Hadopi2 : Un sondage remet les pendules à l’heure

Publié le par Milton Dassier

IPSOS vient de publier un sondage qui tord le cou à beaucoup d’idées reçues et démontrent ainsi parfaitement que la loi Hadopi 2 n’a pas été conçue pour « sauver » la création musicale et cinématographique française. Elle est une première tentative pour contrôler l’internet.

 

C’est devenu coutumier en France désormais. On sait qu’internet pose un problème aux politiciens et aux gens de pouvoir, il faut donc le contrôler. Mais pour ne pas se voir accusé de restreindre les libertés, on invoque une noble cause. Ici, la défense de la propriété  intellectuelle. Les juristes n’ont plus qu’à se creuser les méninges.

 

Il en va donc pour Hadopi 2 comme pour les tests ADN. Rappelez-vous, ceux-ci devaient permettre d’apporter des preuves dans des affaires criminelles. Ensuite, dans une logique préventive, on a décidé que ces tests seraient systématiquement pratiqués aux criminels de sang et aux violeurs à cause du risque de récidive. Et puis, par un tour de passe-passe juridique, cette disposition est applicable à toutes les personnes gardées à vue, même s’il s’agit d’une infraction routière.

 

Là, la petite argumentation qui consiste à dire que les français sont les plus grands téléchargeurs illégaux du monde vient de voler en éclat. Le sondage IPSOS révèle que 15% des internautes français ont eu recours au moins une fois à un téléchargement illégal. Contre 78% en Chine, 68% en Russie, 44% en Espagne, 34% en Italie, 48% en Inde, 18% aux Etats-Unis..

 

Une autre idée reçue souvent avancée par les défenseurs d’Hadopi 2 : Ceux qui téléchargent illégalement sont responsables du déclin des ventes de Cd et de DVD et ne téléchargent jamais légalement.

 

Faux d’après le sondage. Bien au contraire, ceux qui téléchargent illégalement sont ceux qui achètent le plus en ligne ou sur support CD ou DVD. Et cela confirme des études menées au Canada et aux Pays-Bas

On avait donc oublié que pirater de la musique est forcément le fait de personnes qui adorent la musique et s’y connaissent. On a trop rapidement assimilé le pirate à un pique-assiette voire un chapardeur ou pire un kleptomane.

C’est dire le mépris entretenu sur les amateurs de nouvelles technologies et de cyber-culture. Les technologies innovantes en matière de diffusion de la culture ont pris leur essor après que la musique et le cinéma eurent fait l’objet de progrès énormes. Progrès liés à la technologie.

 

La musique, par exemple, est passée des instruments acoustiques à la guitare électrique puis au synthétiseur en une dizaine d’années  (1960 – 70 ) puis l’informatique et la numérisation sont venues apporter de nouvelles dimensions tant dans la qualité des supports (CD) que dans le champ créatif. En fait, ça bouge et ça bouge vite !

 

Tout ça démontre bien, qu’une fois de plus, ceux qui discutent et défendent au parlement Hadopi 2 ne savent pas vraiment de quoi ils parlent. Le vrai but est ailleurs : mettre en place une première instance de contrôle du net.

 

Par la suite, d’ici quelques années, on aura une haute autorité aussi pour la presse du net et la diffusion d’images sur le net. Ce sera pour avoir un contrôle sur les vidéos et donc les blogs.

 

Ajoutez-y une petite loi sur les contenus en traquant tout ce qui concerne les atteintes à la vie privée, et une autre sur l’expression d’idées pouvant être interprétées comme potentiellement racistes ou immorales et le tour sera joué.

 

Internet ressemblera à la télé d’aujourd’hui !

Publié dans presse et médias

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