Circulez y a rien à voir : Non lieu dans l’affaire Zied et Bouna

Publié le par Milton Dassier

La nouvelle est tombée ce matin. Pour le parquet, pas de responsabilité policière dans la mort des adolescents Zied et Bouna. Jusqu’ici, l’impression qui prévalait était celle d’une passivité coupable des policiers quand, poursuivant les deux adolescents, ils s’étaient aperçus que leurs cibles avaient pénétré à l’intérieur d’un transformateur électrique. Mais après une instruction qui a duré cinq ans, un juge va en décider autrement.

 

Deux jeunes de quine et seize ans revenant d’un terrain vague où ils avaient joué au football, rêvant peut-être d’être un jour des Lilian Thuram ou des Thierry Henry..  Deux jeunes d’origine étrangère ? Des délinquants, forcément ! Et puis franchement, jouer au football sur un terrain vague, c’est se la jouer rom, ces sous hommes !

 

Le ministre de l’intérieur de l’époque le dira un peu plus tard. Pas de présomption d’innocence pour ces deux-là ! Sans doute que pour lui, en tant que droit du citoyen, la présomption d’innocence se mérite aussi !

 

Un peu plus loin, un contrôle de police inopiné a lieu. La peur d’être embarqué au poste ou pris à partie par des agents rendus très nerveux dans une profession où parfois, ils risquent leur vie, et voilà les adolescents qui courent et prennent la fuite. Les policiers y voient comme un aveu alors ils poursuivent les mômes qui se réfugient dans un transformateur EDF.

La suite on la connaît….

 

L’affaire fait grand bruit à l’époque. L’innocence frappée en plein cœur, des gosses morts d’être né là où il ne faut pas, avec la mauvaise couleur de peau.

« Z’avaient qu’à pas fuir ! », disent les policiers et leurs donneurs d’ordre.

« Z’avaient qu’à obéir ! » disent les naïfs qui n’ont jamais connu les joies de la garde à vue pour des peccadilles.

 

Ce qu'on sait aujourd'hui, c'est que les policiers ont cerné le transformateurs sans se soucier une seconde du risque que prenait les enfants, un risque qu'ils payèrent de leur vie. La seule chose qui comptait pour les policiers, c'était de les arrêter quand ils tenteraient de sortir..

 

Pour Sarkozy, ministre candidat, la cause était entendue. Les gosses morts étaient coupables d’un chapardage au moins, sinon plus… La propagande se mit à l’œuvre, les policiers bénéficiaient d’une défense en béton. La vie d’un gamin pèse moins que la parole d’un flic…Les fachos se frottèrent les mains pour cette peine de mort immédiate après charpadage supposé! Le karcher était électrique ce jour-là!

 

Et c’est ainsi, qu’aujourd’hui encore, des gens croient encore dur comme fer que les victimes étaient de dangereux apprentis criminels.

 

« Bandit ! Voleur ! Chenapan ! » Ecrivait Prévert dans son poème « La chasse à l’enfant ».

 

On ne saurait mieux dire.

Chasse aux enfants, chasse aux sans papier, chasse aux immigrés, chasse aux roms…

Un basané, c’est forcément un immigré. Un immigré c’est forcément un sans papier. Un gitan, c’est forcément un fraudeur, un roumain, c’est forcément un rom…

Ainsi, l’on comprend que la « philosophie » de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité, c’est la chasse aux pauvres gens qui ne votent pas.

 

On pensait avec raison que la constitution garantissait la neutralité de l’état vis-à-vis de ses citoyens. C'est-à-dire, de ne pas opérer la moindre distinction de valeur et de droit en fonction de l’origine, de la religion, de la couleur de la peau, du niveau social.

 

Or, de plus en plus, la tentation est de laisser entendre, qu’il existe des citoyens nuisibles et des citoyens utiles méritant leur place. Surtout ne pas le dire explicitement ! Aux premiers, le harcèlement policier et le soupçon, aux seconds les passes droits et les légions d’honneur…

Publié dans justice

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boubou 11/09/2010 11:23


La France de Sarkozy c'est Israel avec les memes methodes.Egalité, Fraternité et mon cul sur la commode.


bobo 10/09/2010 22:56


En France département Israelien , on se croirait dans les territoires occupés Palestiniens.Memes racismes , memes agressions de la part des forces de l'ordres.Bravo Sarko !