Un israélien a osé l’écrire : Boycottez Israël !

Publié le par Milton Dassier

Lisez le texte ci-dessous. Il a été écrit par un pacifiste israélien, Neve Gordon, universitaire à Neguev. Il appelle au boycotte des produits de son pays car, selon lui, seules les pressions extérieures pourront forcer la main du gouvernement israélien et le conduire à accepter une solution équitable à deux états. Il a rejoint sans ambigüité le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lancé à Bilbao en 2008.

 

Pour avoir publié ce texte, Neve Gordon subit vexations et mises à l’écart.

Sa situation est partagée par un nombre de plus en plus important d’intellectuels israéliens qui ont compris que leur pays menaçait son existence de par sa politique d’apartheid, de militarisations de la société, d’hystérie patriotique sioniste.

Ces atteintes de plus en plus nombreuses à la liberté d’opinion signifient tout simplement que  la démocratie n’est plus l’une des vertus d’Israël.

 

On attend que les intellectuels de gauche bien en cour du Cercle Léon Blum et du Cercle de l’Oratoire dénoncent ces atteintes et la situation d'apartheid des palestiniens.

 

Voici le texte de Neve Gordon :

 

Boycottez Israël

 

Cet été, les journaux israéliens sont pleins d’articles coléreux sur la montée d’un boycott international d’Israël. Des films ont été retirés de festivals israéliens du film, Leonard Cohen est sous un feu mondial contre sa décision de jouer à Tel Aviv, et Oxfam a rompu les liens avec une porte-parole célèbre, une actrice Britannique qui fait aussi l’article pour des cosmétiques produits dans les territoires occupés. Clairement, la campagne pour utiliser les tactiques qui ont aidé à abolir la pratique de l’Apartheid en Afrique du Sud attire beaucoup de gens dans le monde.

Sans surprise, beaucoup d’Israéliens – même des pacifistes – n’y adhèrent pas. Un boycott international ne peut s’empêcher de porter des échos d’antisémitisme. Il pose aussi des questions sur un double standard (pourquoi ne pas boycotter la Chine pour ses violations évidentes des droits de l’homme ?) et sur l’attitude apparemment contradictoire d’approuver un boycott de sa propre nation.

Il n’est effectivement pas facile pour moi, comme citoyen israélien, d’appeler les gouvernements étrangers, les autorités régionales, les mouvements sociaux internationaux, les organisations croyantes, les syndicats et les citoyens à suspendre la coopération avec Israël. Mais à présent, alors que je regarde mes deux garçons jouer dans la cour, je suis convaincu que c’est le seul moyen de sauver Israël de lui-même.

Je dis ceci parce qu’Israël a atteint un carrefour historique, et les temps de crise appellent des mesures extraordinaires. Je dis ceci en tant que Juif qui a choisi d’élever ses enfants en Israël, qui a été un membre du camp de la paix israélien pendant près de 30 ans et qui est très angoissé sur le futur du pays.

Etat d’Apartheid, c’est la façon la plus juste de décrire Israël aujourd’hui. Pendant plus de 42 ans, Israël a contrôlé le sol de la vallée du Jourdain à la Méditerranée. Dans cette région habitent environ 6 millions de Juifs et près de 5 millions de Palestiniens. De cela, 3,5 millions de Palestiniens et près d’un-demi million de Juifs vivent dans les zones occupées par Israël en 1967, et alors que ces deux groupes vivent dans la même région, ils sont pourtant soumis à deux systèmes légaux totalement différents. Les Palestiniens sont sans Etat et dépourvus des droits humains les plus élémentaires. Contraste aigu, tous les Juifs – qu’ils vivent dans les territoires occupés ou en Israël – sont des citoyens de l’Etat d’Israël.

La question qui me tient éveillé la nuit, comme parent et comme citoyen, est comment assurer que mes deux enfants et les enfants de mes voisins Palestiniens ne grandissent pas dans un régime d’Apartheid.

Il n’y a que deux manières morales d’y parvenir.

La première est la solution par un Etat : offrir la citoyenneté à tous les Palestiniens et établir ainsi une démocratie binationale dans toute la région contrôlée par Israël. Vue la démographie, ceci reviendrait au décès d’Israël comme Etat juif ; pour la plupart des Israéliens, c’est l’anathème.

La deuxième façon de finir notre Apartheid est par la solution par deux Etats, qui implique le retrait d’Israël sur ses frontières d’avant 1967 (avec des échanges de terres 1 pour 1 possibles), la division de Jérusalem, et une reconnaissance du droit palestinien au retour à la condition que seul un nombre limité des 4,5 millions de réfugiés Palestiniens seraient admis en Israël, alors que le reste pourrait revenir dans le nouvel Etat palestinien.

Géographiquement, la solution par un Etat semble bien plus faisable parce que les Juifs et les Palestiniens sont déjà complètement emmêlés ; en vérité, « sur le terrain », la solution par un Etat (sous sa version d’Apartheid) est une réalité.

Idéologiquement, la solution par deux Etats est plus réaliste parce que moins de 1% des Juifs, et une minorité des Palestiniens, soutiennent le binationalisme.

Actuellement, malgré les difficultés concrètes, il est plus sensé de toucher aux réalités géographiques aux réalités idéologiques. Si dans le futur les deux peuples décident de partager un Etat, ils peuvent le faire, mais actuellement ce n’est pas une chose qu’ils veulent.

Alors, si la solution par deux Etats est le moyen de stopper l’Etat d’Apartheid, comment peut-on y parvenir ?

