A France-Télécom, pas de sanction pour le PDG récidiviste

Publié le par Milton Dassier


Crimes sociaux en série à France-Télécom : 24 morts. Réaction du gouvernement : pas de castration chimique, de chatiment exemplaire ou de peine de sûreté recommandée pour que les auteurs présumés de ce gachis ne recommencent... Bien au contraire.
Pourtant, on vient de voir aujourd'hui encore, la récupération politique d’un fait divers qui implique un criminel sexuel.
Là, avouons-le, le gouvernement a été très réactif...

A croire qu’on sélectionne minutieusement ses réactions spontanées au gouvernement.


Hortefeux, Lefèbvre et tous les ténors de l’UMP se sont précipités sur l’affaire « Marie-Christine » comme des chiens sur un os.

Et instantanément vient la surenchère à coup de déclarations dans les médias. Hortefeux met en cause le juge d’application des peines qui a laissé sortir le criminel. Pourtant, il avait parfaitement respecté la loi en se basant sur des rapports de l'administration pénitentiaire, ce juge.
Mais, ça fait bien pour récupérer un électorat un peu désorienté par les attitudes de leurs dirigeants. Alors, une fois de plus, on va pondre une loi qui, comme les autres, permettra de faire l’omelette du risque zéro. Jusqu’au prochain meurtre similaire…


Lefèbvre, lui, veut castrer chimiquement tous les criminels sexuels, sauf Polanski bien entendu. On commence par ça et puis, dans quelques années, parce que l’opinion le réclamera,  on punira les tueurs en leur paralysant les membres. Mais chimiquement car ici, en France, on n’est pas barbare!

 

Pendant ce temps, les suicides continuent à France-Télécom. 24 en 18 mois !

Tout ça pour tenir l’objectif de 6000 suppressions de postes, et  de 2000 changements de postes.

 

Et, on prend soin de ne pas révéler que la direction de France-Télécom avait prévu que ses plans de mobilité sociale allaient faire des dégâts y compris en terme de santé mentale voire de suicides.

 

Des documents internes de la direction de France-Télécom le démontrent parfaitement.

 

L’un de ces documents reprend un schéma que connaissent bien les psychologues et psychiatres : « Les phases du deuil » de la psychologue américaine Elizabeth Kübler-Ross. Un schéma prévu pour aider les gens qui perdent un être cher mais réinterprété pour mener une politique sociale interne à une entreprise. Ce qui veut dire que les dirigeants de France-Télécom savaient que des salariés allaient passer par certaines phases dont certaines pouvaient les conduire au pire. Voici ces phases telles que définies dans le document :

 

  1. Annonce
  2. Refus de comprendre : incompréhension, rejet total, négation
  3. Résistance : révolte, sabotage
  4. Décompression : tristesse, désespoir, manque de ressort
  5. Résignation : manque d’enthousiasme et de conviction, nostalgie
  6. Intégration : acceptation, pas de nostalgie

 

Il s’agissait de gérer le deuil de la perte de son poste pour le salarié à l’aide d’entretiens de 10 minutes avec le manager qui avait été formé à l'utilisation de techniques d’écoute issues des psychothérapies et de méthodes de développement personnel. Sauf qu’ici, le « manager-thérapeute » n’est pas neutre mais celui par lequel le mal arrive.. On pourrait de la même façon, former le personnel des abattoirs à la psychologie animale...

 

Dans le document de France-Télécom, il est écrit noir sur blanc : « Certains n’arriveront jamais au bout ! »

 

Des médecins du travail, des psychologues avaient alerté la direction sur les risques de suicides. Sans succès. 9 médecins du travail salarié de France-Télécom avaient démissionné de leur poste au début de l’été. L’une d’entre eux, avant la vague de suicides,  avait remis un rapport à la direction de France-Télécom dans lequel elle invoquait "la responsabilité organisationnelle de la souffrance au travail individualisée de l’entreprise".  Ce qui signifie que ces souffrances au travail prenaient leur source dans l'organisation de la mobilité dans l'entreprise, scrupuleusement conçue et décrite dans les fameux documents.

 

On peut donc se poser la question de la valeur de ces 24 morts pour un gouvernement pourtant actionnaire principal de France-Télécom. En effet, à part avoir reçu le PDG de la société pour lui demander de prendre des mesures, le gouvernement ne trouve pas tellement à y redire puisqu'il lui renouvelle sa confiance. Il y a pourtant eu 24 morts qui auraient pu être évitées si on avait écouté certaines personnes…

 

Ce gouvernement en fait des tonnes aujourd’hui pour une femme assassinée par un homme dont les spécialistes disaient qu’il pouvait se réinsérer malgré la carence évidente des moyens assurés, non seulement pour son suivi psychologique et social, mais aussi pour son contrôle judiciaire. Ce que le gouvernement ne reconnaîtra pas, c'est qu’il a tellement négligé le suivi des prisonniers, notamment les plus fragiles et les plus à risque, que ce n’est pas étonnant que les conditions de leur sortie de prison à l’issue de leur peine soient aussi désastreuses et donc source d’un risque de récidive. Bien souvent, on se base sur des avis théoriques prévus par la loi qui prennent en référence les moyens censés être à la disposition de ceux qui doivent les mettre en oeuvre . Mais si les moyens n'existent pas ou ne sont à la hauteur des enjeux...

Avait-on vraiment fait tout ce qui était nécessaire en prison pour que ce prisonnier ne commette pas cet assassinat après sa sortie?

Le nombre croissant de suicides en prison nous indique probablement que ce n'était pas le cas!

Apparemment, il ne reste que le suicide pour montrer ce qui ne va pas aux bons vivants des ministères et des directions d'entreprises...

 

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