Juppé et Benghazi: les tergiversations occidentales

Publié le par Milton Dassier

bvomi.jpgLes tergiversations des occidentaux à propos du printemps arabe ne lassent pas de s’interroger sur leurs véritables intentions.

Tant que les insurrections ne touchaient pas des pays pétroliers, l’occident pouvait espérer garder un certain contrôle sur ces pays. Il lui suffisait pour cela d’encourager et de soutenir les opposants les plus favorables à l’occident. Après tout, un dictateur comme Ben Ali n’était pas indispensable, sauf peut-être à certains politiciens français.

 

Pour Moubarak, les tergiversations ont permis à l’armée égyptienne de garder le contrôle du pays et de promettre que les accords avec Israël ne seraient pas remis en cause sur l’essentiel.

Moubarak parti, l’armée égyptienne aux commande du pays en attendant des élections ; on pouvait dire « ouf ! » en occident.

 

Regardons maintenant les trois autres pays en ébullition : Bahreïn, le Yémen, la Libye.

Les deux premiers encadrent l’Arabie Saoudite où le goût de l’insurrection pourrait s’étendre. Là, la partie est plus délicate car en cas de victoire, une insurrection analogue pourrait voir le jour en Arabie Saoudite et remettre en cause l’approvisionnement en pétrole de l’occident.

 

Il fallait donc préserver les dictateurs d’une perte de pouvoir au Yémen et à Bahreïn. Avec l’accord des occidentaux, l’armée saoudienne est allée mater la rébellion à Bahreïn.

Et tant pis pour le peuple !

 

Et la Libye ?

 

Là, les choses sont différentes. L’occident tergiverse car il se satisferait bien de la chute de Khadafi, un ennemi si difficile à manipuler et avec qui il a fallu se compromettre pour obtenir sa bienveillance. En même temps, il n’y a pas de consensus pro-occidental chez les insurgés. Personne ne sait très bien quelle tendance politique prendrait le pouvoir en cas de chute du dictateur : monarchistes, pro-occidentaux, khomeinistes, communistes

Finalement, ce qui arrangerait les occidentaux, c’est un Khadafi affaibli mais gardant le pouvoir. Sa faiblesse le rendrait plus soumis, peut-être moins gourmand.  De quoi asseoir la domination occidentale sur une Afrique en pleine évolution et permettre aux Etats-Unis de s’y installer militairement aux côtés des français.

 

Mais que va bien faire Alain Juppé à l'ONU aujourd’hui alors que les troupes de Khadafi vont livrer bataille ce soir ou demain pour abattre l'insurrection? Il pourrait tout aussi bien aller à Benghazi et compatir aux derniers instants de la révolution libyenne en les bombardiers libyens faire leur sale besogne.

 

S’il n’annonce pas une forte mesure pour aider les insurgés, son déplacement à l'ONU sonnera comme une manoeuvre hypocrite aux yeux de ceux qui ont cru en l’aide de la France. 

 

 

 

 

Publié dans international

Commenter cet article

H-Yves 19/03/2011 16:55


Bonjour!
En ce moment , des Rafales survolent Benghazi...
Je soupçonne Sarkozy et sa bande d'espérer que ces avions que personne ne veut acheter, abattent deux ou trois avions libyens histoire de prouver que les avions de Dassault ne fonctionnent pas au
pipi et que les missiles français font plus de dégâts qu'un lancer de cacahuètes.
Mais, si les avions britanniques Typhoon concurrents du Rafale abattent des Mirages F1 libyens (vendus par Dassault), alors là, cette opération de guerre destinée à la promotion du matos français
tournera au fiasco.
Pour l'instant, les mauvais sondages de Sarko sont suspendus au sort de son copain Kadhafi. Si son copain est pendu (...ou arrêté par la BAC du 9-3) avant la fin du mois, Sarko remontera à 50%
d'opinions favorables. Mais, si son seul pote arabe et musulman continue de faire la racaille de banlieue pendant un mois, alors, Sarko sombrera comme le Titanic.
Moralité : Sarkozy est encore un train de bâtir sa carrière sur le dos des Musulmans.
Espérons que les femmes libyennes aurons la décence de retirer leur voile au passage des avions français. La laïcité , c'est pas fait pour les chiens!