Crise de la dette: Après les USA, la France?

Publié le par Milton Dassier

Tremblez, tremblez braves gens.

 

La nouvelle vient de tomber en pleine torpeur estivale et, elle troublera bien peu l’apéro des français qui ont pu se payer des vacances.

A leur retour fin août, soyons sûrs que l’angoisse et la peur du lendemain effaceront, d’un geste, la sérénité retrouvée après un bon repos.

Les Etats-Unis viennent de voir leur note de confiance des investisseurs passer de AAA à AA+. Rien de bien méchant, me direz-vous. Un peu comme si votre banquier vous faisait la leçon pour vos découverts répétés alors que vous remboursez déjà tout un tas d’emprunts ! Vous vous dites que vous arriverez à le convaincre que votre situation reste saine grâce aux sommes d’argent qui créditent votre compte régulièrement. Le banquier n’a pas ce genre d’illusion, il a bien vu que ces sommes repartent en remboursements de toutes sortes et que vous êtes dans une fuite en avant.

 

Sauf qu’ici, ce genre de phénomène peut en entraîner d’autres en cascade.

On dit même que la France pourrait subir le même sort dés la semaine prochaine !

 

L’économie américaine sert de référence à l’économie mondiale. Si les bons du trésor américains sont dévalués juste de quelques points, c’est la dette de tous les pays débiteurs qui s’en trouve augmentée, mais aussi la votre, par le truchement des taux d’intérêt qui augmenteront à coup sûr et donc le coût de la vie.

La relance économique américaine est bâtie sur la consommation des ménages. Or ceux-ci empruntent à tour de bras, et à taux variables, pour assurer le quotidien et payer leurs factures.

Si les taux montent, leur capacité de remboursement s’effrite et ils risquent de rejoindre les 46 millions d’américains qui utilisent déjà des tickets alimentaires pour se nourrir.

 

Drôle d’Amérique ! Un quart de sa population est pauvre et vit avec moins de 2000 dollars par mois et par famille (4 personnes en moyenne).

Pourtant, le pays concentre chez lui d’immenses réserves de liquidités grâce à l’apport des investisseurs étrangers. Bref, ce pays adore vivre avec l’argent de l’étranger.. Plus pour longtemps !

La crise de 2008 en fut la conséquence et, apparemment, cette année, on est reparti pour un tour. Et  cette fois, les états ne pourront plus venir au secours des banques.

 

Vous vous rendez compte !

En 2008, le système bancaire a manqué faire faillite car il avait revendu les dettes des particuliers américains comme titres sur lesquels on pouvait spéculer. Si les dettes étaient honorées, le titre pouvait se revendre cher puisqu’il faisait de gros et réguliers bénéfices. Mais si les dettes ne l’étaient pas, ces titres perdaient de leur valeur… Ce qui arriva en 2008.

Les banques furent sauvées par les états qui s’endettèrent pour y parvenir…

Les états sont donc si endettés que le système pourrait s’écrouler si leurs dettes n’étaient pas honorées de façon à ne pas en produire de nouvelles à cause des déficits et des intérêts.

 

 

 

Les bénéfices des économies prospères, les profits des grands groupes passent presque toujours par les Etats-Unis et l’occident pour y être placés, investis, prêtés. L’argent tourne et semble couler à flot. Oui, mais si l’emprunteur américain ou européen, qu’il soit une entreprise ou un particulier,  ne peut pas rembourser ce qu’on lui prête…

 

Déjà, certains prévoyaient une chute de la France pour 2012 mais avec la spéculation actuelle, elle pourrait avoir lieu bien plus tôt !

 

Il y a donc bien une tendance qui s’affiche de plus en plus. Aucun écran de fumée, aucun habillage médiatique ne pourra la dissimuler longtemps. Les économies occidentales sont en train de s’affaisser à la façon dont un immeuble solide penche et se fissure progressivement après quelques glissements de terrain. Adossé à d’autres comme lui, son effondrement risque de provoquer leur chute.

 

Même Christophe Barbier de l’Express le dit dans une vidéo et appelle à une "révolution". Le journaliste, plutôt de droite, tire la sonnette d’alarme mais pense que c’est au niveau d’une Europe politique que les choses pourraient s’arranger. Il a sans doute oublié qu’en matière d’Europe, les peuples sont exclus des circuits de décision confisqués par les gouvernements nationaux et une élite technocratique totalement soumise aux dogmes néolibéraux. Il accuse des investisseurs de vouloir affaiblir l’euro dans une sorte de théorie du complot anti-euro.

Barbier oublie carrément que les investisseurs misent sur ce qui leur rapporte. Et dans ce monde, on prête cher à ceux qui sont peu fiables surtout quand ils possèdent de quoi rembourser en hypothéquant toute leur économie, leur patrimoine, la force et la qualité de travail de leurs citoyens. C'est tout simplement une logique de banquiers…

 

Ouvrez ce lien et vous verrez le classement des pays les plus endettés. Pour l'Europe: L'Italie, l'Espagne, Chypre, le Portugal et..La France.

 

Et si ça rapporte beaucoup de prêter cher aux pays endettés, pourquoi bouderaient-ils leurs profits ? Barbier s’est filmé pendant ses vacances sans beaucoup réfléchir. Naïveté quand tu nous tiens !

 

 

 

Malgré tout ce qu’on veut nous faire croire, il n’y aura pas de reprise économique. Le chômage ne baissera pas de façon significative car la croissance ne sera pas au rendez-vous.

Le classement des pays pour leur poids économique ne laisse planer aucun doute. La Chine est la deuxième économie du monde devant le Japon. Le Brésil est la septième (29% de croissance en 2010), la Russie la dixième et l’Inde la douzième.

 

Et l’Europe ?

La France est la cinquième économie du monde juste devant la Grande Bretagne et le Brésil. L’Italie est derrière le Brésil désormais…

 

Plus loin dans le classement, d’autres pays montrent de fortes progressions présentes et à venir. L'Australie(13ème), la Turquie(17ème), l’Afrique du Sud(27ème). Le cas de la Turquie est intéressant: elle a un PIB qui fait plus du double que celui de sa voisine européenne, la Grèce (31ème).

 

Les richesses sont de plus en plus créées en dehors de l’occident. Un occident qui s’appauvrit inexorablement tout en gardant la maîtrise du système financier international. Ainsi, l’occident voit transiter par chez lui les flux financiers ce qui le met dans l’illusion que l’argent coule à flot et qu’il peut en profiter.

 

En dehors de l’Allemagne, de l’Europe du Nord et du Japon, l’occident est dans une très mauvaise passe. La France, tout comme la Grande-Bretagne sont sur la corde raide.

 

Sarkozy va sûrement interrompre ses vacances…

 

Et dire qu’on dit que bien gouverner c’est prévoir !

Publié dans économie

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