L'exemple vient d'Italie: Sarkozy ou Sarkusconi?

Publié le par Milton Dassier

Beaucoup se demande si Nicolas Sarkozy n'a pas fait la gaffe qui pourrait lui coûter sa réelection en 2012.

Après le Dr Jekill de 2007, le Mister Hyde de 2010 ne fait pas dans la dentelle pour rester dans la course à la présidence de 2012. L'affaire des roms en témoigne.

 

 Son bilan est catastrophique pour beaucoup, mitigé aux yeux de pas mal de gens à droite. D'aucuns crient casse-cou pour 2012. Le sous-marin Sarkozy est en chute libre, les moteurs toussent et s'étouffent, la pression monte, le sonar hurle, le commandant fortement remis en cause, des mutins fourbissent leurs armes... A ce rythme, l'issue pourrait être fatale.

 

Un plan de sauvetage concerté

 

Ces attaques contre les roms et les gens du voyage ne servent donc pas seulement à masquer les tribulations de l'UMP dans son financement ou son triste bilan économique et social. Elles ont été concertées à partir des résultats du débat sur l'identité nationale.

 

Rappelez-vous, les préfets furent mis à contribution, certains maires UMP aussi, dans l'organisation des débats. Et il y a le site internet qui recueillit énormément de commentaires sur ces questions.

Tout cela a été analysé, épluché et a donc constitué un sondage ultra précis sur une grande échelle de population.

D'une certaine façon, on a dénombré les partisans d'une ligne dure en matière d'immigration et de sécurité, voire de tranquillité publique.

 

Bien sûr, ceux qui se sont exprimés dans les débats ne sont pas représentatifs de la population française. Mais leur grand nombre, le fait qu'ils se soient déplacés; la longueur ou la répétition de leurs messages sur les sites web en dit long sur leur volonté d'influence.

Ce qui a été comptabilisé, c'est le nombre de personnes capables d'en convaincre d'autres...

 

Pourquoi les roms spécialement?

 

Il fallait d'abord, ménager, pour l'instant, les cinq millions de musulmans français, d'autant qu'une grande majorité s'intègre parfaitement bien à la vie française contrairement à ce qu'en disent les caciques du FN. De belles réussites en témoignent.

Les roms de France présentent le double avantage d'être des étrangers misérables au mode de vie radicalement différent des français sédentaires.

En plus, ils ne sont pas organisés et ne pèsent pas sur la vie publique, c'est donc plus facile de les stigmatiser et de les harceler.

 

On peut être sûr, qu'ils ont été cités dans les débats comme incompatibles avec l'identité nationale et pire, comme des gens profiteurs et comme un peuple d'une certaine façon, nuisible.

 

Un nouveau concept: la menace à la tranquillité

 

Ils représentent non pas une menace à la sécurité mais une menace à la tranquillité. Un nouveau concept défendu par Christian Estrosi. Une façon de dire: "Vous voyez, nous avons réussi sur la sécurité alors nous allons plus loin et nous nous attaquons à ceux qui troublent la tranquillité des gens."

 

Les roms et les gens du voyage sont les cibles idéales. C'est pour cela qu'ils ont été désignés ensembles dans le discours de Grenoble.

 

Face aux protestations des gitans qui ont un peu d'influence, on s'en tiendra aux roms. L'objectif de Nicolas Sarkozy est de les expulser et de les décourager de revenir ainsi, il pourra afficher des statistiques démontrant l'efficacité de sa politique.

 

Et qu'importent les rodomontades internes et internationales si cet objectif peut être atteint! Une statistique favorable pendant la campagne avec un début de mea culpa sur la méthode - "C'était difficile sur le plan moral mais il fallait le faire!" - devrait rassembler la droite dure et pas mal de modérés.

 

Le nouveau modèle:  La droite italienne

 

Les électeurs du FN, en général, veulent se débarrasser des immigrés, avec l'affaire des roms, on leur sert la soupe sur un plateau d'argent.

Les grands inspirateurs de cette politique populiste sont les leaders de la droite italienne: Berlusconi et Fini. Eux aussi, s'en sont pris aux Roms sans que les italiens s'en plaignent massivement... Eux aussi ont subi les foudres des dirigeants européens et s'en sont glorifiés auprès de leurs partisans..

 

Aujourd'hui, les deux leaders italiens se déchirent mais, rappelez-vous que l'alliance droite - extréme droite en Italie a bien marché sur le plan électoral. Malgré une image déplorable du pays, malgré la mobilisation de la gauche italienne, Berlusconi et ses alliés ont été réélus.

 

 Berlusconi n'a-t-il pas dit, il n'y a pas longtemps: "Si on lit les discours de Sarkozy, on s'apercevra que de nombreux points sont tirés de mes livres!"

 

 Gian Franco Fini, que l'on voit faire le salut fasciste, n'a-t-il pas fait une préface élogieuse de l'édition italienne d'un livre de Sarkozy?

 

 

Rallier le FN, ses électeurs ou les deux?

 

Sarkozy mise sur un ralliement de l'électorat du FN à ses thèses. Pour cela, il s'appuie sur la frange dure de l'UMP et sur ses transfuges de l'extrème droite qui ont gardé de bonnes relations avec leurs anciens amis. Par exemple, Patrick Buisson est un conseiller influent de Sarkozy, n'a-t-il pas commencé sa carrière comme journaliste et directeur de Minute?

 

Que faudrait-il pour que le FN devienne fréquentable? Qu'il ne soit plus dirigé par Jean-Marie Le Pen, qu'il soit moins ouvertement raciste et surtout, qu'il purge l'antisémitisme des têtes de certains de ses cadres.



Les gesticulations sécuritaires à relents xénophobes voire racistes sont la préparation du remaniement ministériel et sonnent comme une précampagne électorale. On teste, on sonde, on évalue, on analyse et on cible. On voit ce qui marche et ce qui ne marche pas dans l'opinion.

 

On cible politiquement mais aussi sociologiquement.

 

 Merci Sarko!

 

On vise:

 

- les retraités actuels qui voient leurs retraites préservées et auront envie de dire "Merci Sarko!",

- les artisans, commerçants, professions libérales qui s'en tirent plutôt bien malgré la crise

- ceux qui ont un patrimoine

- ceux qui estiment souffrir du manque de tranquillité que ce soit justifié ou non.

 

Pour y parvenir, il suffit d'entretenir les peurs et de se poser en sauveur de la crise. Peur de perdre, peur de manquer, peur de souffrir, peur de l'autre...



Et en cas de résultats insuffisants, d'en rendre responsables la crise économique, l'Union européenne et certaines personnes. Au choix, la presse, la gauche, les français de papier, les immigrés, les jeunes, les fonctionnaires, les syndicats.

 

Dans les propos de l'UMP, vous avez remarqué que les fraudeurs sont toujours des pauvres ou des immigrés; les fauteurs de troubles, des jeunes d'origine immigrée; les profiteurs, des immigrés et des sans papier; les laxistes, les socialistes et les gauchistes, les droits-de-l'hommistes et les bobos.

 

Jamais les grandes fortunes, les gros chefs d'entreprise, le MEDEF, les retraités, les entrepreneurs ou les médecins!!

 

Soyez-en sûrs, le remaniement ministériel de Novembre va consister en une nouvelle politique d'ouverture: celle vers la droite dure et, pourquoi pas, l'extrème droite tout en gardant certaines vedettes de la droite modérée et certainement, Eric Besson pour service rendu au sarkozisme et montrer que changer de camp, ça paye!

 

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