Hortefeux : ce nostalgique des temps anciens où l'on dénaturalisait à tour de bras

Publié le par Milton Dassier

Vous avez remarqué comment certains politiciens utilisent la notion de « vivre ensemble » quand ils parlent de l’intégration des personnes issues de l’immigration ? Et cette histoire de droits et de devoirs ? Une façon à peine voilée de redécouvrir le mérite, l’obligation de dignité et de souci de l’intérêt général de ceux qui ont acquis la nationalité. Seulement, c’étaient des notions en vogue dans l’extrême droite française il y a plus de 70 ans !

 

Avec son désir de retirer sa nationalité à un homme pour un motif aussi futile qu'une fraude aux allocs  non prouvée et qu'une polygamie supposée, il semblerait que Brice Hortefeux soit animé par la nostalgie. Une nostalgie qui nous ramène 70 ans en arrière donc,  au bon vieux temps de Vichy…

 

 

Le 22 juillet 1940, une loi fut promulguée pour adapter la législation française de déchéance de la nationalité française.

Elle indiquait vouloir examiner toutes les naturalisation réalisées depuis 1927 en se basant sur « ceux, qui pour des faits divers, se sont rendus indignes d’être des nôtres » et « lorsque l’intérêt de l’individu plus que l’intérêt général aura déterminé sa naturalisation ou que celle-ci aura été accordée dans l’ignorance des actes répréhensibles commis par lui. »

 

15.000 personnes dont de nombreux juifs d’origine étrangère arrivés entre 1927 et 1940, furent déchues de leur nationalité française. Ils s’ajoutèrent à ceux qui faisaient dissidence en quittant la France métropolitaine, ceux qui étaient engagés en politique, dans le milieu associatif, les syndicats.

 

On ciblait une communauté déjà à cette époque…

 

Mais ceux qui étaient chargés de faire appliquer cette terrible loi avaient des arguments à la Eric Zemmour : « La nationalité française est retirée de préférence aux individus de pays lointains pour lesquels l’assimilation est difficile. »

 

Il faut quand même vous dire que « pays lointains » signifiaient à l’époque l’Europe de l’Est, la Turquie.

Mais rassurez-vous, des belges et des suisses naturalisés français se virent déchus de cette nationalité.

 

Et, comme ces gens, devenus apatrides du jour au lendemain, n’avaient plus de nationalité, ils n’avaient plus de droits non plus, se trouvaient sur le territoire en situation illégale et étaient susceptibles d’être conduits dans les centres de rétention de l’époque, des camps.

 

Cette loi n’avait pas été promulguée pour faire plaisir à l’occupant allemand qui, lui, aurait voulu qu’on dénaturalise simplement tous les juifs français sans distinction d’origine, mais reprenait une vieille idée de l’extrême droite.

 

Comme quoi, parfois l'histoire bégaie et c'est à notre tour de vomir.

 

Un rapport bien documenté sur la question, signalé par Mediapart, est visible sur le net.

 

Publié dans société

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Cyrille 28/04/2010 21:04


"Attention tout de même. Il faut absolument montré que le vichisme ne fut pas l'exécution des desiderata des allemands mais une idéologie d'extrême droite proprement française."
Je ne retrouve pas cette phrase de Goebbels, qu'il a dite à la fin de la gaire :
"Le plus facile a été de faire passer l'antisémitisme en France, plus que dans d'autres pays d'Europe; nous n'avons pas eu besoin de les pousser"
en tout cas, voila encore un site indispensable:
http://www.jp-petit.org/Presse/
Goering_a_Nuremberg.htm


Cyrille 28/04/2010 03:10


"Comment gouverne-t-on le monde, comment le conduit-on à la guerre ? Les diplomates mentent aux journalistes et croient ensuite ce qu'ils lisent dans les journaux."
Karl Kraus (journaliste et dramaturge autrichien, 1874-1936)

"A la base de toute guerre se trouve un médiamensonge. Pour la guerre du Viêt-Nam, ce fut l'attaque imaginaire de deux navires américains dans la baie du Tonkin; pour la guerre du Golfe ce fut le
prétendu vol de 312 couveuses koweitiennes par les soldats irakiens, attesté la main sur le coeur par une fausse infirmière qui n'était autre que la fille de l'ambassadeur du Koweït aux Etats-Unis;
pour la Yougoslavie ce fut Racak. Quelles seront les prochaines guerres et les prochains "médiamensonges" ?
Michel Collon (journaliste belge - juin 2000)

"Le mécanisme standard de toutes les sociétés de classes consiste depuis toujours à canaliser vers l'extérieur les tensions internes existantes. La mise en scène de prétendues menaces, les longs
préparatifs de guerre, et enfin la guerre elle-même constituent des moyens fiables pour y parvenir. Grâce à l'appareil de manipulation des médias, qui agissent maintenant sans rencontrer le moindre
obstacle et sont plus efficaces que jamais, il devient possible d'établir un nouveau consensus général sur la base de ce qu'on pourrait appeler le "patriotisme de conquête".
Karl Unger (journaliste allemand, dans junge Welt, Berlin - 23 janvier 2003)


Cyrille 28/04/2010 03:08


"Que cet événement soit réel ou virtuel, le fait qu'il soit crédible montre que la société doit rester vigilante en toute circonstance."
Jean-Pierre Raffarin Premier ministre français le 13 juillet 2004, à propos de la pseudo-agression antisémite du RER. Autrement dit : un mensonge est tout fait acceptable s'il est crédible ; la fin
justifie les moyens. (Où a-t-on déjà lu une chose pareille : dans 1984 de George Orwell ou bien était-ce dans un discours du Dr Goebbels ?...)


Cyrille 28/04/2010 03:06


Goebbels a toujours trouvé tres facile d'instaurer en France une culture xénophobe et raciste.Le ministre de la Propagande d'Adolf Hitler a déclaré que la plupart de ses idées sur l'art et la
manière de manipuler l'opinion publique lui étaient venues en observant les pratiques publicitaires des Américains et les effets d'une "science" nouvelle à l'époque : les relations publiques. De
nos jours, l'univers des relations publiques dont dispose l'empire financier qui régit le monde, donne un air bien rudimentaire aux méthodes de Goebbels. La précision des technologies de
communication et de maîtrise des images, un siècle de recherche en matière de psychologie et de connaissance de la sensibilité émotive humaine, la centralisation sans précédent des instruments de
contrôle du capitalisme monopolisateur et triomphant de l'après-guerre froide, tout cela combiné nous a conduits à un point où "générer le consensus" est devenu un automatisme.


Milton Dassier 28/04/2010 14:59



Attention tout de même. Il faut absolument montré que le vichisme ne fut pas l'exécution des desiderata des allemands mais une idéologie d'extrême droite proprement française.