne cette phrase de l'écrivain en lui donnant un sens très personnel.

 

En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout.


Mais, Camus était au delà de cette quête de l'égo. Dans "L'étranger", ne met-il pas en scène un homme qui ne joue pas le jeu de la société où il vit et qui accepte son destin funeste parce qu'il refuse de mentir sur lui-même, sur le monde, sur les gens ?


Aujourd'hui on apprend que le fils d'Albert Camus refuse que les cendres de son père soient transférées au Panthéon car il ne veut pas qu'on se serve de cet honneur pour une récupération politique. Cette lucidité du fils aurait fait plaisir au père. Car Camus voyait dans la lucidité la qualité essentielle de l'homme en révolte. Apparemment, pour Sarkzy l'opération de com' est partie pour un flop.


Offrons-lui cette phrase très forte à méditer en ces temps de néocolonialisme et de politique sécuritaire.
 

Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme.

Albert Camus

Sarkozy pourra toujours se consoler en regardant le tout dernier épisode des Simpson où il apparait avec Carla Bruni. Une Carla un peu bourrée et juste un peu nymphomane qui drague le patron d'Homer, un Sarkozy qui mange du camembert avec une petite cuillière en or à son bureau, et répond au téléphone : "Hello, you're getting cosy with Sarkozy" ( Salut, Sarkozy pour vous mettre à l'aise!)




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PROFANE 22/11/2009 22:29


SEUL LES FRANCS MACONS bon teint sont entérés au panthéon.....là encore il y a dyscrimination enttre français...


dgidgi 22/11/2009 21:21


Assez d'accord avec tout cela, le côté récupération politique d'une oeuvre littéraire et d'une pensée révolutionnaire par un homme qui n'a aucun scrupules et qui applique une politique aux
antipodes des idées de cet auteur n'est pas négociable.Laissons les morts en paix et soyons heureux que le fils ait quelques valeurs morales dans ses gènes.

Sur l'humour américain et le couple Sarkozy intronisé chez les Simpsons, je trouve cela moins bon : c'est de l'humour de mauvaise qualité, comparable à nos mauvais calambours : jeu de mot sur les
noms propres, c'est petit. Je comparerais cet humour américain à ce que nous faisons de plus mauvais, comme l'Almanach Vermot. D'autre part, on y caricature l'image du français à l'étranger de
manière assez simpliste : la femme française nymphomane et le français mangeur de camembert non pasteurisé, toujours interdit d'importation en Amérique. On n'avance pas beaucoup avec cela, et
pourtant je n'ai pas envie de défendre les Sarkozy.