Bientôt la sainte inquisition pour les blogs ?

Publié le par Milton Dassier

La proposition de loi du député UMP Jean-Louis Masson n’en finit pas de faire des remous.

L’anonymat pour les blogueurs, une question de salubrité publique selon le député.

Bizarre, bizarre que la question ne se pose pas pour les chanteurs : Johnny Halliday, Eddy Mitchell. Mais on rétorquera que ceux-ci montrent leur visage et qu’on les reconnaît même avec des faux-noms.

Que dire alors des pseudos d’écrivains, de journalistes ? Que dire des nègres littéraires jamais cités et qui écrivent les livres que d’autres présenteront comme les leurs ?

 

Jean-Louis Masson n’a pas compris que le blogueur se prémunit des foudres de la notoriété en masquant son vrai nom. Un blogueur blagueur en quelque sorte qui ne tirera ni avantage, ni privilège de sa notoriété et qui sait qu'en cas de contenu illicite, il est passible de poursuite, ses coordonnées étant connues de son hébergeur. Un blogueur qui ne craindra pas de représaille de son patron s'il émet une simple critique de sa boîte. Un blogueur qui ne sera en aucune façon  un "Jérôme Bourreau-Guggenheim" licencié par TF1 pour avoir exprimé son désaccord avec le projet de loi  HADOPI dans un e-mail à son député.

 

L’internet, espace d’expression publique et populaire est en fait un défouloir collectif, un grand carnaval où tout est permis et malgré tout, encadré. Car dans les carnavals, le masque, le déguisement permettent certaines audaces sauf celles qui nuiraient à autrui. Les moqueries, les quolibets y sont fréquents, la vulgarité tient lieu de style, l’agitation atteint des paroxysmes. Tout ce qu’il faut pour choquer le bourgeois et le puritain qui aimeraient pouvoir limiter leur appréciation à la seule esthétique des costumes et des chars. Le problème est quand on souhaite juger et apprécier un carnaval en spectateur et non en participant.

 

Jean-Louis Masson n’a pas compris le net apparemment comme beaucoup de gens de sa génération et surtout, de son milieu social.

Cela énerve qu’un pas de plus soit franchi vers une expression publique délivrée de ses intermédiaires plus ou moins adoubés, labellisés par une élite qui craint pour elle-même.

Le coup de fil à un rédacteur en chef pour atténuer ou différer un article compromettant, les cadeaux, les privilèges accordés pour s’attirer les bonnes grâces d’une vedette des rédactions, tout cela devient impossible avec les blogs et le net.

 

On conseille donc à Jean-Louis Masson de se dévergonder un peu et de participer à un carnaval déguisé en grand inquisiteur médiéval, comme celui qui s’en prend à une boîte à meuh dans « Les visiteurs 2 ». Il prendra certainement grand plaisir à accuser tel ou tel d’être trop dévergondé, déluré et immoral sous couvert d’anonymat. Il comprendra peut-être que la vie publique est un carnaval permanent.

 

 

Publié dans presse et médias

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dgidgi 09/06/2010 16:17


Bonjour Milton,
Entièrement d'accord avec vous, je poste pour autre chose : je suis surpris que dans votre clavier, vous utilisiez le terme "nègre littéraire" pour désigner donc l'écrivain réel d'une oeuvre
littéraire.
Je comprends comme tout le monde qu'on puisse utiliser cette expression et être parfaitement respectueux de l'ensemble de l'humanité, mais je trouve tout de même cette expression indigne et
infamante pour toute l'humanité de couleur noire, et par la même infamante pour l'humanité entière.
C'est peut-être du détail, mais ne pensez-vous pas qu'on devrait faire pression sur l'Académie pour trouver un autre vocable afin de désigner cette fonction?
Les britaniques utilisent ghost writer, écrivain fantôme. Cela pourrait être une source d'inspiration.
Les patissiers qui vendaient des boules de meringue entourées de pépites de chocolat en les apellant têtes de nègre ont du changer de dénomination (boules de chocolat, je crois, peu
d'imagination).
Merci de votre écoute.


Milton Dassier 10/06/2010 21:33



j'ai hésité, je l'avoue pour mettre "ghost writer" mais jeme suis dit certains ne comprendraient le terme. Je suis tout à fait d'accord avec vous. Il faut réclamer la fin du terme nègre
littéraire trop connoté racialement et insultant pour les descendants d'esclaves et les noirs d'une manière générale.



Koulou 08/06/2010 23:11


Une nouvelle série BD sympathique et familiale à découvrir ? ici si vous voulez, bien sûr.

http://lemondedekoulou.over-blog.com/article-19017851.html

ce que d'autres en ont pensé avant vous

http://lemondedekoulou.over-blog.com/pages/Titus_tome_1_Ils_en_ont_parle-489639.html


Bonne journée.