Je suis convaincu que les pressions extérieures sont la seule réponse. Au cours des trois dernières décennies, le nombre des colons Juifs des territoires occupés a terriblement augmenté. Le mythe du Jérusalem unifié a conduit à la création d’une ville d’Apartheid où les Palestiniens ne sont pas citoyens et manquent des services de base. Le camp de la paix israélien s’est réduit progressivement si bien qu’à présent il est presque inexistant, et la politique israélienne va de plus en plus vers l’extrême droite.

Pour moi, il est clair par conséquent que le seul moyen de contrer la tendance vers l’Apartheid est par une pression internationale massive. Les mots et les condamnations de l’administration Obama et de l’Union Européenne n’ont donné aucun résultat, pas même un gel de la colonisation, sans parler d’une décision de se retirer des territoires occupés.

Par conséquent j‘ai décidé de soutenir le mouvement Boycott, Désinvestissements Sanctions lancé par des militants Palestiniens en juillet 2005, et qui a rassemblé depuis un large soutien autour du monde. L’objectif est de garantir qu’Israël respecte ses obligations sous la loi internationale et que les Palestiniens reçoivent le droit à l’auto-détermination.

A Bilbao (Espagne) en 2008, une coalition d’organisations du monde entier a formulé la Campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions en 10 points
destinée à faire pression sur Israël d’une façon « graduelle et à long terme, adaptée au contexte et aux moyens ». Par exemple, l’effort commence par les sanctions sur, et le désinvestissement, des firmes israéliennes qui opèrent dans les territoires occupés, suivies par des actions contre ceux qui aident à maintenir et à renforcer visiblement l’occupation. Sur des voies parallèles, les artistes venant en Israël pour attirer l’attention sur l’occupation sont bienvenus, ceux qui ne veulent que se montrer ne le sont pas.

Rien d’autre n’a marché. Mettre une pression internationale massive sur Israël, c’est le seul moyen de garantir que la prochaine génération d’Israéliens et de Palestiniens – mes deux fils parmi eux – ne grandissent pas dans un régime d’Apartheid.


Neve Gordon a publié « Israel's Occupation” et enseigne la politique à l’Université Ben Gourion du Neguev (Naqab) à Beersheba (Bir As-Sab), Israël.
Un Israélien arrive à la conclusion douloureuse que c’est le seul moyen de sauver son pays.
Par Neve Gordon
Editorial d’opinion- Los Angeles Times
20 août 2009

 

 

Publié dans anticolonialisme

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Commenter cet article

pach 02/09/2009 09:04

Le boycott ne sufft pas,il faut isoler israrél,le mette sous embargo,rappeler tous les ambassadeures etrangers qui sont en israel,et foute dehort les ambassadeurs israélien en poste dans chaque pays qui condamne la politique criminelle juifiste israélienne.Et la,cette état criminel reviendra a la raison vous pouvez me croire.

Milton Dassier 02/09/2009 17:49


Le boycot préfigure un mouvement plus large de mise à l'index de ceux qui font des affaires avec Israël  et encouragent sa politique. Le jour où l'opinion publique estimera qu'Israël à un
régime infréquentable, les choses changeront. Comme en Afrique du Sud. Sarkozy sera-t-il à Israël ce que Thatcher avait été à l'Afrique du Sud?


A2N 01/09/2009 14:47

Bonjour, Milton

La vérité arrive, elle prend son temps, mais triomphera bientôt. Comment peut-on encore soutenir ce pays qui ressemble tellement à l'Afrique du Sud pendant l'apartheïd ? Deux poids, deux mesures.

A2N

Milton Dassier 01/09/2009 23:03


Parce que l'occident est arquebouté à une suprématie qui a plusieurs siècles d'ancienneté et qui se base sur la conviction qu'il est meilleur que les autres. Meilleur au sens de plus fort,
plus intelligent mais aussi meilleur au sens de "bon". Cela donne ce curieux mélange de force et d'aveuglement teinté de motifs humanistes.


sergio 01/09/2009 08:47

franchement vous nous parlez que d israel mdr , le monde arabes musulmans est le pire des tortinaires et sanguinaires , l iran par exp ; ces dirigents ont fait un massacres contre leurs populations , tortures , violes , tuez , et se sont des musulma,s , l etaliban qui tuent massacres et se sont des musulmans , le darfour un genocide et se sont des mauslims , l irak chaques jours des bombes qui exploses sur des marchers femmes enfants meurts se sont des musulmans , le pakistan terrorismes attentats morts se sont des muslims ,, le hamas a fait quoi a sa population tortures mise a morts se sont des musulims , ect ect balayons devant notres portes pour juger les autres l avons nous les yeux .............

Milton Dassier 01/09/2009 22:59


Vous rigolez j'espère. Sur les 710 articles parus ici, 25 concernent Israël.. C'est sûr la naissance d'Israël a totalement déstabilisé le Proche-Orient et vous savez pourquoi? Parce Israël est un
état colonial voulu par les grandes puissances au moment où ceux-ci commençaient à décoloniser. De plus, c'est une opération où les occidentaux, l'ONU ont été dupés par la trop grande
voracité des migrants juifs. Maintenant, je vois que vos arguments frisent le racisme antimusulman. Je pourrais vous faire le même genre de truc avec les chrétiens : la Serbie chrétienne contre les
musulmans de Bosnie puis la Serbie chrétienne contre les musulmans kosovars, puis la Russie chrétienne contre les tchetchènes musulmans, puis les USA chrétiens contre les irakiens musulmans. Ces
chrétiens sont vraiment sanguinaires et affreux. Lavons-nous les yeux ou changeons de lunettes!
Convenez qu'avec des arguments si nuls vous nous entraînez dans une géopolitique de bistrot. Encore un verre?