Et l’on nous reparle de terrorisme

Publié le par Milton Dassier

D’après certaines sources officielles, il y aurait, actuellement,  une grande menace terroriste en France et sur les intérêts français à l’étranger.

Cela justifierait tout l’arsenal policier et militaire mis en œuvre depuis quelques années et ponctuellement renforcé.

J’ai l’impression que c’est un peu facile car, les sources du renseignement parlent de quelques dizaines de personnes capables de commettre un attentat en France et que chaque année, les services de police déjouent deux attentats par an. On nous parle d’une guerre au terrorisme avec des moyens considérables qui concerne en France, pas plus de cinquante personnes…

 

Le terrorisme n’est pas le fait de groupes d’illuminés ayant le dessein d’imposer leur idéologie au monde par la terreur.

Il s’agit d’un monde où se mêlent services secrets, mercenaires, puissances d’argent, crapules et groupes de rebelles armés.

 

Des états commanditent des attentats, des puissances d’argent les financent, les mercenaires, les crapules et les rebelles les exécutent. C’est un peu comme au temps des flibustiers.

Il y avait les corsaires qui agissaient pour le compte d’un état ou d’une organisation liée à un état, il y avait les flibustiers qui travaillaient à la fois pour un état et pour eux-mêmes, et, il y avait les pirates qui ne travaillaient que pour eux-mêmes. Les flibustiers allaient même jusqu’à conquérir des villes voire des territoires qu’ils pillaient pour le compte d’un roi européen et leur propre compte. Ensuite, ils en gardaient le contrôle avec la bienveillance de certains états complaisants que ça arrangeait. On sait aujourd’hui que certaines îles des Caraïbes étaient utilisées ainsi. On pratiquait l’abordage des navires marchands, le pillage des villes, les prises d’otages contre rançon.

Certains flibustiers rêvaient de mettre en place des sociétés différentes.

 

Il n’est pas difficile de comprendre que les terroristes internationaux, ceux qui commettent des attentats partout dans le monde, sont comparables à des mercenaires ou des flibustiers.

On sait que Ben Laden a travaillé avec plusieurs gouvernements avant de faire cavalier seul si tant est que ce soit le cas.

 

Tout comme ils l’étaient jadis dans la flibuste, les grands états sont impliqués de la même façon dans le terrorisme. Que font-ils ? Ils peuvent aider, armer et soutenir un groupe rebelle contre un régime politique, ou lui demander de sous-traiter une action militaire clandestine. Chaque chef de guerre d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique Latine a été soutenu soit par l’URSS et les pays de l’Est, soit par les occidentaux : financement, fourniture d’armes, logistique, renseignement, opérations.

 

Ces façons de mener des guerres secrètes ont été mises au point lors des conquêtes coloniales puis reprises et « améliorées » lors des luttes de libération. Ce qui veut dire que la menace terroriste est le résultat de plusieurs siècles de guerres secrètes.

Le terrorisme est une guerre sans règle dont les protagonistes portent des masques et en changent régulièrement.

 

On se rappellera que les pirates ont disparu assez rapidement. A force de s'en prendre à tout le monde avec violence, ils ne disposaient ni de protection ni de facilités et n'avaient pas les moyens de se maintenir face à des états qui avaient décidé de les anéantir.

 

Le problème qui agite les chancelleries actuellement, ce n’est pas la menace terroriste finalement, c’est leur impossibilité à contrôler ces groupes comme on peut contrôler des mercenaires même très indépendants par l’argent et des privilèges.

Au départ, il y avait des terrorismes régionaux liés à des luttes de libération. Il y avait aussi une nébuleuse terroriste révolutionnaire qui frappa l’Europe et le Proche-Orient.

Le terrorisme islamique s’est émancipé de ses commanditaires occidentaux et communistes. Il   a peut-être pris le parti d’une lutte globale anticolonialiste. Car c’est l’islam qui rassemble des gens d’horizons, d’origines et de cultures aussi différentes que les membres des groupes qui se sont illustrés dans des attentats sanglants à travers le monde.

Ayant bien étudié l’occident, ils savent que les pays occidentaux sont prêts à bousculer leurs principes démocratiques pour se préserver en tant que démocraties dominatrices du monde.

 

Par opportunisme politique, les démocraties en mal de contrôle de leurs habitants, peuvent voir dans ce terrorisme, un prétexte pour asseoir un autoritarisme qui assure le pouvoir dans la durée à leurs dirigeants et leurs amis du monde économique et financier. Ils sont d’ailleurs, pour la plupart, tous issus du même moule idéologique : le libéralisme universel économique et social. Le nationalisme, l’humanisme et le souci de l’intérêt général ne sont que des postures pour gagner les élections, garder la confiance du peuple et assurer la stabilité sociale.

 

Les démocraties ont donc intérêt à contenir la menace terroriste mais pas à la juguler.

 

Les dernières alertes, les renforcements de la sécurité et la médiatisation autour de la menace terroriste sont tout autant un message adressé à certains groupes et certains états qui souhaitent œuvrer contre les intérêts français que la justification d’un tour de vis sécuritaire à venir.

 

On en a encore pour longtemps avant de ne plus voir de patrouille militaire dans les aéroports et sous la Tour Eiffel!

 

 

Publié dans géopolitique

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Ganjo 30/09/2010 11:47


Pas de panique, tout est "sous controle" :

http://www.alterinfo.net/La-France-confie-la-video-surveillance-de-la-Tour-Eiffel-a-une-societe-israelienne,-LES-AEROPORTS-DU-11-SEPETEMBRE-2001_a4113.html