Il se prenait pour Kennedy, va-t-il finir comme Nixon ?

Publié le par Milton Dassier

Nicolas Sarkozy se voyait comme un grand chef d’état. Un de ces hommes qui allaient faire bouger la face du monde et dont on retiendrait le nom.

Président de la république française dans un monde en plein bouleversement, sur le papier, ça pouvait le faire.

 

Sauf que Nicolas Sarkozy a tout fait à l’envers.

 

Il a flatté le peuple avant de le trahir dés son élection acquise. Il a préféré le Fouquet’s et ses amis fortunés à la Concorde et son peuple plein d’espoir. En vacances, il a préféré un yacht de milliardaire sur les côtes de Malte à un séjour sur les terres de France au milieu des siens.

 

Et puis, il y a cette façon méprisable de parler au peuple en singeant le langage des ouvriers.

On aurait pu se dire : au moins il essaye de faire peuple parce qu’il a l’amour du peuple. Pensez donc, on sait aujourd’hui que seuls les gens fortunés l’intéressent y compris dans l’exercice de ses fonctions.

 

A l’envers Sarkozy. Oui, à l’envers. Quand il fallait avoir du nez pour deviner la crise qui se préparait, Nicolas Sarkozy vantait les mérites du système financier qui allait précipiter les économies mondiales dans le marasme, le chômage, les faillites…

 

Quand il fallait comprendre que la mondialisation était politique en plus d’être économique, Nicolas Sarkozy défendait une France qui se ferme aux autres, se recroqueville en s’agenouillant devant les Etats-Unis, renonçant à toute indépendance. La France devenait un vassal docile, un gros état client de la puissance américaine. Désormais, sa voix ne résonne plus dans le concert du monde sauf si elle se joint à celle de l’Allemagne qui n’est pas dupe des petits jeux de communication politique d’une France en pleine déconfiture.

 

Ce qui se passe aujourd’hui. Un web journal de qualité, Mediapart, a mis à mal le  parti politique au pouvoir en décrivant par le menu les étranges pratiques de favoritisme de l’UMP et de ses ministres.

 

Rendez-vous compte, Liliane Bettencourt a réussi à avoir un taux d’imposition de 20% de ses revenus qui sont tout de même de 175 millions par an. 20% ! C’est le taux d’imposition des cadres supérieurs et des professions libérales à 100.000€ par an.

Et en plus, à cause de son patrimoine, elle est soumise à l’ISF mais grâce au bouclier fiscal, le fisc lui a rendu 30 millions d’€.

 

 

Mediapart, c’est aussi le web journal qui a enquêté sur le Karachigate, en a révélé certains secrets qui impliquent là encore le chef de l’état.

 

C’est ce qui explique les attaques insensées du gouvernement et de l’UMP contre Mediapart et l’Internet en général, avec ce qui pourrait être compris comme des menaces contre Edwy Plenel de la bouche même du président de la république. « Un jour, ça lui retombera sur la tête ! »

 

L’affaire est loin d’être finie. La panique gagne l’Elysée qui crie victoire juste parce que la comptable qui a enfoncé Sarkozy se serait rétractée.

 

La réalité est toute autre. Aux policiers, elle a simplement déclaré qu’elle ne visait pas Sarkozy spécialement et qu’elle n’avait aucune preuve qu’il ait touché des enveloppes régulièrement, mais elle a cité des noms de personnalités habituées à en avoir probablement reçu puisqu’elles venaient dîner chez Liliane Bettencourt juste après les importants retraits en liquides (50.000€, 2 fois par mois) qu’elle effectuait.

 

Les personnalités citées : Messmer, Mme Pompidou, François Léotard, Balladur, Longuet, Kouchner, le couple Chirac, R. Donnedieu de Vabres, Danielle Mitterrand, Nicolas Sarkozy et Eric Woerth.

 

On remarquera que cette liste ne comprend que des élus de droite, Danielle Mitterrand ne joue aucun rôle politique mais a une fondation ; Kouchner n’a jamais été élu et présidait diverses ONG en son temps.

 

La prétendue chasse à l’homme qu’on veut abattre parce qu’il mène la réforme des retraites est, en réalité, un véritable scandale d’état qui montre la persistance de pratiques proches de la corruption et du favoritisme que beaucoup pensait impossible dans notre république.

 

Il ne s’agit pas d’une attaque contre Nicolas Sarkozy pour le déstabiliser mais de la mise sous les projecteurs d’un système de connivences politico-financières qui s’adapte au gré des changements de majorité et de l’évolution de la législation.

 

Le carriérisme, le cumul des mandats, le cumul des fonctions et des rémunérations, la consanguinité politique et économique sur des décennies conduisent à ces pratiques.

 

Savez-vous que, Michèle Alliot-Marie « traîne » dans les allées du pouvoir depuis les années 70. Saviez-vous que Nicolas Sarkozy était déjà dans les ministères dans les années 80 ?

 

On dit que le pouvoir absolu corrompt absolument. Pour la France, il faudrait plutôt dire : le pouvoir durable corrompt durablement.

 

C’est bien grâce à cette solidarité entre privilégiés peu enclin au renoncement d’eux-mêmes que Nicolas Sarkozy ne finira probablement  pas comme Richard Nixon. Malheureusement!

Publié dans politique

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Yves 09/07/2010 17:25


Sarko se prenait pour Bonaparte !
Il finira en exil...comme son modèle.


christian nc 08/07/2010 22:56


Félicitations pour tes analyses, justes et compréhensibles pour le commun des mortel.

bien a toi

Christian nc


Milton Dassier 09/07/2010 00:57



Merci à bientot