Gogoland : La France n’est plus le pays des droits de l’homme

Publié le par Milton Dassier

Le pays des droits de l’homme n’est plus. Il faudra se mettre cette vérité dans la tête et la contester formellement quand un homme politique démago de l’UMP sera surpris en train de la dire.

 

On a beaucoup dit sur le système pénitentiaire le plus injuste d’Europe ; on a beaucoup écrit sur la répression policière qui s’abat sur les immigrés et les sans-papier mais aussi sur n’importe qui avec le nombre faramineux de garde-à-vue : plus de 500.000 par an avec fouilles corporelles et intimes sans oublier les brutalités.

 

On a beaucoup glosé sur la multiplication des fichiers qui permettent aux autorités de tout savoir sur n’importe qui dés lors qu’il est entendu, ne serait-ce qu’une fois par la police sans oublier l’empreinte ADN répertoriée à chaque garde-à-vue. Et ça continue!

 

 

On a beaucoup évoqué les droits des pauvres, des chômeurs, des mal logés, des roms, des travailleurs précaires si régulièrement bafoués que c’en est devenu une habitude presque acceptable pour le français moyen résigné et manipulé.

 

On a beaucoup débattu sur l’indépendance de la justice mise à mal par le pouvoir sarkoziste. Jugez plutôt. Que penser sur l’affaire Clearstream qui est jugée aujourd’hui deux ans après le début de l’instruction alors que la justice reste bien silencieuse à propos de l’affaire des enfants Zied et Bouna, morts électrocutés il y a quatre ans, dans des conditions mystérieuses et sous les yeux de policiers bien passifs ?

 

Et aujourd’hui, la France est épinglée pour une liberté fondamentale qui touche tout le monde : la liberté d’expression. La liberté de la presse fait l’objet d’un classement par l’organisation RSF. Pour l’année 2008, parmi les 175 pays répertoriés, la France passe de la 35ème à la 43ème place juste après le Surinam et loin derrière les Etats-Unis.

Mises en examen de journalistes, pressions du pouvoir, interventionnisme des autorités et des lobby économiques ou politiques.

 

 

Et malgré cela, il se trouve à l’UMP, des voix tonitruantes à qui cela ne suffit pas. Pour eux, la presse est trop libre, trop critique. Ils le disent haut et fort dans leurs communiqués de presse.

 

 

Mais ce n’est pas tout, le recul de la liberté d’expression touche aussi les artistes et même vous et moi.

 

Les artistes, quand par exemple, aujourd’hui même, le ministre de la culture veut interdire une chanson et son clip parce qu’elle dit du mal de la police. Un ministre de la culture extrêmement reconnaissant à son patron...

 

Les artistes, quand par exemple, par tout un jeu juridique, on harcèle l’artiste Dieudonné sur le plan judiciaire et administratif pour qu’il ne puisse plus donner de spectacle y compris si les spectacles en question ne contiennent aucun propos choquant. C’est la première fois depuis longtemps, qu’un artiste est obligé de se produire dans un bus, presque en catimini car on lui refuse salles et théâtres un peu partout en France.

 

 Et puis, il y a vous et moi, jamais à l’abri d’une surveillance quand on s’exprime publiquement sur des sujets sensibles. Rappelez-vous ce cadre de TF1 qui avait écrit son désaccord sur la loi HADOPI, rappelez-vous ces procès et garde-à-vue pour avoir exprimé son ras-le-bol de façon trop provocatrice : « Sarkozy, je te vois ! », « Hou la menteuse ! » (Morano)

 

Il y a vous et moi, jamais à l’abri d’un procès coûteux pour diffamation ou injures publiques dans un article sur un blog ou un commentaire sous une vidéo du net. Nadine Morano, Nicolas Sarkozy, Xavier Darcos avec ses profs réfractaires, Hervé Morin et ses militaires universitaires contestataires,

 

Depuis que l’extrême-droite est entrée à l’Elysée, dans les ministères et au ministère de l’intérieur, toute liberté est sous le coup d’une menace sourde, bien enrobée de bons sentiments, bien maquillée d’alibi sécuritaire.

 

Toutes les actions de ce régime consistent à déguiser le vice en vertu et de communiquer pour le dissimuler aux français.

 

Prochaine étape : le contrôle du net

Publié dans liberté d'expression

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Ali 27/10/2009 19:09


Je ne vais pas vous reprocher cette lancinante litanie, mais abonder dans votre sens.
La France devient le pays des "dividus", ces citoyens amputés de leur individualité et qui répondent aux critères d'accréditation par le pouvoir.
Ainsi, un individu "travailleur" doit être un dividu "travailleur performant".
Un individu citoyen, un dividu "citoyen responsable".
Un individu opposant (c'est encore permis !), un dividu "opposant constructif".
Un individu musulman, un dividu "musulman modéré".
Et ainsi de suite...
L'ablation de tout ou partie de l'intégralité d'un individu peut s'appeler castration.
Je relaie votre triste constat sur un de mes blogs.
Parfois je me demande si cela vaut encore la peine de crier dans ce désert...
Mais bon, au moins on mourra comme on aura vécu: les yeux grands ouverts !
Merci !


setkem 21/10/2009 18:24


L'a t'elle seulement déjà été? en tout cas
d'un point de vue africain ou afro-descendant, la reponse est JAMAIS!!!!


A2N 21/10/2009 13:44


Bonjour, Milton !

Tu as dit :"Depuis que l’extrême-droite est entrée à l’Elysée, dans les ministères et au ministère de l’intérieur, toute liberté est sous le coup d’une menace sourde, bien enrobée de bons
sentiments, bien maquillée d’alibi sécuritaire."

En effet, c'est bien là que réside la dérive actuelle de la France vers le chaos. Et dire que la majorité des Français n'a pas encore réalisé. Nicolas Sarkozy a fait ce que Le pen n'a pas pu en
2002, sauf qu'il a bénéficié de la complaisance médiatique. Normal, il était le candidat des néoconservateurs et autres lobbies.

A2N


teyssandier rachel 20/10/2009 17:50


KEMI SEBA en résidence surveillée
Interdiction de voir certaines personnes, interdiction d'aller à Paris, interdiction de s'exprimer publiquement sous peine d'incarcération immédiate, et pointage au commissariat deux fois par
mois.
Quel délit a-t-il commmis ? aucun, si ce n'est un délit d'opinion. Pays des droits de l'homme?


Milton Dassier 21/10/2009 01:04


Tout à fait juste. Je n'aime pas tellement Kemi Seba mais, je reconnais qu'il est un épouvantail bien commode pour rassurer à bon compte la communauté juive et les petits blancs. On a fait de
Kemi Seba une menace. On lui a tendu certains pièges et il est tombé dedans, ce que je ne m'explique pas d'ailleurs tant les ficelles étaient grosses. Il s'est fait une réputation élargie grâce à
la publicité faite par ses ennemis mais une réputation d'enragé dangereux, ce qui est très exagéré. J'y reviendrai.