Incroyable : L’obsession de BHL pour Dieudonné

Publié le par Milton Dassier

Quand l’actualité est riche d’évènements qui rebondissent, s’entrechoquent comme les billes d’acier d’un flipper devenu fou, quand les déclarations, les commentaires fusent de formules assassines, de condamnations intransigeantes, reflétant l’indignation, le questionnement et les débats qui agitent le pays,

j’aime lire ceux qui se sont posés, au fil du temps, en vieux sages ou en pamphlétaire fougueux, en voix autorisées ou décalées afin d’aiguiser mon intellect et préparer ma plume.

 

Simple obligation de blogueur qui aime prendre l’avis de tous afin de forger le sien. Parmi, les gens que je vais lire souvent, il y a l’incontournable Bernard-Henry Lévy.

 

L’affaire Woerth, l’enquête d’Israël sur ses propres crimes, la défaite des bleus et les tentatives de récupération politique et idéologique de la droite réac et de l’extrême droite, la marée noire aux Etats-Unis. Il y en avait des sujets.

 

De quoi allait donc nous parler BHL ?

 

Il est vrai que, parfois, le nouveau philosophe de mes deux, comme dirait Pierre Desproges, ne suit pas toujours l’actualité et aime parler sur son bloc-note, d’un livre qu’il a lu ou d’un film qu’il aurait aimé voir aux plus hauts sommets de la gloire.

Gourmand de lire les mots des autres avant de pondre les miens, je me rendais en diligence à quatre chevaux, sur le site du Point. Je jetais un œil surl’éditorial de Franz-Olivier Giesbert dit FOG, un vrai contorsionniste du journalisme, celui-là. Son truc : critiquer le sarkozisme de façon si convenable que le propos ne pourrait en aucun cas être vu comme blessant.

Pour lui, Eric Woerth est un bouc-émissaire, une victime expiatoire qui n’enlève rien aux revendications légitimes d’une république plus propre. On en pleurerait presque.

 

L’analyse de Claude Imbert ne me fit ni chaud ni froid, alors je cliquai sur la page de BHL.

Et là, stupeur dés le titre : « La preuve par Taddéï »

 

  Il y a toujours quelque chose d’énigmatique chez BHL, dans son visage toujours crispé. Qui peut se vanter de l’avoir vu rire en public ou tout simplement sourire avec franchise?

Le philosophe revient sur une interview de Frédéric Taddéï aux « Inrockuptibles ». Une phrase du journaliste l’a choqué : « Si j’ai invité Dieudonné à mon émission, "Ce soir ou jamais", c’est bien la preuve qu’il n’existe pas de lobby interdisant à celui-ci l’accès aux grands médias. Je suis la preuve et la seule, qu’il n’existe pas de complot ! »

 

Apparemment, cette phrase empêche BHL de dormir. Et il s’en explique puisqu’il y consacre tout son papier. Mais imaginons comment il en est arrivé là.

 

 BHL, a dû se réveiller en pleine nuit, la peau ruisselant d’une sueur inhabituelle, avec cette réflexion : Mais si Taddéï n’était pas là, cela voudrait dire, qu’il existe un lobby qui interdirait à certains humoristes de se produire. Damned!

 

Le fait qu’on dise qu’il n’existe pas de lobby pour finalement sous-entendre qu’il existerait si son inexistence n’était ni avérée ni démontrée, ça rend BHL fou. Oui, il y a un double-bind dans cette affirmation de Taddéï. Une façon de dire que quelque chose qui n'existe pas, existe tout en ne niant pas que ça n'existe pas; ce qui réfute l'idée que quelque chose qui existe, n'existe pas. Oui, le non dit, la dénégation de l'évidence conduit au double-bind, donc au malentendu dont on ne se sort jamais. Un peu comme si vous apercevez un panneau sur lequel est écrit: "ce panneau n'existe pas, j'en suis la preuve".

 

BHL lui, n'en dort plus!

 

La tristesse de BHL est que personne, à part lui, n’a relevé ce qui apparaît pour lui essentiel.

 

Que les idées « »pestilentielles » (sic) de Dieudonné puissent être de temps en temps abordées au cours d’un débat télévisé à une heure tardive.

Qu’un journaliste puisse faire son boulot en donnant la parole à ceux qui ne l’ont jamais, sans parti pris, sans faillir à son métier, sans manipuler l’opinion par des questions entendues.

 

Insupportable pour BHL. Mais pas seulement ça!

 

D’où la teneur de son indignation de la semaine.

 

Plus essentiel que les propos racistes d’Alain Finkielkraut sur l’équipe de France.

Plus essentiel que les liens étranges entre les grandes fortunes françaises et la classe politique.

Plus essentiel que les contorsions du monde.

 

Et vous savez pourquoi ?

 

Parce que cela sous-entend que l’ambiance n’est plus à l’angélisme vis-à-vis d’Israël et de ses soutiens en France. Parce que cela montre que l’accusation d’antisémitisme aux critiques de la politique israélienne sera de plus en plus difficile à porter.

Parce que nombreux sont ceux pour qui le climat de censure qui règne de plus en plus en France devient insupportable et le font savoir.

Parce que beaucoup ont compris que si Dieudonné est classé comme antisémite, c'est parce qu'il a eu à souffrir, en tant qu'artiste, d'un harcèlement sans précédent dans les trente dernières années.

Parce que les gens se rendent compte que la fameux antisémitisme rouge-brun dont certains nous ont rabattu les oreilles en le décrivant comme un très grand danger ne représente rien à côté des forces obscures qui agitent certains milieux d'extrême droite revigorées par deux années de sarkozisme. On l'a vu avec le scandale de l'école privée catholique traditionnaliste de Bordeaux.

 

D’ailleurs, BHL s’est bien gardé de sous-entendre que Frédéric Taddéï serait complaisant avec l’antisémitisme.

Il a juste émis un doute sur Frédéric Taddéï, à qui il reproche sans pouvoir le dire, non pas d’inviter Dieudonné une ou deux fois par an mais d’inviter souvent des intellectuels, des militants bien plus efficaces dans leur dénonciation des crimes de l’impérialisme occidental dont fait partie le sionisme.

 

Alors on aura eu droit dans son bloc-note, juste au petit doute perfide du faux philosophe pour salir un vrai journaliste. Mais la mayonnaise n’a pas pris si on en croit les commentaires…

 

Les temps changent. Une chemise blanche ouverte et des cheveux longs ne cachent plus l’inéluctable : Non seulement, BHL est un has been mais il se fait vieux…

Publié dans opinions

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aurelien 06/07/2010 22:47


C'est lui accorder trop d'importance à ce type que de lui consacrer un article.
Effacer le de votre mémoire


Milton Dassier 06/07/2010 23:42



Vrai en théorie mais lui, n'oublie pas et ne s'oublie pas... Alors un blogueur averti en vaut deux!