Enregistrements secrets de Liliane Bettencourt : Même un enfant comprendrait !

Publié le par Milton Dassier

Finalement, à force de lire et relire les extraits des enregistrements des conversations enregistrées au domicile de Liliane Bettencourt, un constat s’impose.

 

La plupart des révélations proviennent des difficultés de compréhension de la milliardaire. Elle n’entend pas bien, alors ses interlocuteurs sont obligés de répéter plusieurs fois en changeant parfois certains mots ce qui constitue une confirmation sans ambiguïté de leur dires. La plupart du temps, ils lui parlent comme à une enfant, lui expliquant ce que, eux, comptent faire et sans jamais lui demander son avis.

Et puis, sa mémoire défaillante oblige son avocat ou son gestionnaire de fortune à sans cesse rappeler le pourquoi et le comment de ce qu’ils proposent. Et ainsi tout devient d’une limpidité extraordinaire.

 

On est bien loin des « allégations fantaisistes visant à déstabiliser un ministre important engagé dans la réforme des retraites » !

 

Un exemple de cette limpidité, le 29 octobre 2009

 

— Patrice de Maistre : «J'ai fait venir le ministre Eric Woerth (à une visite pour le futur auditorium “André Bettencourt”, NDLR)»

— Liliane Bettencourt : «Qui c'est celui-là ?»

— PdM : «Alors, c'est le mari de Mme Woerth que vous employez, qui est l'une de mes collaboratrices, qui n'est pas très grande... Mais lui est très sympathique et c'est notre ministre du budget. Et c'est lui qui a permis à l'Institut de récupérer le bâtiment dans lequel on va faire l'auditorium. Il est très sympathique et en plus c'est lui qui s'occupe de vos impôts donc je trouve que ce n'était pas idiot. C'est le ministre du budget. Il est très sympathique, c'est un ami. »

— LB : «Elle aussi ?»

    PdM : «Moins. Elle se pousse un peu. Elle me fatigue un peu. Elle se trouve un peu femme de ministre. (...) Lui est un type très simple.» (...)

 

Le « Qui c’est celui-là ? » de Liliane Bettencourt est risible car, le 31 janvier 2008, elle a reçu le ministre à dîner chez elle. Ministre dont la femme est employée par Liliane Bettencourt ce que doit lui rappeler son gestionnaire de fortune…

 

Autre exemple, le 23 avril 2010, à propos de Florence Woerth

 

— Patrice de Maistre : «Je me suis trompé quand je l'ai engagée. C'est-à-dire quand en fait avoir la femme d'un ministre comme ça, ça n'est pas un plus, c'est un moins. Voilà. Je me suis trompé. Pourquoi? Parce que comme vous êtes une femme, la femme la plus riche de France. Le fait que vous ayez une femme de ministre, chez nous, tous les journaux, tous les trucs disent, euh, oui tout est mélangé, etc., bon. J'avoue que quand je l'ai fait, son mari était ministre des finances (du budget, NDLR), il m'a demandé de le faire.»

— Liliane Bettencourt : «Ah»

— PdM : «J'l'ai fait pour lui faire plaisir. Mais c'est une femme intelligente, c'est pas une imbécile. Aujourd'hui, ça fait trop de bruit; elle s'est fait nommer chez Hermès sans me demander.»

— LB : «Qu'est-ce qu'elle fait ?»

— PdM : «Elle s'est fait nommer chez Hermès.»

— LB : «Oui, bah oui.»

— PdM : «Sans me demander. C'est pas normal. C'est comme si moi je vous disais demain, tiens, j'ai été nommé chez LVMH. C'est, ce n'est pas sérieux. Bon, alors maintenant...»

— LB : «Vous allez lui dire ?»

— PdM : «Je lui ai déjà dit, je lui ai écris (...) Et donc si vous voulez, aujourd'hui, sans faire de bruit, je pense qu'il faut que j'aille voir son mari et que je lui dise que avec le procès et avec Nestlé, il faut qu'on soit trop manœuvrants et on peut plus avoir sa femme. Et puis on lui, on lui, on lui donnera de l'argent et puis voilà. Parce que c'est trop dangereux.»

 

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