Que faisait Balkany en Guinée 11 jours avant les massacres?

Publié le par Milton Dassier

C'est une question qu'on peut légitimement se poser à propos du député-maire de Levallois. Apparemment, il n'était pas question de jumelage entre une ville de Guinée et sa bonne vieille ville de Levallois-Perret.

Onze jours avant le massacre du stade de Conackry où une manifestation avait été réprimée dans le sang, Patrick Balkany, ami de Nicolas Sarkozy, se trouvait sur les lieux. Soit le 18 septembre.

Les raisons de sa visite : motus et bouche cousue.

Mais, le shériff de Levallois s'est laissé aller à des déclarations d'une extrême gravité surtout quand on sait ce qui s'est passé juste 11 kours après!

Florilège des déclarations:

"La délégation ministérielle conduite par le général Sékouba Konaté, envoyé spécial du capitaine président Moussa Dadis Camara peut se frotter les mains. Des contacts ont été pris avec les plus hauts milieux politiques français. "Le ministère des affaires étrangères de France passe à côté de la plaque."

Puis, plus loin :

Les problèmes de l’Afrique ne se posent pas en terme d’élection. Il y a des problèmes plus sérieux que ça.

Et pour finir :

La candidature de Moussa Dadis Camara ne pose pas de problème, c'est un citoyen comme les autres.

On peut se demander pourquoi Patrick Balkany s'est permis une telle déclaration contredisant la position officielle de la France sur des élections en Guinée où elle excluait qu'elles puissent se faire sur la candidature de Moussa Dadis Camara, putschiste, répétant jusqu'ici qu'il restait pour assurer la transition démocratique et se retirerait après les élections.

Est-ce que le jeune chef de la junte a reçu des assurances voire des encouragements de la part de Balkany au point de décider de se représenter et de massacrer ses opposants?

Mais il y a plus...

Cette agitation guinéenne est étrange tout de même quand on sait que le ministre de la défense de Guinée a été reçu à Paris le 18 septembre, soit 11 jours avant les massacres et son adjoint au sénat français... Et par une curieuse coïncidence, le 16 septembre, Moussa Dadis Cama annonçait sa candidature à l'élection. Pourquoi une telle acitivité diplomatique et cette présence au même moment à Conacky de Patrick Balkany, l'ami du président Sarkozy?

Peut-être, Balkany a-t-il évoqué l'exemple d'un de ses amis, un président français voulant pendre un de ses adversaires à un croc de boucher et que cela a été mal compris par le putschiste.

Tout ceci explique bien pourquoi, le chef de la junte ne veut parler qu'avec Sarkozy et surtout pas avec le ministère des affaires étrangères. On apprend aussi que des soupçons de trafic d'armes visant à équiper certaines milices qui projettent une purification ethnique, pèsent sur de gros commerçants proches du régime.

Il semblerait donc que la France ait eu à arbitrer entre plusieurs positions, les unes soutenant la junte comme celle de Balkany, les autres souhaitant l'écarter (au ministère des affaires étrangères). Les massacres de Conackry apparaissent donc comme un diktat à l'opposition guinéenne de se tenir à carreau mais aussi à la France, sur la détermination des putschistes à se maintenir au pouvoir coûte que coûte surtout si de bonnes affaires sont en vue.

Voir sur le site gouvernemental Guinée 24










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