François Fillon : la métamorphose du basset

Publié le par Milton Dassier

fillonmilit.jpgVous l'avez sans doute remarqué. Le président français est arrivé en retard au sommet du G20 et en est reparti en avance.

En gros, il aurait passé à peine dix heures à Séoul. Un aller-retour de vingt heures dans son nouvel avion pour un séjour de dix heures!

 

Etrange non?

 

Il faut dire que son agenda était très chargé et avait trois objectifs :

 

-Empêcher François Fillon de travailler son image de président virtuel pendant les cérémonies du 11 novembre. Si Sarkozy était parti pour G20, c'est bien Fillon qui l'aurait remplacé pour les cérémonies.

 

-Laisser croire que le G20 organisé par les coréens ne déboucherait sur rien, d'où les commentaires assassins et ironiques: "Y a du boulot", "C'est pas gagné!", et directement aux coréens: "Quand je vous revois un an après, ça m'agace de voir que vous rajeunissez!"

 

-Mettre en oeuvre le plan com' sur le remaniement qui n'en est pas un, mais doit laisser croire que c'est un évènement majeur.

 

Et puis, vous venez de l'apprendre, Fillon a démissionné le samedi et a été repris le dimanche. Vous vous dites alors: Mais pourquoi tout ce cinéma, toute cette mise en scène?

 

Reprenez les derniers évènements, notamment, le moment où l'hypothèse Fillon à nouveau Premier Ministre devient crédible pour la presse.

 

Il y a eu d'abord le lobbying d'une bonne partie de l'UMP pour refuser l'éventualité Borloo mais, surtout, François Fillon a laissé paraître une info comme quoi ses services avaient averti le ministre de l'intérieur qu'espionner les journalistes, c'était mal. Et boum dans la tronche d'Hortefeux et de Guéant!

 

François Fillon en sait beaucoup sur le système sarkoziste... Ecarté, il pourrait prendre de la hauteur et devenir une alternative crédible à la candidature présidentielle.

Déjà que Jean-François Copé montre les crocs en obtenant la direction de l'UMP, deux "opposants" internes en plus de Villepin, ça fait beaucoup à affronter pour un homme qui ne reçois que 26% de soutien dans l'opinion publique.

 

François Fillon a bousculé les plans du président de la république. Celui-ci comptait trouver à son toutou, une niche de luxe: la mairie de Paris en 2014, par exemple, ou la présidence du sénat, l'an prochain. Seulement

 

Fillon a bien compris qu'en l'état actuel des choses, il n'avait aucune chance pour déboulonner Bertrand Delanoé et bien peu pour le sénat qui risque de passer à gauche en 2011.

 

Sarkozy n'est donc plus tout à fait le maître ni de son agenda, ni de sa politique. Un contrat a été passé avec Fillon, c'est évident. Celui-ci va prendre plus de place, mener la barque dans un sens plus apaisé. Fillon a encore la réputation d'être un homme de dialogue tout en restant ferme et droit dans ses bottes.

 

Il va miser sur le dialogue social et l'insécurité sans les excès de Sarkozy. On pourrait même le voir ouvrir un débat sur des réformes voulues par Sarkozy et imposées par la force.

 

Bref, une ère de débats tous azimuths et de réunionnite aiguë va s'emparer des dirigeants de la France, histoire de monopoliser l'attention en attendant 2012...

 

Ne vous laissez pas avoir.

Publié dans politique

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