Bachelot chipote sur la santé des français

Publié le par Milton Dassier

Il paraît que Roselyne Bachelot s’étonne de ce qu’un nombre grandissant de français renonce à se soigner à cause du coût des soins. Certaines études le démontrent avec des chiffres qui varient selon la méthode employée.

Elle a donc demandé une étude à ses services pour, pense-t-elle, infirmer cette tendance.

 

Les statistiques, sont, certes utiles, mais ne donne pas forcément une image cde ce qui se vit au quotidien pour certains français. Depuis plus de dix ans, la tendance des politiques de l’assurance-maladie est une maîtrise comptable plus qu’une maîtrise de l’offre et des conditions de soins. La maîtrise comptable joue donc beaucoup sur la demande de soins. Tout cela pour compenser et faire payer aux français les errances de la politique économique génératrice de chômage et d'un manque à gagner pour les recettes de la sécurité sociale.

 

Forfait hospitalier, forfait sur les consultations paramédicales, forfait sur le transport sanitaire, ces petites sommes s’ajoutent les unes aux autres et à la baisse des taux de remboursement garantis par l’assurance-maladie que ce soit sur les médicaments ou les consultations. D’autres limitations ont été effectuées, comme par exemple, la non prise en charge à 100% des soins directement rattachés aux suite d’une intervention chirurgicale. Par exemple, la rééducation prescrite par le chirurgien après une opération pour permettre une bonne réhabilitation n’est plus pris en charge à 100% comme auparavant.

 

Et que dire des soins dentaires et d’optique !

 

La ministre de la santé a voulu faire supporter ces surcoûts par les mutuelles, pensant que les augmentations de cotisation de celles-ci passeraient quasiment inaperçues.

Elle a simplement oublié qu’au niveau des mutuelles, il y a de grandes disparités dans la façon dont les assurés sont pris en charge.

Disparités quant au niveau des prestations prises en charge. Plus vous payez, plus vous êtes remboursé. Pour les soins dentaires et l’optique, les différences peuvent être énormes.

Disparités entre mutuelles pour le tiers-payant ou les délais de remboursement.

 

Ainsi, les grandes mutuelles des fonctionnaires et des services publiques dispensent l’avance des frais : le malade n’a rien à débourser pour les dépenses de pharmacie et beaucoup de consultations médicales, le praticien se faisant payer directement par l’assurance-maladie d’une part, la mutuelle complémentaire d’autre part dans des délais rapides.

 

Par contre, pour les autres mutuelles, l’avance de la partie complémentaire par le malade est  obligatoire sauf si le praticien a signé une convention avec la mutuelle. Problème : beaucoup de praticiens s’y refusent, d’abord par peur d’avoir à signer un nombre pléthorique de conventions et n’ayant pas assez de garanties que le système fonctionnera correctement pour lui garantir d’être payé et, ce, dans des délais assez courts. Les médecins pratiquant les dépassements non remboursés d’honoraires avec avance des frais sont inaccessibles pour beaucoup de patients.

 

Le renoncement peut donc concerner, non pas seulement, ceux qui n’ont pas de mutuelle mais ceux qui doivent avancer ce qui représente de grandes sommes avant un remboursement a posteriori parfois incomplet qui peut prendre jusqu’à cinq semaines.

 

Il arrive que des soins représentent une avance des frais pour le patient qui peut aller jusqu’à plus de 500€ avant les premiers remboursements de la mutuelle, dans le cadre de pathologies sérieuses mais pas lourdes. Par exemple quand il faut faire des radios ou des analyses avant de subir un acte médical technique ou de la chirurgie avec consultations de contrôle voire de la rééducation.

 

Chaque français a au moins une personne dans sa famille qui a eu à ressentir les effets du désengagement de l’assurance-maladie dans les prises en charge de ses soins.

L’un diffère la pose d’un bridge ou d’une couronne, l’autre sent ses douleurs de plus en plus fréquentes à la hanche et se contente d’anti-inflammatoires car il sait que s’il consulte chez un spécialiste, il va se retrouver dans un parcours de soins très coûteux avec avance des frais.

 

Roselyne Bachelot ne sait-elle pas qu’elle est une des ministres les plus impopulaires du gouvernement ?

Publié dans économie

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