Brice Hortefeux : le maillon faible de Sarkozy

Publié le par Milton Dassier

Hier, je vous parlais de Brice Hortefeux et de ses malheurs.

 

Aujourd’hui, l’on apprend que ses ennuis pourraient s’aggraver.

 

Une information judiciaire vient de s’ouvrir sur le contrat d’armement Sawari 2 avec un soupçon de rétrocommissions tout comme dans le contrat Agosta. Sawari 2 était un contrat signé sous le gouvernement Balladur en 1993 qui vendait à l’Arabie Saoudite, trois navires de guerre, des frégates de type La Fayette, le tout pour trois milliards d’euros. Les commissions pour ce contrat étaient de 212 millions d’euros.

 

On y retrouve les deux intermédiaires déjà cités dans le contrat Agosta et un troisième larron : Ali Bin Mussalam, un riche homme d’affaire d’Arabie Saoudite qui a de nombreux intérêts dans le monde et fait partie des piliers de la finance islamique au point que les services de renseignement américains le soupçonnaient d’avoir financé Al Qaïda et d’être impliqué dans l’Irangate et le scandale de la BCII, une banque pakistanaise.

 

Et c’est là que ça devient drôle ! Qui a-t-on envoyé plusieurs fois en Arabie Saoudite pour rencontrer Ali Bin Mussalam ?  Brice Hortefeux. Celui-ci était à l’époque chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, ministre du budget. Brice Hortefeux cité comme étant aussi un excellent ami de Takiedine, l’autre intermédiaire. De là à dire que Brice Hortefeux a joué un rôle central dans ces affaires, il n'y a qu'un pas.

 

Un signe qui ne trompe pas: Brice Hortefeux est cité dans treize articles de Mediapart sur l'affaire Karachi. A ce niveau, une véritable vocation et toujours droit dans ses bottes, dans les pas de son maître. Comme Dark Vador!

 

Il faut dire que Brice Hortefeux a toujours suivi Nicolas Sarkozy comme l'ombre de son ombre, l'ombre de son chien. Chef de cabinet de 1983 à 1986 quand Sarkozy était maire de Neuilly, puis administrateur territorial de 1986 à 1993, puis chef de cabinet de Sarkozy, ministre du budget. En moins de cinq ans, de la mairie de Neuilly aux richissimes et sulfureux hommes d’affaires libanais et saoudiens, quel parcours !

 

Etant donné l’influence d’Ali Bin Mussalam sur le roi Fahd d’Arabie Saoudite, le gouvernement français était aux petits oignons avec lui. D’où quatre rencontres entre Edouard Balladur et de fréquents aller-retour de Brice Hortefeux en Arabie Saoudite.

 

Peu à peu, Brice Hortefeux est en train de devenir le maillon faible du gouvernement et du système Sarkozy.

 

Rappelez-vous, Chirac avait son fusible : Alain Juppé. Sarkozy a le sien, c’est Brice Hortefeux. La comparaison s’arrête là. Nous sommes bien au-delà du détournement de quelques millions d’euros liés à des marchés truqués en Ile de France ou à la mairie de Paris.

Le scandale Karachi est de nature internationale, dans le marché de l’armement où se côtoient des gens peu recommandables, certains ayant partie liée avec des barbouzes voire des terroristes.

 

 

Publié dans politique

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