Eric Besson dans "A vous de juger ou "A vous de gruger"?

Publié le par Milton Dassier

12439938-m.jpgEric Besson a-t-il réussi son grand oral ? A-t-il amélioré son image ?

Telles sont les questions qu’il faut se poser après l'émission "A vous de juger".
"A vous de juger" semble s'adresser au public. En fait, ce titre cache à peine un "A vous de gruger" qui s'adresse à l'invité.

Lui en est persuadé. La méthode Coué est comme une nécessité, une obligation quand on est un traître.

Après la publiscopie façon Arlette Chabot, le rappel de ses origines, les reportages larmoyants sur son enfance, sa jeunesse, sa trahison, on a vu un Eric Besson soucieux de plaire. Mais à qui ?


Eric Besson et l'art très subtil de l'homme qui dit : "J'ai trahi par conviction." Cela fait traître mais honnête;
franc dans le mensonge, généreux mais avec l'argent des autres, responsable mais innocent, menteur mais sincère... Je suis sûr qu'on connait tous un type à peu près comme ça.
 

Face à Marine Le Pen, il ne fut guère brillant. Il savait la partie perdue d’avance. Il n’a fait que garder la ligne de son « nouveau petit maître à penser »- comme dirait Doc Gynéco -, le président de la république.

 

Curieusement, il adopta un rétro pédalage pour brouiller les pistes. Selon lui, tout allait finalement très bien question intégration. On ne pouvait que s'en réjouir. On aurait préféré une fête, un feu d'artifice, un jour férié que ce putain de débat! Oui, Eric Besson l'a dit: la France black-blanc-beur après la victoire de 1998 fut l’apogée de cette France qui s’acceptait multiculturelle.  Mais alors, pourquoi cela n’a-t-il pas duré, notamment avec l’arrivée au sommet de l’état de Nicolas Sarkozy ? La brave Arlette n’a pas osé la question, tout comme elle n’a pas osé parler des contrôles au faciès, des discriminations et faire la comparaison avec les tensions envers les immigrés en Italie qui ont donné lieu à des ratonnades, voire des lynchages.. Dommage !

 

Amusant de voir Charles Aznavour, Michel Boujenah et Firmine Richard regretter ce débat sur l’identité nationale voulu par Eric Besson, ne comprenant pas que cette question mobilise une partie de l’énergie gouvernementale en ces temps de crise. Aznavour, français et arménien  sans qu’on sache plus trop où son cœur balance. La réalité est qu'on s'en fout, il est Aznavour et ça nous suffit. Alors un débat sur l'identité, on a sûrement mieux à faire dans les préfectures non ?

 

A force d’agiter une muleta rouge devant un taureau, on se prend un coup de corne…

 

Donc, on n’en sait pas plus et ce ne sont pas les paroles naïves sur le « vivre ensemble » et sur les valeurs d’égalité de la république qui vont rassurer. Selon Eric Besson, ce débat était destiné à ce que les gens se parlent pour mieux se connaître. Mais, les gens ne se sont pas parlés plus que d’habitude dans les débats, ils ont simplement témoigné et donner leur avis comme on le fait sur Domenech après un mauvais match de l'équipe de France.

 

La peur des uns a effrayé les autres, tout le monde a peur de l’autre, voilà le résultat. Un peu comme si votre ville, votre quartier se transformait en dédale sombre où tout un chacun pense qu’il risque de se faire trancher la gorge à cause de sa couleur, de ses fringues, de son accent ou de ses croyances. La France d’après ?

 

Vincent Peillon brilla par son absence et tout le monde lui tombe dessus aujourd’hui. Sa motivation réelle : Empêcher qu’un autre quadra socialiste en mal de notoriété ne se serve du débat pour danser la Valls avec la droite. Suivez mon regard…

 

Et Marine. Ah Marine. On ne fut pas déçu. Elle osa quelques piques, histoire de faire passer Besson pour un faux-dur en plus de faux-cul. Son rôle de mère-poule agressive à la Morano, elle l’assuma comme on s’y attendait. Le coup de la carte Front National exhibée comme rempart au vote des étrangers aux élections locales, fut un coup qui resta en travers de la gorge du ministre, malgré son allure de type calme et serein.

 

Il faut dire que Besson joue parfaitement le type qui encaisse en restant digne. « Même pas mal, je t’emmerde », devait-il penser.

 

Si vous n’avez pas regardé ce débat, vous vous en remettrez. Car c’était une opération médiatique foireuse pour sauver le brave petit soldat Besson qui figure parmi les types les plus détestés de France y compris dans son camp.

 

Mais que ne ferait-on pas pour gagner du galon ou mériter la bise du président?

 

 

Publié dans presse et médias

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dgidgi 15/01/2010 20:20


Plus que Besson, qui n'est qu'un traitre ordinaire, fou de pouvoir, scalpé par Sarkozy, ce sont les gens comme Arlette Chabaud qui m'inqiètent.
On ne lui reproche rien à Arlette, pourtant c'est elle tient la ligne éditorialiste, c'est elle qui décide du scénario de la soirée, car tout cela est bien scripté.
Elle est venue pour réhabiliter Besson qui n'est perçu que comme le traitre minable qu'il est, en agitant le fron national comme menace (alors que Besson pille ses idées au front national) et
n'hésite pas à se montrer finalement partisane de cette politique d'exclusion antisociale.
Elle a déjà eu des mots malheureux dans le passé :allusion au langage de la banlieue qui faisait irruption sur les plateaux médiatiques au sujet de la querelle Cohn-Bendit contre Bayrou. Elle n'a
jamais été inquiété pour cela, puisque c'est la politique dure de droite et d'extrême droite que veulent entendre les gens : faire peur avec les habitants de banlieue : en fait dix ou douze
millions de franciliens et une trentaine d'autres millions d'urbains dans les villes de France.
Les gens comme Arlette, vecteurs d'une politique démagogique et uniquement basée sur la peur à instaurer dans le débat public noyautent les médias et ne sont pas suffisamment dénoncés.
Besson, c'est un sous-homme, tout le monde l'a compris depuis longtemps.
Ceux qui l'exploitent sont bien plus sournois.


Milton Dassier 15/01/2010 22:16


Vous montrez beaucoup de lucidité en parlant ainsi. Merci